CHAPITRE TROISIÈME
» uhi ne illud quidem Academicus dicere potest: » Fartasse dormis et nescis, etinsomnisvides.... » Sed qui certus est de vitœ suœ scientia , non in » eu dicit, Scio me vigilare; sed, Scio ne viverei » sive ergo dormiat , sive vigilet , vivit. Nec in ea ® scientia per somnia falli potest ; quia et dor- » mire et in soumis videre , viventis est. Nec illud » potest Academicus adversùs istam scientiam » dicere , Furis fortassis , et nescis ; quia sanorum y> wis simillima sunt etiam visa Jurentium : sed » qui furit , vivit. Nec contra Academicos dicit , » Scio me non furere ; sed , Scio me vivere. Nun- » quam ergo falli nec mentiri potest , qui se vi~ » vere dixerit scire.y» ( De Trinit. lib. i5. n“ ai.)
Ainsi raisonnait saint Augustin , et il croyait que son raisonnement était sans réplique. On voit que , de son temps , le Cartésianisme avait déjà pris racine, et peut-être déjà profondément altéré l’enseignement de la Théologie. Nos réformateurs trouvent que ces raisonncmens sont pitoyables et ne prouvent rien ; ils ont imaginé un argument plus court et plus décisif contre
• meUrc m fciencc cd déCaot sur ce poîal , parce qu*il n’appar* a ticat qu'à celui qui vit , de dormir et de rêver. De même a l'Académicien n'objcctcra rien contre cette science , en disant : B Vous êtes fou peut-être , et tous ne n'en savci rien , puisque a riiNi ne ressemble mieux à ce que Toicnt les hommes sensés a que ce que voient les fous. Mais un fou est vivant : et pour a réfuter les Académiciens « on ue dit pas : Je sais que je ne suis a pas fou ; mais , Je sais que je vis. Jamais donc on ne peut ui a errer ni mentir » en disant qu'uu sait être vivant, a
Digiti2ed by Googk
^2 MAMÏIf d’uIT ODVRAGK , HTC.
les Académiciens ; c’est de leur dire : Si vous ne croyez pas à rinfaillibilité de la raison universelle, vous êtes fous. Si cet argument n’est pas convaincant , il est du moins très - propre à terminer la discussion. Avec ce principe unique, ils prétendent rétablir l’enseignement sur sa base.