‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 11 sur 152 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

(lu genre humain est l’autorité chargée de nous faire connaître infailliblement les vérités qu’il a plu à Dieu de révéler. Aucun Théologien Catholique n’a soutenu cette doctrine ; et nous savons que le divin Fondateur de notre sainte Religion a envoyé ses Apôtres instruire toutes les nations , et non apprendre du genre humain ce qu'ils devaient croire. Cette mission d’enseigner , docete , nous savons h qui elle a été transmise ; elle appartient exclusivement aux successeurs des Apôtres , et c’est au genre humain à se rendre docile à leurs instructions. Ils n’ont rien à apprendre du genre humain.

Du sujet (le I.-1 Foi.

L’Auteur continue , ou doit continuer d’exposer les principes de la Théologie Catholique. « Un esprit faillible , dit-il , n’est pas un esprit » qui se trompe nécessairement, mais qui peut P se tromper. » Je laisserais passer sans difficulté cette notion de l’esprit faillible , si je n’avais lieu de croire que M. G. entend son assertion dans le sens de son maître. Or voici comment Fentend l’illustre auteur de l’£ssa/. a Rien de ce » qu’affirme une raison qui peut se tromper , > ou une raison faillible , n’est certain ; donc » chercher la certitude c’est chercher une raison

a4 EXA.STKN d’on OUVRAGE , ETC.

» infaillible ( 2. Avert. p. vu. ) » El encore :

« Que fait-on quand on cherche la certitude ? » On cherche une raison qui ne puisse pas se » tromper dans ses jugemens , une raison in- » faillible , et infaillible en tout et toujours ; » autrement elle ne serait jamais assurée de » l’être ( p. a 5 . ) » M. G. , bien loin d’avoir une doctrine différente , affirme lui-même de la manière la plus expresse ( p. 67. ) que a Tout ce » qu’afOrme une raison faillible peut être faux , et » que tout ce qu’elle nie peut être vrai. » Si ces assertions sont vraies , il en faut conclure qu’un esprit faillible n’est pas seulement un esprit qui peut absolument se tromper , mais un esprit qui peut se tromper en tout et toujours , un esprit qui n’est jamais certain qu’il ne se trompe pas actuellement. Mais , s’il en est ainsi , je ne conçois pas qu’un esprit faillible puisse même avoir la foi; car il doit toujours être incertain s’il existe une autorité à laquelle il doive croire ; incertain s’il croit en effet ; puisque , être certain que l’on croit, être certain qu’il existe une autorité, être certain que cette autorité enseigne telle et telle chose , être certain qu’on a compris son enseignement , etc. etc. , voilà bien des certitudes pour un esprit qu’on déclare ne pouvoir en avoir aucune et être sujet à l’erreur en tout et toujours. Etre certain de l’existence du genre humain , de la raison universelle , quand on n’est point certain de sa propre existence ,

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