‹ Examen critique et complément des dictionnaires historiques les plus répandus, depuis le dictionnaire de Moréri, jusqu'a la Biographie Universelle inclusivement. Tome Ier, (A-J), contenant environ 240 articles nouveaux, 50 refaits, et 560 corrigés ou augmentésChapitre 52 sur 314 · BAL · texte numérisé non relu

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du grand ouvrage intitulé : Biographie britannique. David (dément a relevé leurs méprises; je dois donc le suivre pour relever celles de la Biographie universelle : i“ la première ébauche du fameux ouvrage De Scriptoribus Angliœ, parutAi i5;8, in-4°, sans indication de lieu ; l’édition de i5'9, citée parla Biographie, n’est donc qu’une a* édition ; 2“ il n’y a pas eu deux édilio- s de cet ouvrage à Bâle dans le format in-fol. ; l’une en i557 , et l’autre en iSSg- En examinant avec attention le titre et les dates , on voit que l’ouvrage fut alors divisé en deux parties, dont la première parut en i557, et la seconde en' i55q; 3“ il renferme, dans sa totalité , i4 centuries au lieu de i3; 4“ les Acta romnnorum pontificum parurent d’abord dans la remière partie. L’aisleur les pulia séparément en i558, in-8°; une autre édition a été donnée en i56o sans indication de lieu. Jean- Martin Lydius les fit réimprimer en i6i5, à Leyde, sous le titre De Vilis poniificum romanorum.

C’est donc le même quvrage sous deux titres. Tl en existe une traduction française, Genève, i56i, in-8”; Lyon, i562, in- 12.

BALEN (Mathia-s). On lit dans l’édition deM. Chaudon , publiée en i8o4, qiie cet auteur naquit cn‘1611 , à Dordrecht, en Angleterre.-On lui doit, est-il dit ensuite , une Hi.iloirr de sa patrie , etc., 1677, in-4“- Si l’on eût ajouté que cette histoire était écrite en hollandais, probablement la faute géographique que je fais remarquer, eût sauté aux yeux et eût été effacée. li’abbé de Feller s’exprime avec exactitude

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sur ces deux objets; «t c’est son texte qu’ont suivi les traducteurs italiens de M. Chaudon. La Biographie universelle ne donne point d’article à Mathias Balen.

BANDT’RI ( D. Avsei.me), bénédictin. M. Chaudon dit que sa Bibliôiheca numisniniica , reparut en 1719, à Hambourg, par les soins de.ïean-AIbert Fabricius, avec un R- cueil de dissertations de plusieurs savons !Ur les médaillés. On ne trouve, dans cette réimpression, que des notes de l’éditeur, trois articles additionnels et trois tables. M. Chaudon a pris pour un Recueil de dissertations le dernier paragraphe de l^uvrage de Banduri , intitulé :

Varia vnriarUm de numismati— bus. C’est la notice de quelque® ouvrages qui avaient échappé d’arbord aux recherches de 1 auteur.

La méprise de M. Chaudon se retrouve dans ’a Biographie univer— seÿe ; déjà elle avait été copiée par l’abbé de Feller.

♦ BAR (Jf.av-Louis de), savant baron du pays d’Osnabruck , né vers 1701, et qui est mort le 6 août 1767, dans la 66* année de son âge, è son bien de Barenau , dans le mêmepavs. Il était doyen d’âge dé cathédrale de Münden, et pi%vôt héréditaire du chapitre d’Osnabruck (titre sans doute attaché à sa famille). Il s’était principalement appliqué à la poésie française , et il y surpassa tous les Allemands qui s’en etaienf occupés jusqu’à lui. Ses écrits sont :

L Epîires diverses sur des sujets différens (ouvrage en vers). Londres, 1740, in-12, 2 vol.; Amsterdam, 1761 , 3 vol. in-8‘; traduites en allemand , mais avec

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des fautes nombreuses. Berlin, iii-12.

II. Consolntions dans V infortune, poëme en 7 cli.'inls. Hambourg et I.eipsicli, 175^, in-8“.

III. Babioles liitcraiies-et critiques, en prose et eu vers. Hambourg, 1761-1764, 5 vol. in-b”.

IV. L’ J4nii- Hrgesias , dialogue en vers sur le suicide. Hambourg, 1 762 , in-8“.

La charge de land-drost, ou prévôt héréditaire de l|evêché d’Osnabruck , mentionnée dans cet article , l époud à celle de néchal , selon le corps du droit public de Struve , et donnait le droit de présider la noblesse dans les états du pays, l'iischlng, dans sa Géogrdpnie imprimée à Hambourg, on 177», nomme deux fois comte de Bar, celui qu’Adelung, qui écrivait aussi à Hambourg, nomme baron dans son supprémeat au Dictionnaire de Joecher.

BARATTER (.ÎF.A.v-PniLipPE).

La Biographie universelle, dit nuecet auteur traduisit, en latin, l'itinéraire de Penjamin de Tudèle ; il faut lire: Traduisit de l’hébreu en français l’itinéraire de B. de Tudèle.

BARATTIElRT(CnART.F.s), cadet de l’illustre famille des comtes de ce nom, naquit à Plaisance, vers l’année et y mourut, vers

1806. Il ne dut à sa famille que l’avantage de recevoir une éducation solide et hriljan te; le comte Charles ne se distingua point dans scs éludes , mais il eut dans sa jeunesse ut^ talent bien rare, celui d’approfondir tout ce qu’on lui enseigna; il possédait les langues grecque, latine, allemande, fran-

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çaise et anglaise : il n’a écrit que dans la sienne. Il avait étudié avec le même succès les mathématiques et le de.ssin. Né avec un cœur hrôlant et sensib'e, il supporta assez impatiemment le sort rigoureux qui le condamnait, comme cadet de famille, .i ne jamais prétendre aux doux noms d’i'poux et de pi're. Pour dissiper le chagrin (|ci le minait intérieurement, il visita l’.AHemagise , la Prusse, la France et l’Angleterre.

C’est dans cette dernière contrée que son génie se développa ; c’est à la vue du tomheau de Newton qu’il sentit qu'il était né pour les sciences physiques. Il donna plusieurs «lissertations très-savantes sur différens sujets ; mais il abandonna, sans réflexion, le système du philosojvlie anglais. H se crut bientôt autorisé à adopter l’opinion de Dufay et de plusieurs autres anii-newtouiens, (|iii réduisirent lescouleurs Solaires à trois.

Il dévelopjva ses opinions dans une dissertation imprimée à Plaisance, sous ce titre: Conghietlura snlla superfliiila del'a materia coi 'rata o de colori nella lace , e.

del suppnsto intrinseco .itio splendore. Il s’eflbree d’v démontrer, avec autant de précision (|ue de talent, qu’on ne peut admettre des couleurs et une splendeur inhérentes à la lumière; il exp'ique comment elle doit agir sur l’organe de la vue, et passe enfin à prouver qu'e toutes les couleurs sont plus on moins composées.

L’auteur soutint savamment ses idées par plusieurs mémoires, imprimes séparément, ou insères dans les opusculi scelli di Milano.

( Voy. V Eloge du comte Parattier; , en tête du 7’raiu‘ de physique , mis à la portée de tout le

Di - . - ■■jc:igle

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monde, d’aprè» le système de Newton , par A. P. Justin Duburgua. Paris, chez AHut, i8oG, iu-8".

BARCLAY ( Guiti^AUME ). Cet article et celui fie J. Barclay, dans la Biographie universelle , ont été rédigés d’après ceux du P. Niceron ; mais le rédacteur a commis plusieurs erreurs , parce qu’il s’est écarté de son modèle.

11 s’est aussi trompé avec le P. Niceron, eu faisant mourir G. Barclay à la fin de l’année i6o5. Je possède son exemplaire du traité de la Constance de Juste-Lipse, sur lequel quarante-huit de ses contemporains lui ont donné des marques d’une amitié plus ou moins vive ; trois de ces téimvignages, celui d’fsaàc Casanbon entre autres, sont datés de 1606, au mois de juillet. Il est donc probable que G. Barclay, ainsi que Je prétendent lilusieurs auteurs., a rempli l’engagement de cinq ans qu’il avait contracté avec l’université d’Angers. Mon exemplaire du traité de poiestate pap(P, porte le nom de ville /’on/à-Mousson , et la date de 1609.

Il paraît que c’est l’édition originale de Londres; car Bellarniin assure que le nom de Pont-à- Mousson est supposé. Le P. Niceron indique avec raison deux traductions françaises de cet ouvrage; la Biographie A réuni ces deux traductions en nne.setile, en donnant à la première le titre de la seconde; celle-ci est un petit volume in-i?. , et non un volume in-8".

BARCLA\ (.Tean). a Biographie universelle , dit que les j4letophili lacrymœ fonueat la qua-

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trième partie de V Euphorrttion , édition de Rouen, 1628, et que la cinquième partie est de Morisot de Dijon ; Niceron me semble avoir insinué avec plus de justesse que les Aletophili lacrymœ sont ordinairement la cinquième partie, et que Morisotenestl’auleur; la quatrième partie se compose de l’/fo/i animorinn , ouyrage de Barclay lui-même. Il était bon ensuite de faire observer que la traduction de V Euphormion par l’abbé de Maupertuy , était une traduction très-libre; il fallait dire aussi que la traduction de YArgenis par M. Savîii, n’était qu’un abrégé. Peut-être enfin n’était-il pas inutile de rappeler l’ancienne traduction de iÂ)23, in-S", qui n’est pas de Du Ryer, comme le dit le P. le Long, mais de P. Marcassus. Elle a été réimprimée en 1633, sous les initiales M. G., qui signifient Marcassus , Giraontois ou natif de Gimont ( Gers ). Deux autres ouvrages de J. Barclay, que la Biographie universelle ne cite pas, ont été aussi traduits en français ; savoir: 1’/con animorum, en 1625, sous le titrede Tableau des esprits, 1 vol.

in-8“ ; et la Parœnesis ad Scclarios, en i634, '"“4“» ^ »

par Jean Walteri de Castro, chanoine de Visé. M. Chaudou n’avait pas non plus cité ces deux traductions.

BARDE ( .Teax np. la ). Son traité théologique est intitulé : Oe Eucharistiii. $oloduri ( Soleu rre ), ifi<’)2, in-8“, sans nom d’auteur , réimprimé en iti(>3 , avec le nom de l’auteur et des au'gm^ntations.

BARLAAM ( S. ). .Te ne vois p.as trop pourquoi la Biographie uni-

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verseîle a dédaigné de placer ce saint au rang des hommes célëtres. L’abbé de Feller lui a consacré un article plus détaillé et

I)lus intéressant que celui de ’abbé Chaudon.

♦ BARLETTI DE SAINT-PAUL ( François- Paul ), issu d’une fa- ^ mille napolitaine, nacj^uit à Paris, le 8 lévrier A ers la fin de 1787, l’abbé Annibal Antonini, son oncle , attira chez lui l’abbé Plucbe, qui n’était pas ' encore connu par son Spectacle de la nature, et lui confia le soin de cet enfant qui donnait de grandes espérances. A quatre ans ■ et demi , il savait lire et écrire couramment le latin, l’italien et le grec. Peu de temps après , il composa à son usage de petits élémens de grammaire française et de grammaire grecque. L’abbé Plucbe enseignait en même temps à son élève l’histoire naturelle , les mathématiques, la physique, l’histoire sacrée et la géographie ancienne et moderne. Ayant obtenu une petite cure , il fut rera- • placé par M. Dumarsai.s. Celui-ci fit pour le jeune Barletti la traduction-interlinéaire de Vjlppendix de Diis du P. Jouvency. L’intéressant élève nerestaquequinze mois dan^ les mains de cet habile instituteur, et passa dans celles du P. Vinot de l’Oratoire, homme d’un rare^ mérite. Mécontent néanmoins de la manière dont ce nouveau maître lui niontrait la mythologie, le jeune homme se fraya une route différente dans un manuscrit qui mérita les éloges de Voltaire. Un autre oralorien acheva son éducation , qui fut terminée à seize ans.

M. Barletti ayant remarqué que

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ses illustres maîtres s’étaient contrariés dans leurs systèmes d’éducation , se crut destiné à amener une grande révolution dans l’enseignement , en rédigeant pour les instituteurs et pour les disciples une cpllection de nouveaux traités des sciences et des arts , et en y joignant de nouveaux cours de ces langues mortes et vulgaires , qu’il croyait avoir mal apprises. C’était tenter pour la jeunesse ce que Diderot et D’Aleinbert exécutèrent pour l’àge mûr.

En moins de six ans, il prépara dix-huit volumes prêts à être livrés à l’impression , et la plupart »

garantis par des expériences faites sur de pauvres entans de son voisinage.

En 1756, leducdela Vauguyon nomma M. Barletti sous-instituteur des Enfans de France. Pour justifier ce choix, le jeune protégé publia son- Essai sur une introduction générale et raisonnée à l’étude des langues , et particulièrement des langues française et italienne -, i vol. io-12 , dont le vertueux Dauphin , père des trois augustes élèves , voulut bien agréer la dédicace. En tête de cet ouvrage se trouve une estampe gravé% par le célèbre comte de Caylus.

De généreux protecteurs résolurent de former itne société assez nombreuse pour faire un fonds de 100,000 écus, dépense à laquelle pouvait s’élever l’exécution typographique du grand ouvrage de M. Barletti.

Les' sommes que l’on voulait rassembler étaient déjà trouvées et assurées ; la délicatesse de M.* Barletti le porta' à demander , qu’avant tout, deux libraires fussent îppelés pour qu’ils cxauii-

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nassent sans partialité s’il était bien vrai ^ue le produit de l’ouvrage excéderait le total des frais

Îu’en aurait coAtés l’exécution.

’offre fut acceptée, et le clioix tomba sur MM. (îuérin et Delatonr, déjà connus par la belle édition des Olùivres de Cicéron, revues par l’abbé d’OIivet, et cpii mirent ensuite le. sceau à leur réputation par la p<iblicatiou d’un Tacite, enrichi de notes et de dissertations par l’abbé Frollier.

Leur décision lut si favorable à M. Barletli , que l’un d’eux se présenta chez lui pour le faire • jouir de suite des avantages que les capitalistes ne devaient lui procuter qu’après la vente d’un tiers de son ouvrage. 11 lui demanda en conséquence Ja cession de ses 2.^ premiers volumes , *cn lui offrant 3o,ooo fr. payables au moment de la signature d’un acte par lequel lui et sou associé s’engageraient à lui compter , dans l’espace dfe deux années, pareille somme de 3o,ooo fr. , à raison de i;ï5o ty. par mois. Les volumes suivans devaient être portes au prix de 25oo fr. , dont i5oo fr. payés comptant, et le surplus six mois après.

Lbloui par des propc^itions aussi inattendues , aussi brillantes , M. Barletti demanda à M. Delatour q’uatre jours pour réfléchir et pour se décider; il se rendit chez les libraires le jour convenu , et dit à M. Guérin qu’il trouva seul : « J’accèpte avec » p’aisir et même avec reconnais- » sauce les offres que vous avez » eu la bonté de me faire, mais » en vous priant de solliciter nn •» privilège de i5 ou 20 années, » et de me rendre au bout de ce » terme la propriété de mofl ou-

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« vrage. » M. Guérÿi ne lui laissa pas le temps d’achever. « Vous «avez, lui dit- il, pris quatre » jours pour vous décider, et il » ne me faut que quatre minutes >> pour vons répondre. Votre der- •’ nière proposition est inadiuis- » sîble ; quand des libraires en- » treprennent des éditions volu—

» mineuses , ils les regardent » comme des rentes placées sur » les têtes de leurs enfans ; c’est » avec le produit de ces sortes » d’entreprises que nous dotons » nos demoiselles et que nous » achetons des charges à nos fils. >»

Il faut convenir que, dans cette circonstance, les torts furent du côté de l’homme de lettres.

Au mois de décembre 1763 , l’espoir commença à renaître dans le cœur de M. Barletti ; il crut qu’en formant une assemblée nombreuse , composée de ses protecteurs et de leurs amis, il parviendrait à se procurer fa somme suflisante pour imprimer au moins les premiers volumes dtfson Encj-clopëdie. Il demanda donc à M. de Sartine la permission de distribuer une circulaire • imprimée.

La première séance fut-annoncée pour le 17 janvier 1764.

M. Barletti croyait toucher au terme de ses malheurs ; mais un exemplaire de son Prospectus étant tombé entre les mains de plusieurs membres (fe l’université , l’un d’eux, étonné que quelqu’un s9 proposât de former des maîtres, quand cé droit appartenait à l’université exclusivement, fit convoquer une assemblée générale, où il fut décidé que des représentations seraient adressées au parlement. Le premier président Molé envoya chez le lieute-

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nant de police , pour lui eûjoindre des mesures telles que Ja séance n’eüt pas lieu.

Pour cousoler M. Barlelti d’une contrariété aussi étrange , ses protecteurs obtinrent que quatre commissaires seraient nommés pour examiner l’Encyclopédie,

Î[ui devait être le sujet des cohérences interdites. M. de ^Sartine, qui se trouvait à cette époque chargé des affaires de la librairie , oiomma pour commissaires quatre censeurs royaux , dont deux étaient membres de l’académie des inscriptions. Ces messieurs , après avoir observé qu’il était dimcile de concevoir qu’un seul homme pût exécuter ce que M. Barletti semblait promettre, et qu’il fallait être en garde contre une méthode que l’auteur ne cherchait à établir qu’en condamnant tout ce qui avait été pratiqué jusqu’à ce jour parles plus habiles maîtres, ne jugèrent l’ouvrage ni utile à la nation , ni honorable pour le règne du roi, titres sous lesquels l’auteur l’avait annoncé. L’insertion de ce rapport dans le Mercure de France du mois d’octobre ij64, causa une si vive peine .à M. Barletti, que le séjour de la capitale lui devint odieux; il partit pour Bruxelles, et fit imprimer dans cette ville le Secret révélé, brochure dans laquelle il tâchg de réfuter le rapport des commissaires , et dévoila les mesures dirigées contre lui par M.

de Sartine, qui réussit aisément à faire supprimer l’ouvrage et à faire enifermer l’auteur à la Bastille. Au bout de trois mois, celuici dut sa délivrance aux sollicitations pressantes du cardinal de Rohan , et il employa trois années

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à la composition de divers ouvrages qui manquaient à son Encyclopédie.

Au commencement de 1770, M. Barletti alla àMadéid. Nommé bientôt professeur de belles-lettres à Segovie , au collège, militaire des cadets , il donna sa démission de cette place en 1773.

En 1776, il imagina un nouveau système typographique qui offrait le moyen de diminuer de moitié, dans toutes les imprimeries de l’Euritpe , le travail et les frais de composition , de t^rrection et de distribution. Cette découverte et l’ouvrâge où elle est démontrée, valurent à l’auteur une récompense de 20,000 fr. , et 5oo exemplaires imprimés au Louvre. L’ouvrage est intitulé :

Nouveau sjrsthme ij-pographicjue, ou Moyen de diminuer de moitié, dans toutes les imprimeries de l’Europe, le travail et les frais de composition , de correctioh et de distribution, avec l’extrait du rapportdes commissaires nommés par le gouvernement pour constater et en apprécier les avantages. Paris, 1776, in-4“.

Pendant sou séjour à Madrid, M. Barletti avait inventé une machine littéraire' propre à faciliter les études d’un infant, mort peu de mois après,. et à l’éducation duquel il devait être attaché, M.

le comte d’Artois voulut en avoir une pareille, et la Description de ce meuble fut imprimée à ses frais et publiée par son ordre, en 1 777, I vol. in-4“. .

IJn des meilleurs ouvrages de M. Barletti de Saint-Paul , est le volume qu’il publia sous le titre de Moyens ae se préserver des erreurs de l’usage dans l’instruction de la jeunesse , ou Découverte

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de la meilleure manière possible d’enseigner les sciences et les langues aux enfans de l’un et de l’autre sexe, ouvrage eiicydopédi(|ue contenant un corps complet île traités élémentaires, avec les(|uels deux écoliers pourront facilement se don lier des leçons tour àtour. Paris, ou pliifôl Bruxelles, 1780, 111-4° '38 p- On trouve

une analyse très-ilelaillée de ce •volume, dans VExprii des Jout'riflurde 1781. C’est le compte f|ui en a été rendu à la société d’émulation de Liège.

Deux ans .ajires , M. Barletti donna au public une brochure intitulée : f.es Dons de Minerve aux pères de famille cl aux insliiuleurs. Oi> y trouve une lettre écrite à M. de Condorcet , le 6 juillet 1789., au nom du roi, par M. Ainelot , ministre et secrétaire d’Etat , pour charger l’académie des sciences de l’e-sainen de tous les traités élémentaires dont l’auteur s’occupait depuis si long-temps, et qui lui avaient suscité un si grand nombre de persécutions. Le juge^inent de deux commissaires nommés par la compagnie lui fut très-favorable.

En 1784, M. Barletti publia le plan d’une Maison d'éducation nationale , dans lamielle il voulait introduire une administration un peu républicaine, ce qui lit cartonner le vol. imp. à Rennes.

An mois d’octobre 1788, lepu- Ll ic accueillit très-bien Içs Nouveaux principes de prammaire-et d'orihographo^ que M. Barletti fit jiaraîire sous le titre d’Z‘’nçyc/opédie élémentaire , ou Collectiop de nouveaux traités des sciences et des ar(^, etc., tome 1", vol.

in-.4° de i39 p. L’auteur ne mit sur le frontispice que les lettres

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initiales de son nom avec le nom entier de M. Eloi de la Brude , son élève , que la commission révolutionnaire de Lyon condamna à mort en 17^3. La vente de cet ouvrage fut.si rapide, ({ii’au bout de troisinois,M. Barletti se tr^va en état de retourner en Espagne ; mais on lui fit redouter la vengeaflee de M. de Sarline , que les troubles de France avaient forcé de se réfugier dans ce pays.

Six mois après , il se* rendit à Lyon, oii il donna, en 1790 , de Nouveaux principes de 'lecture propres à faciliter l’étude de cet art et celle de la prosodie et des éléinens d’orthogfaphe j i vol.

iii-8”. Ce petit traité fut immédiatement suivi d’une autre brochure intitulée : Adresse aux quatre-^nngl-trois déparlemens.

L’auteur y établissait la nécessité d’un concours qui pAl faciliter le choix des écrivains propres à la rédaction des nouveaux livres élémentaires dont le comité d’instruction publique de la Convention nationale venait de montrer l’importance. L’époque étant arrivée oü l’on s’occupait déjà des lois contre les émigrés , M. Bar— lelli renonça au projet de passer les Alpes, et revint à Pans. On lui procura , dans cette ville , une place de sous-chef dans les bureaux du département.

Au mois de mai 1793, il fut nommé membre du jury d’instruction publique avec MM. Berthollet , Daubenton , Fourcroy , Carat, Ilassenfratr , Lagrange, Monge, \ atidermondc.

■ Au mois d’août. Ses V^ues relatives au but et au moyen de l'instruction du peuple français , considérée sous le seul rapport des livres éléiacataires, ont été im-

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primées par ordre et aux frais du directoire du département de Paris ; c’est une brocli. in-4“ de 22 p.

Au mois de septembre de la, même année , M. Barlelti fut nommé professeur de grammaire générale au collège des Quatre- 5'atious. Ï1 n’était marié (j^ue depuis trois semaines, lorsqu’on apprit au comité de salut public, u’autrefois il avait été détenu ans les pnsons de la Bastille.

Cette découverte devint le motif étrange d’une accusation qui l’auraif conduit à la guillotine, si ^ Robespierre n’eût été exécuté quelques jours après.

En 1797, M. Barletti fut nommé professeur de grammaire générale et.de logique près l’école centrale du departement de Seineet-Marne , à Fontainebleau , et conserva celte place jusqu’à la suppression des écoles centrales.

Pendant le temps qu’il en exerça les fonctions , u ne perdit point '(de vue cette Encyclopédie élémentaire, pour l’impression de laquelle il avait éprouvé tant de contrariétés ; l’ayant enrichie de nouveaux détails que lui fournissait le concours de la méditation, de l’étude, et d’une pratitjiie longue et réfléchie, il en envoya une partie à l’Institut na-.

tional : cette société nomma une ' commission de trois membres

Sour l’examiner; et, en 1802, I. Sicard fit un rapport très-détaillé sur l’entreprise de M. Bailetti. Cette fois, encore, il n’offratt que la première livraison d’un travail qui devait s.’élevcr à 24 ou 25 pet. vol. in-(<d. Elle embrassait nuit parties dr/Fércutes dont les principales étaient l’écriture, la lecture, la grammaire, l’orthographe. L’habile rappor-

teur donna* des éloges à la sagacité de l’auteur et à son expérience ; mais il se permit aussi quelques observations critiques sur ses moyens d’exécution. Sa conclusion fut que l’ouvrage, en en faisant disparaître quelques inexactitudes et quelques longueurs, pourrait procurer de grands avantages aux pères de famille, et que l’auteur méritait les encouragemens que l’institut donne à ceux qui travaillent à la ' propagation des lumières : le rapport fait à l’àcadémie des sciences , en 1782, avait été bien plus honorable pour l’auteur. Mais il est bon d’observer que le rédacteur de l’Institut fut obligé de retrancher,. changer et tronquer plusieurs passages de son rapport pour que la compagnie l’approuvât et en adoptât les conclusions.

Tous ces morceaux ont été rétablis dans l’édition particulière de ce rapport, que M. Barlelti fit «•rapriiner à Meaux en 1802. On y trouve des notes supplémentaires et des observations qui ont dû offrir à l’auteur tous les dédommagemens que son amour-propre pouvait désirer : le tout forme une brochure de 3i p. in-4“- M. Barletti vint habiter de nouveau la capitale vers 1808, et il y termina, le i3 octobre i8oq, une vie agitée par toutes sortes de vicissitudes ; il mourut sans avoir pu exécuter le vaste plan qu’il avait conçu , dès sa jeunesse,

Iiour améliorer l’enseignement de a première enfance. Les faits que j’ai rapportés donnent certainement une idée avantageuse de son esprit et de ses vues ; juais j’oserai dire que, si M. Bartelii eût accepté, vers 1780, les offres de MM. Guérin et Dclatour , scs

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plans eussent reçu urte pleine et entièreexécution; un tra\ail aussi utile lui eût procuré des places dignes de ses talens , et il eAt coulé d’heureux jours ah sein d’une honorable aisance. Des préteii lions trop élevées et peu réfléchies ne l’ont-ellespas exposé à toutesorte "de désagreiiiens et de malheurs?

D’un autre coté, l’injuste dédain avec lequel il parla trop souvent des hommes estimables qui parcouraient la même carrière que lui, n’a-t-il pas dû nuire au succès de ses entreprises?

M. Barletti est mort sans enfans; il avait été membre des académies de Châlons-sur-Marne et d’Angers; des sociétés d’émulation de Liège, et patriotique de Bretagne; de la société d’agriculture, sciences et arts, séante à Meaux. Sa veuve se livre avec succès à l’éducation des demoiselles.

B.ARNES (Robert), chapelain^ du roi d’Angleterre, Henri VIII..

C’est à tort que la Biographie universelle avance que ses Vitœ rnmanorum pontijîcum. , ont étéimprin\écs en allemand, àLeyde, en i6i5. avec les f^ies despçpes, de J. Baie ou Ealeus. 11 existe , à la vérité, nue traduction allemande de l’ouvrage de R. Barnes ; mais elle parut en i566, in-8“, sans nom de lieu. Quant à la prétendue édit, de Le^de, en ioi5, ce n’est que la réimpression de l’ouvrage latin de J. Baleus, avec une coutinuatioi» par l’éditeur Lydius. David Clément affirme quç cet éditeur s’est contenté d’annoncer sur le frontispice la réimpression de l’ouvrage de R. Barnes , lequel en effet ne se trouve pas dam cette édition.

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BARONIUS (Le cardinall. L*éditioii de ses Annales Ecclesias— lici , avec la continuation de Rayualdi, les criti(|ues de Pagi, et les notes de Maiisi, imprim. à Luc— qiies, de 1787 à 1767, ne forme que 38 vol. , y compris Yapparaiiis et Vindex. C’est à tort que la Biographie universelle la porte âi 43 vol. Voy. le mot Chaulher.

BARRE (pRANÇois-PouLLm De La). C’est lui et non son fils qui est l’auteur de la Doctrine des proiestans sur la libertt‘ et le dfoit de lire l'Ecriture sainte, sur le service divin en langue entend ue , • etc. Genève, 1770, iii-12. Le frontispice de l’ouvrage ne laisse aucun doute à ce sujet , puisqu’il porte les noms du père. On peut le voir dans la Bibliothèque ancienne et modi rne de J. Leclerc , tom. i5. Cet ouvrage de controverse est le .fruit d’une (’tude trèsapprofondie des principes soutenus par les Eglises Catholique et protestantes. Le fils de l’auteur n’avait que 24 ans lorsque ce vol.

parut. M. Seuebier s’est trompé en lui attribuant un ouvragé qui suppose une grande lecture et une grande habitude de discuter des matières épineuses. La Biographie universelle a reproduit l’îis— ‘sertion de M. Senebier.

BARRE (Jean De La), reçu avocat en 1670, était encore sur le tableau des avocats pour les années 1709, 1710 et 1711. C’est lui qui a publié, en 1708, in- 12 , une très-sèche continuation du discours de Bossuet sur l’Histoire universelle. 11 a fait paraître aussi en «70^, une nouvelle traduct.

du livre de Sénèque , de la Brie-* veté de la r/e, i vol. ia-12.

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t BARREBE BEAUMARCHAIS (Antoine De La) , né à Cainbray, frère utérin de l’académie. Louis- François-.loseph de la Barre , fit profession cliez les chanoines réguliers de Saint— Victor , à Paris ;

Quelques galanteries l’obligèrent e se sauver de son couvent , en I73f , pour éviter les poursuites du P. le Boucher, son prieur. Il se retira à La Haye , où Jean Rousset lui fit l’accueil le plus gracieux. Celui-ci ayant été envoyé au congrès de (iambrai , la Barre alla à Hambourg; n’y ayant pas trouvé d’emploi, il revint à La Haye. Roussel lui fit faire des .^otes sur la traduction des Métamorphoses dîPvide, par Duryer.

Vers ce temps-là , la Barre embrassa le calvinisme, se maria, et apprit l’anglais , l’espagnol et l’italien. Les premiers volumes des Lettres sérieuses et badines ayant été dénoncés à la cour de Hollande , notre auteur se retira à Leyde, oh il se fit immatriculer parmi les étudians en médecine,; Par-là, il déclina la juridiction de la courde justice, qui n’avait aucun droit sur les membres de cette ■université. En 1735, se voyant condamné , désapprouvé et abandonné , il vint à Francfort-sur-le- Mein , où il composa V A\'antcoiireur, Cét écrivain mourut vers 1 •

Ses principaux ouvrages sont :

I. Aventures de. D. Antonio de 'Buffalis. La Haye, 1722, in-12.

Roman médiocre.

H. Lettres sérieuses et badines sitr “les ouvrages des savons. La Haye, i72tj-i733, 8 vol. in-12.

Cet ouvrage contient quelques analyses tres-bien faites, quelques morceaux d’histoire littér. trèscurieux, entre autres, une his-

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toire des traductions françaises des ouvrages de Cicéron ; mais ou y trouve d’odieuses personnalités contre Rousset , bienfaiteur de l’auteur.

III. /.e Hollandais , ou Lettres sur la Hollande ancienne et moderne. Francfort, 1738, in-12.

Cet ouvrage intéressant a eu une seconde édition.

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