‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 23 sur 152 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

croyance fondée sur une Révélation divine extérieure , saint Thomas lui répond que l’existence de Dieu n’est un article de foi que pour celui qui n’en a pas la démonstration.

» (0 Deum esse , et alia hujusmodi quœ per ra- » tionem naturalem nota possunt esse de Deo , » ut dicilur ad Rom. i. non sunt articuU fidei, » sed prceambala ad articulas ; sic enim fides » præsupponit cognitionem naturalem , sicut gra- » tia naturam , et ut perfectio perjectibile : nihil » tarnen prohibet , illud quod secundum se de- » monstrabile est et scibile , ab aliquo accipi ut » credibile , qui demonstrationem non capit. » ( I. q. a. art. a. ad i. ) Si l’on objecte au saint Docteur que ces vérités sont insérées dans le Symbole , il répond : « Ea quœ demonstra- » tivè probari possunt, inter credenda numeran-

(i) « L'eiistence de Dieu , et autres choses semblables qu'on » peut conuaitre de lui par la raison naturelle , ainsi qu'il est dit

■ dans l'épUre aux Romains , ne sont pas des articles de foi , mais » des préliminaires à ces articles : car la foi présuppose la con-

• naissance naturelle , comme la grâce présuppose la nature •

■ comme la perfection présuppose le perfectible. Rien n'empé*

■ ebe cependant que ce qui est en soi susceptible d'étre démon- » tré et su , ne soit admis comme croyable par celui qui nen

• saisirait pas la démonstration. •

(a) c Les choses qui penrent se prouver par voie de démon-

■ stration , se placent parmi celles qu'on doit croire, non point » parce que tous en ont simplement la foi , mais parce qu'elles

• sont requises comme préliminaires aux articles de foi , et que > ceux qui n'auraient pas la démonstration de ces choses doivent

• au moins les présupposer par la foi. •

46 EXASfEîr d’un ouvrage , ETC.

» tûT , non quia de iis simpUciter sit fîdes apud » omnes , sed quia prœexigunlur ad ea quæ » sont fidei, et oportet ea saltem per /idem prœ- » supponi ab his qui eorum dernonstrationem » non habent. » ( 2 . a. q. i. art. 5. ad 3. ) Quaut à la nécessité d’un moyen perpétuel et universel d’acquérir une foi infaillible , moyen nécessairement distinct de l’autorité de V Église , c’est là un dogme nouveau et que l’Église n’enseigne pas. Je ne sais même pas si la croyance de cette nécessité se concilie parfaitement avec la croyance Catholique ; car les Catholiques croient communément que l’Église est la seule autorité infaillible en matière de foi. Et qu’on ne dise pas que l’Auteur veut parler seulement des temps qui ont précédé l’établissement de l’Église du Sauveur. 11 écarte lui-même cette interprétation qu’on pourrait donner à sa pensée, et il affirme expressément que , même depuis l’institution de l’Église , la foi divine serait impossible sans celte autorité infaillible essentiellement distincte de l’Église. En effet, il fait la supposition d’un homme qui nie l’existence de Dieu , et il demande comment vous lui prouveriez que Dieu existe. Assurément , ce ne sera pas par l’autorité de l’Église ; car comment prouveriez-vous l’autorité de l’Église à celui qui ne croit pas qu’il existe un Dieu auteur de l’Église ? Il faut avouer que Descartes y serait bien embarrassé , et que les Théologiens et saint

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