‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 22 sur 152 · CHAPITRE SECOîfD · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOîfD

» avant de po,uvoir’se prouver à lui-même l’au- » torité de l’Église fondée par Jéscs- Christ. » I^aissons de côté les Théologiens Cartésiens. .Saint Thomas, qui ne connaissait pas le système de Descartes , a écrit , comme on sait , une Somme de Théologie ; et il commence par prouver par voie de démonstration l’existence de Dieu et les perfections divines. Il a composé quatre livres pour prouver la vérité de la Religion Catholique contre les Gentils; et, dans ces quatre livres , il prouve par voie de démonstration autant et plus de vérités que n’en prouve aucun autre Théologien. Il y a plus , et c’est une chose bien digne de remarque , que je soumets aux réflexions de l’Auteur : saint Thomas parait n’avoir pas connu l’unique principe de certitude , ou en avoir fait bien peu de cas. Il démontre en bien des manières l’existence de Dieu ; il n’a rien oublié , excepté l’unique preuve vraiment démonstrative ; il n’indique seulement pas cette preuve , unique source de toute certitude. Et ce n’est pas seulement lorsqu’il est question de l’existence de Dieu qu’il se rend coupable de cette omission capitale ; j’ose dire que dans ses nombreux écrits on ne trouvera pas qu’il ait fait entrer une seule fois dans ses preuves l’autorité du genre humain , la raison générale ou universelle. Sous ce rapport, il me parait mériter l’animadversion de nos réformateurs beaucoup plus que les Théologiens modernes ;

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car (lu moins ceux-ci donnent rammunément , parmi les preuves de l’existence de Dieu , œlle qui se tire du consentement des peuples ; et s’ils ne regardent pas ce consentement comme l’unique motif de certitude , ils reconnaissent qu’il est très-propre à confirmer une vérité invinciblement prouvée d’ailleurs.

Au reste , ni saint Thomas ni aucun Théologien n’a dit que l’homme doit acquérir la certitude de ces vérités par la voie de démonstration , ils ont dit seulement qu’on peut acquérir cette certitude par voie de démonstration , ce qui est bien différent Ils conviennent sans difficulté qu’un Chrétien baptisé , souvent incapable d’acquérir la certitude d’aucune vérité par voie de démonstration , a la certitude de toutes les vérités dont la connaissance est nécessaire au salut par la foi ; non par la foi au genre humain , ou à la raison humaine , mais par cette foi divine que le Saint-Esprit imprime dans le cœur du Girétien.

{p. 36. ) a Comme ces Théologiens reconnais- » sent que la croyance de ces vérités , et tout au » moins de l’existence d’un Dieu créateur du » ciel et de la terre , a toujours été indispensable » pour être sauvé , il doit exister un moyen péril pétuel et universel d’en acquérir la foi infail- » lible ; moyen nécessairement distinct de l’au- » torité de l’Église établie par le Sauveur. »

Si par croyance de l’existence de Dieu , l’Auteur entend , comme il parait le faire , une

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