‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 25 sur 152 · CHAPITRE TROISIÈME. 4Q · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME. 4Q

se démontrer par la raison , et qui en apporte luimême cinq démonstrations différentes , celui qui a dit que l’existence de Dieu n’est un objet de foi que pour celui qui n’en a pas la démonstration , ne peut sans doute pas se contredire au point de soutenir que cette connaissance ne peut s’acquérir que par la foi. Cette, réponse est décisive. Mais il ne sera pas inutile de faire voir que saint Thomas a réfuté d’avance le nouveau système dans les endroits mêmes de ses écrits où les défenseurs de ce système croient trouver un appui. Voici d’abord le texte apporté en preuve par M. G.

a (0 Remaneret igitur humanum genus , si sola » rationis via ad Deum cognoscendum pateret , » in maximis ignorantiœ tenebris : cùm Dei cog- » nilio , quœ homines maxime perfectos et bonos » facit , nonnisi quibusdam paucis , et his paucis » etiam post temporis longitudinem proveniret. » ( contra Gentes, 1. i. c. 4- )

Saint Thomas , au chapitre quatrième du premier livre contre les Gentils , où on lit ce passage, commence par établir qu’il y a en Dieu des vérités accessibles à notre raison , et d’autres vérités auxquelles notre raison ne peut

(i) ■ Si donc on ne pouvait parvenir A connaître Dieu que

• par la seule voie de la raison , le genre humain resterait dans

> les ténèbres d'une profonde ignorance , puisque cette con-

> naissance , qui est le principal moyen de rendre l'homme

• bon et parfait , n'arriverait qu'à un fort petit nombre d'hom-

• mes et après un long espace d« temps. >

5o EXABIEtf u’üN' OUVRAGE , ETC.

atteindre, et il affirme que la Révélation de ces deux classes de vérités est utile à l’homme.

a (') Duplici igitur veritate divinoriun intelligibi- » lium existentc , una ad quam rationis inquisitio » pertingere potest , altéra quœ omne ingeniurn » hwnanœ rationis excedit , utraque conyenien- » ter divinitus credenda proponitur. » Le saint Docteur apporte trois raisons qui prouvent l’utilité de la Révélation des vérités auxquelles notre raison pourrait parvenir indépendamment de la Révélation. La première est que , la connaissance de ces vérités demandant une étude sérieuse , peu de personnes pourraient l’acquérir , a raison des divers empéchemens qui ne permettent pas au grand nombre de se livrer à cette étude ; la seconde , que ceux même qui pourraient s’y livrer n’acquerraient une si précieuse connaissance qu'après un temps très-long ; la troisième , que , vu la faiblesse de notre entendement , il serait à craindre qu’à des connaissances précieuses ne se joignissentbien des erreurs , des doutes , des hésitations , qui nous seraient très-nuisisibles. Et il conclut par ces paroles « Salubriter » ergo divina providit clementia ut ea etiam qutp.

(i) » Les téritéd , qui ont Dieu pour objet et qui peuvent > être connues , étant de deux sortes , Tune h laquelle la raison » humaine peut atteindre par ses efforts , l'autre qui est au des- » sus de toute raison humaine , il est conTenaMc que ces deux » sortes de vérités soient proposées à notre foi. »

(q) • G est donc une disposition salutaire de la divine iVovi- » dence de nous proposer comme objets de foi même les vérités

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