‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus répandus, depuis le dictionnaire de Moréri, jusqu'a la Biographie Universelle inclusivement. Tome Ier, (A-J), contenant environ 240 articles nouveaux, 50 refaits, et 560 corrigés ou augmentésChapitre 303 sur 314 · JOY · texte numérisé non relu

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plusieurs autres ouvrages. La Biographie universelle la laissé dans l’oubli. M. Chaudon s’est mal exprimé sur ses Principes et Usages concernant les dixmes ; ils avaient été imprimés dès 1752, in-12. On les a réimprimés en 1776. Quant à la Coutume.de Meaux, rien ne me prouve, qu’il s’en soit'occupé.

^JOYEUSE (J. B. X. ), confmissaire de la marine. Ayant été destiné au détail des vivres de la marine, à Toulon, pendant les cinq ou six années qui précédèrent sa réforme , en 1762 , il s’était fait un plan de recherches

fiour tâcher de procurerde l’amTioration dans cotte partie. Il eut du succès sur plusieurs articles; sur le bled , pour le garantir des charançons ; sur le biscuit , pour, le préserver des vers qui constamment s’en emparent à ToOlon, tant à terre quesur les vaisseaux ; sur l’eau douce , pour la conserver et l’empêcher de se corrompre ; sur les salaisons , pour en perfectionner la fabrication et en assurer la conservation, La Société d’agriculture de Limoges ayant proposé à traiter, en 1760, l’histoire des charançons avec les moyens d’en préserver le bled , M. Joyeuse se détermina à rédiger un mémoire dont il avait les matériaux tout prêts , et qui remporta le pri.x. Il parut imprimé sous ce titre : Histoire des Charançons avec des moyens pour les détruire et empêcher leurs dégâts dans le bled; par J. B. X. J. A. E. P. D.

L. M. D. 1). D. T. Ces lettres peuvent signifier J. B. X. Joyeuse l’aîné, ancien employé principal de la marine du département de Toulon.

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M. Joyeuse publia Ensuite : appuie , el il leur faisait honneur

Histoire des vers qui s’eiiffendrent par l’inlégrile de ses mœurs , par dans le biscuit qu’on embarque la sévérité de sa vie , dans un sur les vaisseaux, avec les mojrens temps surtout ou plusieurs d’eudc l’en garantir. 1778, in-8”. * tre eux s’étaient un peu oubliés.

On a encore de lui : Exposition II ne faisait qu’un repas pendant de la nouvelle agriculture. 1772, le carême, ne mangeait que des jn-8°. . légumes , sans boire de vin. Mais

autant il était austère dans sa

♦JUBÉ(Jagq.) jCuréd’Asnières, conduite , autant il était ferme et au-dessous de Paris , à une demi- hardi dans la singularité de ses lieue d’Argenteuil. Je suis étonné mœurs et de ses rubriques. C’était que M. l’abbé Goujet, grand zé- un génie vif, entreprenant, pen- • lateur de la gloire du parti, et Sant à sa mode; il avait en un qui, plus que tout autre, s’est mot de quoi faire un vrai chef de appliqué à rétendre, en célébrant parti: il s’érigea en réformateur les louanges de ceux qui lui ont du culte et de la discipline de fait honneur, n’ait pas donné un l’Eglise. Il trouva l’église de sa article à ce célèbre personnage. • paroisse toute remplie d’images ll ne s’est pas illustre par ses ou- et de figures de saints, auxquels vrages , mais il s’est fait un grand le peuple était fort attaché; il nom par la sévérité de sa morale, gémissait sui* le culte que le par la rigidité de ses mœurs et peuple leur rendait, et le traitait

S ar la réforme qu’il voulut inlro- de superstitieux. N’osant brusiiire dans le culte extérieur de quer les choses , il pril^un parti l’Église romaine. Je vais tracer plus modéré : il conçut le dessein ce que j’en sais. de se procurer une nouvelle ^

M. Jubé naquit à Vanves , le église, sous le prétexte que l’an- ’ 27 mai 1674 , d’une famille obs- cienne était trop petite et peu décure. Ses heureuses dispositions ceiitc , et , par sou savoir faire, il et les moyens que la Providence trouva des fonds. Pendant qu’on lui procura, lui firent faire de la bâtissait, le curé instruisait ses grands progrès dans l’élude des paroissiens, el les préparait à la langues et des belles-let'tres : son réfofmatiou qu’il méditait. Son professeur de philosophie , Da- premier soin fut de leur mettre gouraer , connaissant ses grands entre les mains tous les livres de . talens et sa petite fortune, lui l’Ecrilure-Sainte en français. Ses fitsoutenir , à ses dépens , un acte discours étaient pathétiques, sa public , et le fit passer maître ès- vie prêchait , et ses aumônes arts. Dès qu’il eut reçu l’ordre de étaient abondantes; enfin il gaprêtrise, il fut chargé de la cure gna tellement l’affection de son de \ augrigneuse , et en 1701 le troupeau, qu’ils se seraient fait cardinal de Noaillcs lui donna tous égorger pour lui. Dans cette celle d’Asnières. Il parut bientôt disposition des esprits, il lui en un homme extraordinaire; les conta peu pour établir la rigueur anticonstitutionnaires le regar- de l’ancienne discipline ; il metdaient comme un de leurs cory- tait en pénitence publique les phées, et un de leurs plus fermes pécheurs publics. Lue fille, par

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exemple , qui avait manqué à son honneur, était pendant trois mois sous le porche de l’église sans oser y entrer; et avant de J'y admettre, il prenait les avis de ses plus graves paroissiens. La marquise de Paraneyre avait une maison à Asnières ;M. le régent l’aimait , et venait la voir de temps à autre. Ces galanteries publiques enflammèrent le zèle du curé ; il fit dire à la dame qu’elle se gardât de paraître à iMglise; qn’efi vertu des saints canons, il ne pouvait pas célébrer les saints mystères devant les pécheurs publics. I^a marquise regarda ce compliment comme une vapeur de zèle; elle vint à* l’église un jour solennel ; le curé ' l’ayant vue , lui envoya dire à l’oreille de se retirer; elle s’en moqua. Cependant M. Jubé ne sort point de la sacristie ; là dame s’impatiente , et envoie un laquais, pour savoir quand la messe commencera. Dès qu’elle sera sortie, dit le curé, et assurez votre maîtresse que je retournerai plutôt chez moi que de monter à l’autel en sa présence. La marquise sort pleine de rage, monte en carrosse , et va se plaindre au régent de cet alfront. Le prince lui répondit qu’elle ne devait pas s’y exposer, qu’elle devait connaître le personnage , et que s’il lui avait fait à lui-même unepareille menace , il ne s’y serait pas fié. La nouvelle église se trouva fort jolie, mais sans images , sans figures , à peu près comme un temple de réformés, oh la liturgie se célébrait d’une manière conforme au rit anglican. L’autel n’était qu’une simple table de marbre, sans crucifix , sans chandeliers, sansornemens ,

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napes ni tapis; on Me couvrait seulement d’une nape au moment qu’on devait faire la liturgie; alors on allumait deux cierges 'attachés contre la muraille ; le curé était assis à côté de l’autel pendant tout le préambule de la messe ; son diacre chantait l’épître et l’évangile en latin , mais aussitôt se tournant vers le peuple , il les lisait en français et les expliquait en forme d’homélies.

Le curé ne montait àl’àutel qu’à l’offertoire , récitait les secrètes et tout le canon à haute voix , et à la conclusion de toutes les prières, lepeuplerépondaitamen.

Le St.-iSacrement n’était jamais exposé avec pompe sur l’autel; il était conservédansunecoîombe* de vermeil suspendue sur l’autel.

Le jeudi-saint , sur le soir , il lavait les pieds à douze pauvres dans l’église, ensuite il les faisait mettre avec lui à une table préparée à cet effet ; et après avoir béni le pain , il en présentait à tous un morceau, leur disant:

Voici, mes frères , comme le Sauveur institua V eucharistie; ensuite il mettait du vin dans un calice avec la même cérémonie. Toutes ces singularités étaient punissables ; cependant M. le Régent ne voulut jamais sévir contre lui.

Après sa mort, le nouveau ministère songea à l’exiler.

En 1724 , il fut mandé chez le lieutenant de police , à l’occasion de ballots d’imprimerie saisis à Rouen; il aurait été puni, s’il n’eût eu l’adresse de s’évader et de se cacher. L’évêque de Montpellier l’envoya à Rome en 1725, pour aider de ses lumières les théologiens qui devaient se trouver à lin concile projeté. Comme M. Jubé n’y était pas en sûreté ,

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non plus qu’à Naples, où il s’était clans Y Histoire du Diocèse de retiré, il revint en France, et Paris, toni. g, pag. 4^8, que passa de-là en Hollande, sous le le livre liturgique de M. Jubé, nom de Lacoür. Sou zèle pour avait été prête à M. l’évêque de les intérêts de la religion , lui Chartres , et que ce prélat l’a fit faire des voyages en Angle- gardé. *

terre, en Alleniagne et en Po- On trouve des détails sur I& logne ; en 1728, toujours caché singularités de M. Jubé, dans la sous le masque de iMcour , il par- brochure qui a pour titre : Kétit pour la Kussie, en qualité d’au- flexions sur la Nouvelle Liturgie mônier , et de précepteur des en- cT Anières, 1724 * >n-i2 , de 64 pfans de la princesse Dolgorouki , D’après une note communiquée , née Galitziu. Les docteurs de Sor- i’avais attribué celte brochure au bonne qui avaientsigné, en 1717, P* Jacques de la Baune, neveu du le mémoire rédigé par Boursier jésuite du même nom , éditeur et présenté au czar Pierre l*', des OEuvres de Sirmond ; M. P... pour faciliter la réunion de l’É- à&asies Mémoires ecclésiastiques, glise de Russie , à l’Église latine, tom. iv , pag. 207 , nous assure signèrent un autre acte qu’ils qu’il a eu communication d’uu adressèrent à M. Jubé, en le char- exemplaire sur lequel on avait géant de négocier celte affaire écrit que M. Blin , chanoine de avec les évêques de Russie. Le fa- Rouen , était l’auteur de cette meux archevêque de Novogorod brochure. {Mémoires de M. du se trouva malheureusement dans Masbaret , Nécrologe des défendes dispositions toutes contraires, seurs de la vérité ; Mémoires ec-

et fit échouer tous les plans, par clésiastiques de M. P )

le crédit dont il jouissait auprès N. B. M. P..., dans ses‘ Médu czar. Bientôt les Dolgorouki moires ecclésiasliq^ues , tom. 1 , furent disgraciés , et M. Jiibé fut pag. i3o, dit qu’on a cru l’arobligé de prendre la fuite , et de chevêque de Novogorod auteur revenir en France. Il se fixa pen- d’un écrit publié à Jena, en 17 ig, dant quelques années en Hollan- sous le nom de Buddée. de; ensuite il se rendit à Paris <n- Le livre dont il s^agit a pour cogniio^ Se sentant attaqué d’une litre : Ecclesia Romana cum maladie violente et dangereuse , Ruthenied irreconciliabilis, Seu it se fit transporter à l’Hôtel- scriptum aliquot doctorum Sor- Dieu, où il mourut , muni des bonicorum augustissimo Russosacremens de l’Église , le 20 dé- rubi imperatori , ad utriusque ceinbre 1744 > P’’^^ 7^ ecclesiæ unionem ei suadendam ,

ans. exhibitum , modeste expensum ,

On assure que M. Jubé a été et aniinadversionibus illustraéditeur de quelques ouvrages , et tum. Jenæ, 1719, in-12.

<{u’il composa quelques écrits sur Niceron rangecetopvrage parles affaires du temps. Il était élève mi ceux de Jean-François Buddu savant Baillet ,* qu’il servit déus , célèbre professeur de théontilementdans la composition de logie à l’Université de Jéna. C’est ses P~ies des Saints. l’abbé de Saint-Léger qui, dans

L’abbé Le £euf nous apprend, une réponse à un article de la

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Gazette universelle de 1791 , attribue cet ouvrage à l’archevêque de Novogorod , mais en alléguaiit faussement que Buddéus était mort avant 1719» tandis qu U n’est mort qu’en 1729’ ® encore

publié cinq ou six ouvragcsdepiiis cîluide 1719: l’assertion de l’abbé de Saint-Leger, avant d’être reproduite, méritait donc d etre soumise à un judicieux examen.

JÜDDE (le P.), jésuite, mort à Paris , en 1785 , n’a point d’article dans la Biographie universelle. Celui qui se trouve dans Feller est plus détaillé , plus exact et plus curieux que celui de M. Chaudon. Feller n’a pas parlé des Réflexions chrétiennes sur tes grandes vérités de la foi.

Paris, Debure , 1756, in-12. Cet ouvrage anonyme a été tiré des Mémoires du P. Judde , par l’abbé Le Mascrier.

JÜIGNft - BROISSIKIÈRE , OU plutôt BROSSnVIÈRE , lexicographe du xvii' siècle. Son Dictionnaire historique , qui a eu au moins lo éditions, parut pour la première fois en 1627 , et non en 1644 5 comme le disent la Biogr.

univers. etM. Chaudon.

JUIGINÉ (AMOlNE-ÉtÉOfîORE- Léon - Leclerc de), archevêque de Paris. La Biographie univers.

dorme une idée bien imparfaite des réclamations auxquelles donna lieu le Pastoral de Pans publié en I7b6, 3 vol. in-4°. J’ai fait conuaîfre au mot CLÉMENl les brochures plus ou moins importantes publiées contre les principes ultramontains de ce Pastoral , i>ar MM. Maultrot ,

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