CHAPITRE TBOlSlfesiE
(le Dieu , et cette soumission est un acte d’obéissance. La certitude (jue j’ai que vous avez parlé , ne m’empêche sans doute pas d’ajouter foi à vos paroles ; et de quelque part que vienne cette certitude , ma foi sera la même , c’est-àdire, une soumission à votre autorité. Que l’Auteur essaie de prouver que la raison individuelle ne donne aucune certitude , il en est bien le maître ; mais est-il raisonnable de soutenir que dans le sentiment de ceux qui croient que la raison individuelle peut donner la certitude de la révélation , la foi à la parole de Dieu est impossible ou cesse d’être un acte d’obéissaùce ? N’est- il pas clair cpie pour faire ime acte de foi divine, il faut être certain que Dieu a parlé ? Or , de quelque manière que cette certitude s’acquière , l’acte de foi est toujours le même , dès que l’on n’a pas la science de l’objet révélé. L’Auteur prétendrai t-il que l’acte de foi d’ Abraham , cet acte qui le justifia , ne fut point un acte d’obéissance , par la raison que le principe de la raison universelle n’y intervint en rien ?
A la page 6i , l’Auteur établit un dialogue entre un élève et un professeur Cartésien. Rien de plus commode que ces dialogues où un Auteur , faisant lui-même les demandes et les réponses , se donne raison tant qu’il veut et comme il veut. J’ai dit , et je le répète , que je ne prends aucun intérêt à la doctrine de Descartes , mais une injustice criante révolte , lors même qu’on
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74 EXAMEN d’on OCVRAGE , ETC.
n’y est pas intéressé. L’Auteur place cette demande dans la bouche de l’élève : N’est-il pas vrai que chaque homme ne doit croire que ce qni est démontré à sa raison ? et il fait répondre au maître Oui. Assurément Descartes aurait répondu JSon , et le triomphe de l’Auteur se serait évanoui ; l’élève n’aurait eu aucun besoin d’aller trouver le Directeur de sa conscience, pour lui tenir le beau discours qu’on lui met à la bouche. Descartes n’a jamais prétendu que les mystères de notre Religion fussent démontrés à notre raison , et il reconnaissait sincèrement qu’on doit les croire. Aujourd’hui encore je connais bien des Cartésiens qui récitent le Symbole avec une conviction tout aussi pleine que peut l’être celle de M. G. lui-même , et qui confessent avec toute simplicité que les mystères de la Trinité , de l’Incarnation , sont inconcevables k leur raison , etc. Il est vrai qu’ils disent qu’ils ne croiraient pas ces mystères s’ils ne savaient pas ou s’ils ne voyaient pas que Dieu nous ordonne de les croire et nous en garantit la vérité ; mais il faut leur passer cette prétention, ou condamner saint Thomas qui l’approuve formellement. Non enitn crederet , nisi videret ea esse credenda.
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