CHAPITRE HUITIÈME
Du Cartésianisme dans ses rapports avec la foi depuis Jhscs-Curist.
L’Autedr commence ce chapitre par accuser plusieurs Tlréologiens davoir accumulé dans leurs ouvrages des idées fausses sur la Religion avant Jésus-Christ , et d’avoir fourni aux Protestans et aux incrédules des objections qui sont insolubles dans les principes de la Théologie Cartésienne.
Voilà sans doute une accusation bien grave, et la plus grave peut-être qu’on puisse porter contre des Théologiens, à moins qu'on ne les accuse d’avoir enseigné des hérésies formelles. Il semble qu’une accusation de ce genre demandait à être précisée, et ne devait pas planer sur un nombre indéterminé de Théologiens. Oui accuse-t-on , ou qui n’accuse-t-on pas ? Celui qui ajoutera foi à l’assertion de l’Auteur ne devra-t-il pas trembler en ouvrant une Théologie quelconque ? Plusieurs Théologiens , dit-il , ont accumulé des erreurs. Ces Théologiens sont sans doute les Théologiens Cartésiens; car l’ouvrage entier de l’Auteur est destiné à combattre ce qu’il appelle la Théologie Cartésienne. Or si ,
Diil.
' CHAPITRE IIDITliME. i53
SOUS cette dénomination de Cartésiens , il faut comprendre tous les Théologiens qui ignorent ou qui ne suivent pas la théorie de l’Auteur , cette classe est bien nombreuse , et nous avons vu qu’il faut nécessairement y comprendre saint Thomas lui-méme et saint Augustin ; tous sontils enveloppés dans l’accusation ? Mais voyons les preuves de l’Auteur.
« Plusieurs Théologiens , dit-il , même classi- » ques , entraînés pas leurs principes philoso- » phiques , et transportant dans la Théologie » la méthode Cartésienne de l’évidence indivi- » duelle , semblent supposer par la manière » dont ils traitent cette question ( de l’autorité » de l’Église ) que la raison primitive de croire » à l’Église dépend de la discussion des passa- » ges de la Bible qui y sont relatifs , c’est-à-dire, » du jugement que chaque homme porte en » vertu de ses idées claires et distinctes , de son » évidence individuelle, sur le sens de ces divers » passages. Ce vice radical de leurs Traités de » l’Église renverse les bases mêmes de la Tbéo- » logie Catholique. » (/>. i48. )
Ceci est vraiment effrayant. Plusieurs Théologiens , même classiques , ont fait des Traités de l’Église dans lesquels ils renversent la base même de la Théologie C^atholique , ces Traités sont imprimés , apparemment avec la pemiission des Supérieurs ecclésiastiques , ils sont enseignés dans les écoles Catholiques , et l’Eglise
a54 TXAMEK D'inr OCVRACE , ETC.
n’en sait rien ! Car si l’Église le savait , elle ne le permettrait certainement pas. Mais M. G. qui prétend le savoir a-t-il satisfait à sa conscience par une dénonciation si vague ? N’est-il pas tenu , par le motif du bien public , de faire connaître ces Théologiens qui renversent la base de la Théologie Catholique , et de les déférer nommément au tribunal de l’Église ? Quiconque aurait connaissance que dans une école Catholique on enseigne une erreur quelconque contre la Religion , serait obligé d’en faire la dénonciation , sous peine d’encourir les censures. Mais qu’est-ce qu’une erreur contre la Religion en comparaison de ce que l’Auteur a découvert ?
Il connaît plusieurs Théologiens , des Théologiens classiques , c’est-à-dire , apparemment , faisant autorité dans les écoles , qui ont accumulé dans leurs ouvrages des idées fausses ou des erreurs , sur la Religion , et qui renversent les bases mêmes de la Théologie , et il se contente d’une accusation indéterminée , qui ne peut atteindre aucun individu ! Est-ce là s’acquitter du devoir d’un bon et zélé Catholique ?
Je n’ai entrepris la justification d’aucun individu ni d’aucune classe d’individus, et ici je ne saurais meme quels individus je devrais justifier , car je ne connais aucun Théologien Catholique qui semble supposer que la raison primitive de croire l’Église dépend de la discussion de quelques passages de la Bible. Et , pour