‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 34 sur 152 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

» loquentem qui personat foris , sed intus ipsi » menti prcesidentem consulimus veritatem , ver* » bis fartasse ut consulamus admoniti. » ( lib. de Magistro , c. 1 1 . n“ 38. )

« (') Ornnis qui se dubitantem intelligit , verum » intelligit , et de hac re quam intelligit certus » est.... Omnis igitur qui utriun sit veritas du* J) bitat , in seipso habet verum unde non du- » bitet. » ( de ver. Rel. n" y3. )

Serait-il possible de dire en termes plus expressifs que l’homme a en lui-méme un principe de certitude ? In seipso habet verum unde non dubitet. Je crois inutile de m’étendre davantage à prouver que saint Augustin a reconnu une certitude bien distincte de celle que donne l’autorité, et qui, par conséquent , a un autre principe. Il ne pourrait y avoir à le nier , que celui qui serait entièrement étranger à la lecture de ses ouvrages. J’ajouterai cependant encore une réflexion. Saint Augustin a écrit contre les Académiciens qui , comme on sait , faisaient profession de ne rien admettre comme certain. Dans ses divers ouvrages , il ne manque pas de les combattre ,

• mais U vérité qui préside ï noire intcliigenee : tout ce que a fait la parole extérieure , c'est que peut-être elle nous avertit a de la consulter, a

(1) a Quiconque comprend qu’il doute comprend une vérité , a et il est certain de ce qu'il comprend alors : ainsi quiconque a doute s'il y a une vérité , trouve en lui-méme une raison do a ne pas douter, a ,

70 EXAUEir d’on otjvrage, etc.

quand l’occasion se présente. Il avait professé luinaéme les principes de cette secte ; il les connaissait à fond , et devait savoir quelles étaient les arnaes les plus propres à les combattre. C’était bien là le cas de s’expliquer clairement sur le principe de certitude. Pour convaincre des hommes qui n’admettaient aucune démonstration , il parait qu’il n’y avait rien de mieux que de recourir au grand principe de la raison universelle , que M. G. juge si efficace pour convertir un athée. Cependant saint Augustin n’en fait aucune mention , et nous sommes forcés’ de croire que ce principe lui était inconnu. C’est uniques* ment à la raison individuelle qu’il en appelle , c’est elle qu’il veut forcer à reconnaître qu’elle trouve en elle-même la certitude : In se habet unde non dubitet. Qui le croirait ? Il mérite déjà le reproche qu’après quatorze siècles l’Auteur de r Essai devait adresser à Descartes ; comme ce Philosophe , il pose une pierre au milieu des airs , en osant dire que l’homme a en lui-même la certitude la plus complète de son existence. Voici ses paroles:

« (0 Intima scientia est quâ nos vivere scimus ,

(i) t II J a en notu nne acicnce par laquelle nont mtods qoe

> nous vivons. Et ici un Académicien n’a pas la ressonree de dire ;

> Peut-être que vous dormei sans le savoir , peut-être rèves-

> TOUS Mais celui qui est certain de savoir qu'il vit , ne dit

> point : Je sais que je veille : mais , Je sais que je vis. Soit donc

> qu'il dorme ou qu'il veille , il vit ; et les rêves ne penvenl

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