‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 101 sur 152 · CHAPITRE nCITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE nCITIÈME

parler avec une entière franchise , je suis persuadé que l’Auteur n’en sait pas plus que moi là-dessus. La raison primitive de croire l’Église est que Dieu veut que nous la croyions ; aucun Catholique ne le niera ; et aucun homme se disant Chrétien ne devrait le nier. Quiconque récite le Symbole des Apôtres dit 'i Je crois la sainte Église Catholique : et la raison primitive de croire cet article est la même qui nous faiÿ croire les onze autres articles du Symbole, savoir , la Révélation. La raison primitive qui nous fait croire de foi divine un dogme quelconque , est la parole de Dieu ; et la raison immédiate qui nous détermine ordinairement à croire que tel dogme est révélé , est l’enseignement de l’Église , que nous croyons établie de Dieu pour être l’interprète de sa parole. Voilà ce que tous les Théologiens Catholiques admettent , et je crois que l’Auteur serait bien embarrassé d’en nommer un seul qui ne l’admette pas. Oui , dirat-il , ils l’admettent , sans quoi ils ne seraient pas Catholiques ; mais plusieurs semblent ne pas l’admettre par la manière dont ils traitent la question. — La manière de traiter la question est assez uniforme chez tous les Théologiens , et si l’Auteur n’est pas étranger à la science de la Théologie , il ne peut pas l’ignorer. Aussi suis-je tenté de croire qu’il ne s’est servi de l’expression plusieurs, que pour ne pas dire trop ouvertement sa pensée entière ; c’est multi , pour signifier ornnes.

a56 EtiMEîT d’cIT ODVRACE , ETC.

On a besoin de prouver l’autorité de l’Église contre deux sortes d’adversaires : les uns ne connaissent pas ou rejettent la Révélation , et par conséquent l’existence même d’une Église divinement établie ; les autres admettent l’existence de la Révélation et d’une Église de Jésus- Christ, maitMisputent seulement sur la nature et les qualités de cette Église divine. Contre les premiers , les Théologiens prouvent la divinité de l’Église Chrétienne par les Prophéties , par les miracles , par la sainteté de la doctrine , par la multitude des martyrs , par l’établissement même <le cette Église et sa propagation dans tout l’univers , màlgré tous les obstacles qu’elle a eus à vaincre. Contre les seconds , ils prouvent la nature et les qualités de l’Église par les notes contenues dans le Symbole de Nicée , Sj'mbole généralement reçu par tous les Chrétiens ; ils font voir que l’Église est Une , Sainte , Catholique et Apostolique , et que ces notes ne peuvent convenir qu’à l’Église Romaine , c’est-à-dire , à cette Église que ses adversaires mêmes sont obligés de désigner sous le nom de Catholique. Enfin , ils prouvent l’autorité et l’infaillibilité de l’Église Catholique contre les Chrétiens qui la rejettent , par les livres dont l’autorité divine est communément reçue , et interprètent les passages qui prouvent cette vérité comme ils ont été inteqirétés dans tous les siècles depuis l’établissement du Cliristianisme. Telle est la

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