‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus répandus, depuis le dictionnaire de Moréri, jusqu'a la Biographie Universelle inclusivement. Tome Ier, (A-J), contenant environ 240 articles nouveaux, 50 refaits, et 560 corrigés ou augmentésChapitre 29 sur 314 · VIII. La Vie de Marie de Médicis. Paris, 1774, 3 vol. ÿi · texte numérisé non relu

VIII. La Vie de Marie de Médicis. Paris, 1774, 3 vol. ÿi

Il y a beaucoup de recherches et de franchi.se dans cet estimable ouvrage ; on y désirerait un peu plus de précision. L’auteur s’est montré trop sévère envers Sully.

IX. Histoire de François II, roi de France, suivie d’un discours traduit de l’italien de Michel Suriano, ambass.vdcur. Paris,

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1783 , 2 vol. in-8". Cette histoire , pofir la comj)osition de laquelle l’auteilr a fait de nombreuses recherches, est très-intéressante à lire, par la nature des événemens, par les suites qu’ils eurent et qui auraient fait passer les Français sons une domination étrangère, sans la valeur et la constance de Henri IV.

D’après les connaissances variées doBt madame d’ArcouviMe a fait preuve, on ne sera pas étonné qu’elle ait choisi dans la littérature anglaise des ouvrages deniorale, d’imagination et d’histoire, pour les faire connaître en France. Aussi elle a publié,

X . Avis d’un père à .sa fille , pa r le marquis d’IIallifax , traduit de l’anglais. Londres (Paris), 1756, in-12, réimprimé dans l’étranger en 1757 ;'oiivrage plein de raison, de sagesse et de solidité. La traduction est d’un style doux, aimable , facile, insinuant, trèspropre à porter des vérités morales dans le cœur des jeunes personnes. Cette nouvelle traduction a fait oublier celle du même ouvrage qui avait été publiée à La Haye en 1698, etqueFormey, après l’avoir retouc'.iée, a fait imprimer à Berlin en i752,in-8°, avec le texte en regard.

XL Leçons de chimie propres à perfectiottper la physique, le.

commerce et les arts , par P.

Shaw, traduit de l’angtais. Paris, 175 ), in-4“. Le traducteur, outre un grand nombre de notes, le plus sou vent intéressai! tes, qu’il a ajoutées à sa version , l’a fait précéder d’un discours dans lequel il a tracé les gradations des connaissances que les hommes ont eues successivement des différentes branches de chimie.

XIÎ. Traité d'ostéologie du docteur Monro , traduit de l’angISis.

Paris, i~5g, 2 vol. in-fol. Cette traduction a paru sous le nom de M. Sue , professeur et démoiistrateurd’anatomie, parce qu’elle a été faite sous ses yeux par madame d’Arconville. Cette dame fit faire exprès du papier de la plus grande oeauté, fondre des caractères et graver 3i planches par les plus habiles artistes. Aussi ces planches l’emportèrent sur toutes celles oui avaient paru jusqu’alors. L ostéologie de Monro est encore regardee comme un des meilleurs ouvrages de ce genre.

XIII. Romans traduits de V an~ glais ( de Littleton et de madame Behn). .\msterdam (Paris), 1761, in-i2. On trouve dans ce volume les lettres d’un Persan en Angleterre ; Polidore et Ëinilre; Agnès de Castro. Ce dernier roman est de madame Behn.

XIV. Mélanges de poésie anglaise^ trad. de l’anglais, 1^64, in-ia. Ce vol. renferme F hssai sur la poésie , de Buckingham ; le Temple.de la renommée , de Pope; Henri et Emma, imité de la Belle Brune de Chaucer , par Prior.

X V. ■ ZrfT Bijoutier philosophe. , comédie , trad. de l’anglais de Dodsley. Londres, 1767, in- 12.

XVI. Histoire d' Atnj'ntor et de Thérèse y trad. de l’anglais. .Amsterdam (Paris), 1770, 2 parties, in- 12.

XVII. Méditations sur lestombeau.r , trad. de l’anglais d’Hervev. Paris, 1771 , iu-12.

^VIII. Les Samiens , conte traduit de l’anglais ; le Phénix , apologue aral>e ; Calliste et PhJletor, frag. d’une nouv. grecque, trad.

de l’italien. Paris, 1781 , in-12.

XIX Histoire de saint Kilda , par le révérend père Kennet Macaulay,trad. de l’anglais. Paris, 1782, in-12.

Madame d’Arconville a revu Ta plupart des ouvragis ou traduc— tionsque je viens de citer, particulièrement les n°’ I , II , III , V, VI , X, XIII , XIV , X,V, XVI et XVII .

Ils ontreparuen 17^5, avec quelques autres imprimes pou^la première fois, sous le titre de Mélanges de littérature, de morale, et du physique, 7 vol. in-12, sans noir»

d’auteur; avec un avertissement de M. de Rossel , auteur de V Histoire du patriotisme français. Les morceaux de physique se composent, 1° d’un Discours sur Ja chimie , qui se trouve en tète du n“ XI ; 2° d’un Discours sur la putréfaction , qui sert de préface au n” IV’; 3“ d’un Di^ours sur F ostéologie , placé en tète du \i“ XII; 4“ de plusieurs Mémoires d'anatomie, de médecine et de botanique , traduits des Transactions jihilosophiques de l’année 1720. Le 6' volume est terminé par des poésies diverses. L’éditeur a placé dans le 7® volume quelques pièces de théâtre de sa composition , avec la traduction française du discours latin du P. Porée sur la légèreté française. M. De— sessarts , dans les Siècles . littéraires de la France, attribue à madame d’Arconville le roman intitulé : Dona Gratia d' Atdide. , comtesse de Menezès , histoire ortugaise. La Haye et^ Paris, acombe , 1770, in-12. Mais, comme on ne le trouve point dans les Mélanges , on peut douter que celte dame en ait fait grand cas.

On attribue encore à madame d’Arconville le Discours sur l’amour-propre, qui a été lu au nom

GoogU

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de Frédéric II , à l’académie de Berlin. Il a été imprimé à Berlin en 1770, in-8“, par les soins de M. Thiebault.

Malgré cette multitude d’ouvrages livrés à l’impression, cette dame a laissé en mourant beaucoup de manuscrits.

ARGENS ( K; marijuis d’ ). M, r.haudon n’a pas cite le plus important ouvrage de cet auteur, c’est-à-dire les Mémoires secrets et universels de la républitj^ue des lettres. Berlin, 1765-1788, i4 vol. petit in-8"«C’est une nouvelle édition entièrement refondue des Mémoires secrets de la république des lettres, en 7 vol. petit in-j2.

On remarque la meme omission dans le Dictionnaire de Fel- 1er et daif^ la Biographie universelle.

t ARMELLINI ( Mariavo) , né à Ancône le 10 décembre 1662 , perdit de bonne heure ses parens, et fut conduit à Rome’ pour j faire ses Jiumanités. Il y prit l’habit monastique le 10 mars 1678. Après avoir fait ses cours de philosophie et de théologie , soit au Mont-Cassin , oii il demeura trois ans, soit à Rome, il alla enseigper la philosophie et la théologie à Turin et à Florence. Ayant continué dans cette dernière ville les recherches dont il s’occupait déjà depuis quelques années sur les hommes illustres du couvent du Mont-Cassin , il eut des relations littéraires avec le célèbre Magliabecchi. Se trouvant de retour à Rome en i6f)5, ily pertectionna le grand ouvrage tju’il avait entrepris , ce qui ne 1 empêcha pas ne prêcher des avents et des carêmes dans les villes les plus célèbies de l’Italie

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pendant près de trente ans. En 1722, il fut nommé prieur, et en 1723 abbé de sou ordre. U gouverna pendant plusieurs années le monastère deSaint-Eugène à Sienne, celui de Saint-Pierre à Assise , celui de Saint-Benoît et de Saint-Félicien à Foligno. Ce fut dans ce dernier monastère n’il mourut, Ie4niai 1787, âgé e 75 ans. Armellini jouit d’une certaine réputation en qualité de prédicateur , mais ses sermons sont restés manuscrits. 11 n’a pour ainsi dire publié que sa Bibliothèque des bénédictins du M'ont-Cassin , sotls ce titre : Bi— bliotheca benedictino-casinensis , sive scriptorum casinensis congregationis, alias S. Justin ce Patavince,quiin ed ad hœc usque tempora Jloruerunt , operum ac gestorum nolitiæ. 11 avait donné en 1726 la F'ie de la bienheureuse Marguerite Corradi , religieuse bénédictine. On ne peut se fier à la description de sa Bibliothèque des bénédictins du Mont-Cassin , telle que la donne David Clément dans son second volume. Cet amateur paraît avoir eu sous les veux un des premiers exemplaires donnés par l’auteur. Armellini s’est occupé jusqu’à la fin de ses jours à pcrfectionnercet ouvrage.

L’exemplaire que j’en possède , contient au moins 200 pages de.

plus que celui qui a été entre les mains de David Clément. ^ oici les différeates parties dont se compose mon exemplaire :

1" partie. Assise , 1731. 238p.

2' partie, .\ssise , 1732. 202

Avec une suite de . 4®

Appendix Fuligno,

A reporter 49^

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Report 495p-

Additions FuHgno,

Additions à l’appendix ,

sanx date 20

2' appendix... Fuligno,

Catalogi très. Romœ ,

2* édit. , 1755 2i3

Ce qui forme un total de Qoop.

On trouve dans le 3' catalogue la yie de Marguerite Corradi.

La première édition de ces catalogues avait paru à Assise en 1733. Ils forment trois parties dans l’exemplaire de David Clément , où l’on ne trouvait ni les addition$ aux deux premières parties, ni les additions à l’appendix , ni le second appendix. La description du même ouvraçequi se trouve dans le Dictionnaire de M. Prudliomme , est abrégée avec infidélité de celle de David Clément, et l’on y a laissé la mention vague de deux autres volumes, comme dans l’éditioh de MM. Cliaudon et Delandine, ce qui rend cette description aussi confuse qu’inexacte. Celle qui se trouve dans la Biographie universelle est moins complète que la mienne. Goeizius avait dit trop de bien de l’ouvrage d’Armellini.

David Clément en a dit trop de mal. On y trouve beaucoup d’articles intéressans.

ARMSTPiONG (.Tean), poète et médecin écossais. Nous devons à M. Peyron une imitation en prose de son Economie de V amour. Elle ■se trouve dans le volume intitulé les Jeux dh Calliope , ou Collection de poèmes anglais, italiens, etc. Paris, Ruault, 1776, petit in-8“, imprimé avec soin.

ARNAUD ( L’abbé ), de l’académie des inscriyilions et belleslettres et de l’académie française.

L’abréviatcur de cet article, dans le i*' volume du Supplément au Dictionnaire de Felier, a commis plusieurs inexactitudes: 1” il affirme que le Journal étranger ne parut que quinze , mois , tandis que son existence a été de près de quatre années , puisque la collection forme 45 volumes. 2® On ne peut pas dire que les Variétés littéraires de 1768 aient été reproduites par M. Suard en 5 vol.

in-8", i8o3et 1804, puisque celte nouvelle collection ne renferme pas tous les articles de 1768, et u’elle en contient beaucoup ’autres. 3*"On ne peut pas dire non plus que l’abbe Arnaud ait donné une Description des principales pierres gravées du cabinet du duc d’ Orléans. L’épître dédi— catoire de l’ouvrage porte la sinature des abbés Leblond et de achaux ; mais on sait que le i" vol. a été rédigé par l’abbé Arnaud, et le 2"par M. Coquille, morlen 1802, conservateur de la bibliothèque Mazarine. Unjabréviateur doit toujours avoir présente à la mémoire cette maxime d’Horace : Brevis esse laboro ; obscurus fio.

♦ARNAUD (L’abbé), chanoine de la Sainte-Chapelle de Dunois, présenta en 1777 au roi et à ses ministres un plan d’établissement de deux salles de bains , où le public eût pu, pour 24 sous, prendre des bains cliaudsou froids, et d’un bassin où les jeunes gens eussent pu, en toute sûreté, apprendre à nager promptement et à peu de frais. 11 fut obligé, vu l’opposition de M. .ûmclot, de

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faire imprimer chez ^ét^anger le Mémoire dans le<|nel ces deux plans étaient détaillés. Le magistrat de la librairie vint à bout de confisquer les 2000 exemplaires qui furent adressés à l’auteur.

M. Amelot irrité.de la perse rance de l’ablJ^ Arnaud, avait surpris au roi une lettre-de-cacbet contre lui; mais la protection de M. de Vergennes empêcha d’en fâirensage. La mortde l’abbé Arnaud, l’académicien, fut annoncée quelques années après ; plusieurs personnes crurent qu’il s’a’gissait du chanoine de Châteaudun. Les sieurs I.efebvre , notaire , et Machet, intendant des bâtimens de Monsieur , profitèrent de cette fausse nouvelle pour solliciter le droit d'établir un bateau de bains à 24 sous ; en même temps le sieur Turijuin établit une école de natation. L’abbé Arnaud réclama ses droits , et le roi ordonna à M. de Beteuil de lui faire assurer sur l’établissement des bains une pension de 6 ou 4<>oo fr. L’abbé Arnaud n’obtint que i5oo fr. , en renonçant même au droit qu’il avait de former ses établissemens. Au cdhimencement de la révolution , les sieurs Lefebvre et Machet refusèrent le paiement de cette pension; l’abbé Arnaud se trouvait alors avancé en âge; il fit réimprimer son Mémoire en 1790 , sous ce titre : Etablissement qui intéresse Vutilité publique et la décoration de la capitale, in-8" de XIV et4i pag. (’ette brochure est dédiée aux maires et officiers municipaux de Paris. L’auteur détaille dans son avertissement toutes les persécutions que son zèle pour le bien public lui a fait essuyer.

■*' ARNAIT)TN ( n’ ), neveu du docteur en théologie d’Arnaudin, grand approbateur de liires sur la fin du xvii” siècle. Le neveu cultiva les lettres avec ardeur, mais il mourut à l’âge de 27 ou 3o ans. On lui attribue : I. Lue Réfutation par le raisonnement , du fameux livre de V Action de Dieu sur les créatures. Pa ris , 1 7 1 4 , in-i2. 11. La Traduction du Traité d’Agrippa , de l’excellence des femmes au-dessus des homfnes.

Paris, 1713, in-i2. 111. La Tie de D. Pierre Le Nain, sous -prieur de la Trappe. Paris, 1716, in-i2.

aRNAÜLD ( ). Suivant

M. Ghaudon , le P. Quesnel publia une vie de ce docteur, avec des pièces relatives et des écrits posthumes , parmi lesquels se trouve une réponse aux repro-»

ches qu’on lui avait faits de se servir de termes injurieux contre ses adversaires , sous ce titre :

Dissertation selon la méthode des géomètres , pour la justification de ceux qui , en de certaines rencontres, emploient en écrivant des termes que le monde estime durs. Cette indication est fausse:

la fameuse Dissertation set|puve dans le 3' volume dès lettres du docteur, et dans un petit volume qui n’a rien de commun avec sa vie.

La même méprise se retrouve dans le Dictionnaire de Feller et dans la Biographie uni\^erselle. Il y a aussi une faute de typographie assez grave à corriger dans l’article de MM. Ghaudon et l)elandine; on y lit que les rértexious sur l’éloquence des prédicateurs ont été adressées au card. Dubois; il fallait , à M. Dubois.

La Logique, ou l’Art de peu-

ser, est un ouvrage si important et si généralement estimé , lucine aujourd’hui , qu’on aiiuerail à trouver dans un Dictionnaire historique des renseigniemens précis sur les différentes éditions de cet ouvrage , et sur les traductions latines qui en ont été faites.*

La première édition est de l’année 1662. La seconde parut en 1664 > avec beaucoup d'augmentations. La troisième ( i6t>8) , et la quatrième ( 1674 ) , ressemblent à la seconde. I>a cinquième, publiée en i683, renferme huit chapitres nouveaux., dont deux sont tirés de la Perpétuité 'de la foi , et par conséquent conviennent plus à la théologie qu’à la logique.

C’est cette cinquième édition qui a servi de modèle à toutes celles qui ont été faites depuis, non- , seulement en France, mais dans les pays étrangers; la. dernière édition que je connaisse est celle de Paris, 1807, chez Delalain.

L’édition d’.àinsterdam , chez Abraham Wolfgank, 1675, petit in-i2, passe pour avoir été imprimée par les ËIzeviers. Les amateurs la recherchent ; elle est conforme aux 3*i 3' et 4*.

ILexiste deux, traductions latines de cet excellent ouvrage.

La première parut à Utrecht en 1666. Mlle à été faite pec nu étudiant sur la première édition, et se trouve par conséquent bien incomplète; elle est d'ailleurs fort inexacte. En 1674 , il parut à Londres une autre traduction latine, faite sur la troisième édition française.! Celle-ci ne présente pas encore l’ouvrage dans le dernier état où ses illustres auteurs l’ont laissé, puisqu’il a été fait des additions nombreuses à la / cinquième édition. Néanmoins U

version de Londres fut réimprimée en Hollande en i6p4 ^t ên

1702. L’édition de 1703 présente des fautes graves qui ont été relevées par Jacques Bernard, dans les Nouvelles de la répuülit/ue des lettres du mois de novembre

En 1736, les libraires d’.knisterdam , Wetstein et Smith , donnèrent enfin une édition soignée de la version latine de Londres, ün y trouve six chapitresqui manquaient aux éditions précédentes, et d’ailleurs la versiou entière a été retouchée en un très-grand nombre d’endroits. .

On en a retranché seulement tout ce qui sentait la controverse entre l’Eglise romaine et les protestans. Ce sont des extraits du livre de la Peépécuilé de la foi , ou des éclaircissemens louchant les matières qui y sont traitées.

Il parait que la dernière édition de cette traduction est celle de Strasbourg , 1756, chez Tourneiscii.

♦ ARNALT.D (Le faux). L’histoire du faux Arnauld fut une vrSic comédie, du nombre de celles qu’on a depuis appelées larmoyantes; car s’il y eu eut qui rirent, d’autres pleurèrent

Le jansénisme était fort accrédité à Douai ; mais il se tenait caché , surtout depuis la coudamisation et l’exil du sieur Gilbert, prof, en théol. dans l’uni v. de cotte ville, ce qui arriva en 1687.

docteur de Paris, que le roi avait à Douai, poury professer la tliéo- .logie, forma le dessein d’en démasquer les partisans. Il réussit.

Le moyen qu’il imagina pour les faire expliquer nettement , fut d’écrire à quelqu’un de ce jiarti.

comme ilsc figura qu’aurait pu le faire le célèbre Antoine Arnauld, et signa A. A. ; M. de Ligny, bachelier en théologie, reçut la première lettre du faux Arnauld; croyant qu’elle était du véritable , dwnt il ne connaissait pas l’écriture , il répondit sur-lechainp avec une grande ‘affection de cœur à l’adresse qu’on lui avait donnée, rien ne Jui paraissant plus honorable que d’avoir mérité l’attention d’nn personnage si fameux , que les puissances ecclésiastique et séculière n’avaient pu abattre. Ce premier succès encouragea le faux Arnauld , lequel avança tellement ses affaires que par le moyen du sieur de l.igny , il établit en peu de temps un commerce réglé avec les sieurs Gilbert, Laleu , Rivette, professeurs royaux , et aveclesieurMal-

fioix , chanoine de Douai , tous iés par leurs communs sentimens .

Dans toutes leurs lettres , ces messieurs témoignaient la plus haute vénération pour M. Arnauld , le plus grand zèle pour soutenir la bonne cause, dont il était l’appui.

Ce commerce dura près de deux ans , sans qu’aucun d’eux Soup çonuât la supercherie. Non content de savoir quê ces Messieurs étaient chaudement les partisans de M. Arnauld, l’imposteur voulut quelque chose de plus ; vu la disposition où l’on était à son égard , il ne lui était pas difficile de l’obtenir. Il dressa une sorte de thèse, telle que Port-Royal l’aurait pu concevoir, et la leur envoya avec une lettre, où il leur marquait qu’on avait besoin de leurs ap probation! pour faire triompher • Ja vérité.

Cette thèse fut signée le 2 novembre 1690, par les cinq qu’ou

a nommPs et par quatre antres.

Quand le faux Arnauld crut avoir assez de documens pour convaincre ces messieurs de leurs mauvais sentimens, il termina la pièce, en les faisant imprimer sous le titre de Secrets découverts. Le mystère parvint à la connaissance du roi, qui n’eut rien de plus pressé que d’éloigner ces sujets de l'université.

Lorsque le véritable .Arnauld eut appris toute cette histoire, il en fut hors de lui-même ; il traita l’auteur de tous les noms d’imposteur, de filou , de fourbe, de menteur, de fripon, de faussaire, d’ange de satan , d’organe du démon. Tous ces traits se voyent dans les écrits que sa plume enfanta sur ce sujet, dans sa requête à M. D’Arras, en 1691 , dans, celle à M. l’évêque et prince de Liège, ou dans deux lettres aux jésuites, qu’il faisait les auteurs de cette menée , écrites dans le même sens. Il se trompait dans dans cette imputation ; ou sut depuis que M. Toiirnely en était l’auteur. C’est celui-là même que nous avons vu professeur royal en Sorbonne, et qui se distingua tant dans la faculté en faveur de la constitution Unigenitus. 11 aurait eu siijet de s’applaudir de sa découverte, si la candeur et la bonne-foi n’y avaient pas été blessées. Bien des gens n’y regardant ))as de si près, traitèrent l’action de stratagème ; Louis XIV la prit sur ce pied là. Secrets découverts.

Esprit des nouveaux disciples de saint Augustin. Mémoires chronologiques fwurl’ histoire du xvu* siècle. Hequétes et Lettres de M.

Arnauld.

( Mémoires du Masbaret. )

ti. B. Jedonnecctarticletelque

jp le trouve dans le maTAiscrit de M. du Masbaret : il proine sou impartialité ; car dans beaucoup de circonstances , cet auteur se montre ])eit favorable aux prétendus jansénistes. Au reste, le nom de stratagème (jii’il parait adopter pour désigner l’affaire de Douai, paraîtra trop doux à ceux «piien connaissent tons les détails; on les trouve dans la Vie d'Antoine yfrnaiild , publiée en 1782, et dans la Préface hixtarif/uc et criliefue du 3i' vol. de ses OEuvres complètes. Cette affaire y est limitée de fourberie , et ce nom lui convient véritablement. Ses vrais auteurs paraissent être les jésuites Waudripont et le Tellier. Tournely n’a été que leur prète-noin.

lin eflét, il fut désigné à Louis XIV comme étant le faux Arnauld.

Je proli te de la circonstance pou r reprocher à MM. les auteurs de la Biographie universelle de n’avoir pas placé dans leur collection les écrivains psetidonymes , en renvoyant aux uojns véritables. Cette marche a été suivie par Joeber, dans son Dictionnaire des savons, et depuis par les habiles rédacteurs du Catalogue de la bibliothèque (iasaiiate. Ceux qui possèdent des ouvrages pseudonymes n’ont que ce moyen d’en connaître les véritables 'auteurs. A la vérité, la table alphabétique de mes pseudonymes supplée à cette omission ; mais mon ouvrage n’est pas de nature à être aussi répandu qu’un dictionnaire historique.

■*“ ARNOUL (René), naquit à Poitiers, en i56c). Après ses cours d’humanités et de philosophie, il embrassa l’étude de la jurisprudence, pour satisfaire àu désir de ses pareils , ce qui u’empêcha pas

que, suivant l’inclination secrète qu’il avait pour la poésie, il ne quittât trop .-ouveiit les lois de Thémis pour obéir à la voix des Muscs. Aussi fit-il imprimera Poitiers, dès 1587, un recueil in-4“ de vers sous ce titre : I.’ Enfance de René Arnoul , divisée en trois parties, dont la première contient les amours d’une belle et jeune demoiselle qu’il aimait , et qui se nommait Catherine de la Place.

Voici un sonnet qui fera connaître le talent de ce jeune homme pour la poésie :

J'avais trois fois cinq ans, et trois ans davantage,

Quand j’écrivis ces vers, ti-moins do mon ardeur;

Je cliantais pour flatter mon ingrate douleur,

Et non jiotir espérer honneur de mon •sci-vage.

Comme je le sentais, je plaignais mon dommage ,

\ ériUible poêle à mon propre malheur; IMoii penser incertain me servait de fureur,

Mon tourment de succès, mon espoir de courage.

Pour moi seul j’ai souffert, pour moi seul j’ai chanté ;

Ne pouvant pas iM'auconp, beaucoup je n’ai tenté ;

Sans fard lut mon amour, sans fard furent mes plaintes.

La loi , non le plaisir, me rendit amoureux ;

C’est assez qu’on me laisse , entre tant de contramtes.

Faire ce que je dois , dire ce que je veux.

« Il faut, ce me semble, dit Colletet, ne se pas fort connaître en vers , pour ne pas tomber d’accord qu’il y a de la force et de la justesse même dans (^ux- ci ; de quoi je m’étonne d’autant pliis,« que ce jeune esprit , étant iié dans une province éloignée du coiu—

■JO : . Googk

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merce des beaux esprits de la cour, il semble qu’à moins de cela, il soit impossible d’écrire dans la sévérité de nos règles ; cependant il l’a fait, et peutêtre aussi bien que pas un autre de son siècle. » Ses odes sont inférieures à ses sonnets ; son recueil d’épigrammes contient plusieurs épigrammes françaises , les unes traduites des poètes grecs et latins, anciens et modernes, et les autres de son invention. On ne voit pas que ce jeune homme ait continué à faire des vers. Il est mort à Orléans , en i63<), .âgé de 70 ans, après avoir été, pendant plus de 3o ans, au service de M. le duc d’Orléans , en qualité de son conseilfer et de contrôleur de sa maison. Il n’a laissé qu’une fille , du mariage qu’il contracta, quelques années avant sa mort, avec une belle et jeune demoiselle du Maine , dont il était devenu éperdument amoureux.

( Extrait de V Histoire, mantisf crite des poêles français , par G.

Colletet.) ^

ARPE ( PiERRE-FftÉDÉRrc ) , né le 10 mai 1682, à Kiel, capitale du duché de Molstein, en Danemarck, reçut de son père, consul de la ville, les premières leçons de la religion et de la littérature.

Il fut chargé , assez jeune, de la conduited’uii jeunehomined’une très-bonne famille de Copenhague, ce qui le fit connaître avantageusement des grands et des savans de cette capitale. Quelques années après, il se rendit avec un autre élève à l’académie de Wolfenbuttel , et ensuite dans la Belgique. Ce fut dans ces dernières contrées qu’il ^ lia avec Vitriarius , Noodl, Bayle et Bas-

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nage. Ces grands hommes conçurent de l’estime pour lui , et lui conseillèrent de publier l’apologie de Vanini , dont il s’occupait.^ Nommé professeur de droit à Kiel, en 1717, il quitta cette place en 1722, et se retira à Hambourg, où il vécut sans emploi public, jusqu’à sa mort arrivée dans cette ville en 1748. Il avait atteint sa 66' année.

Ses principaux ouvrages sont :

I. liibliolheca falidica , sire Miisæuin scrijuonnn de di\>ina~ tione, 1711, iii-8".

II. A polonia pn> Jul. Cœsnre Vanino. Cosmopoli ( Roierodami)., 1712, in-S” , réimprimé en 1718. On convient assez généralement aujourd’hui que Vanini

méritait plutôt d’être enfermé comme fou , que d’être condamné à mort comme athée. Néanmoins il y avait du courage à défendre cette victime du fanatisme.

III. 'rhealrum fait, stve Nolilia scriplomm de providentid , fortundetfato. Rotcrvdami , 1712.

in-8".

IV . Diatribe de prodigiosis naturæet artis operitms, talismanes et amuleta diclis cuin recensione scriptonirn hujus argumenti.

Hambttrgi, 1717 , petit in-8”. '

V. Laïeus veritalis vindex , s/Ve de Jure laicorum , prœcipuh Germanorum in promouetido religionis negotio. Kiel, 1717 , m-q”.

Augm. en 1720, in-4”. L’auteur était persuadé qu/; la division des chrétiens, en ecclésiastiques et en’ laïques, était injurieuse aux derniers; il s'est proposé de montrer dans cet ouvrage, que les règles sur lesquelles cette uistinction èst fondée, ne sont autorisées ni par la loi naturelle, ni par la loi de Moïse, ni par l’Evangile, ni par

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l’iis.Tge tle la primitive liglisfe, ni par la jurisprudence.

VI. Ftriæ œstivales, sive scriptortini suorum historia. Ilamburgi , 1726, in -8®. L’auteur fait connaître d’une maniéré fort diffuse , dans ce volume , non-seulement les ouvragesqu’il avait déjà mis au jour , mais aussi ceux qu’il se proposait encore de publier.

VIT. Thémis cimbrica , «Ve de Cirnbivrum et vicinarum gentïum antiquissimis instilulis. Ilamburgi, 1737, m-4*’, ouvrageplein de recherclies utiles.

Une Réponse à la dissertation de la Monnaye, sUr le liere des trois imposteurs. La Haye , 1716, in-12, a été attribuée à Arpe par Leibnitz, dans sa correspondance publiée par Kortholt, et par d’autres bib fi ogra plies. Cette pièce se trouve à la fin de différentes éditions du Traité des trois imposteurs-, mais je ne puis croire que P. F. Arpe en soit l’auteur. Il n'en est fait aucune mention dans les Feriœ cestivales , qui sont bien postérieures à la Réponse. Prosper IVlarcliand , dans son grand article tribus impostoribus, regarde aussi comme une pièce suj>-

fiosée la prétendue Réponse, et il ’attribue au fameux Rousset. Il paraît certain que M. Arpe n’a écrit qu’en latin.

M. Reiiouard, dansie i®' vol. du Catalogue de la bibliothèque d'un amateur ,Vnvii , T819, 4 vol. in-8®, prétend que M. Arpe est l’auteur de l’ouvrage publié en français sous le titre de l'raité des trois imposteurs. Cette conjecture est destitu ée de fondement et meme .de vraisemblance. L’ouvrage qui circule en France depuis 1769 'environ , sous ce dernier titre ,

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