CHAPITRE QUATRIÈME. l3g
l’existence du consentement commun doit nécessairement précéder la certitude que donne ce consentement; et l’objection que l’Auteur s’est efforcé de résoudre conserve toute sa force. Comment l'individu peut- il , avec sa raison faillible , connaître certainement le consentement commun ? Cette question , dans la doctrine des réformateurs de l’enseignement , n’est susceptible d’aucune réponse satisfaisante et fait crouler tout leur échafaudage. L’Auteur fait de vains efforts pour rétorquer la question contre ses adversaires. Ceux-ci ont une réponse bien simple : selon la doctrine Catliolique , une raison faillible, toute faillible qu’elle est , est un principe divin dans son origine et capable de certitude. Îæs partisans de la nouvelle doctrine ne peuvent ni se défendre ni attaquer , qu’en supposant à leurs adversaires des principes que ceux-ci désavouent.
Résumons. Le consentement commun ne peut pas être admis comme unique principe de certitude i“ parce que- l’infaillibilité de ce consentement, de l’aveu des partisans du nouveau système , est une supposition que rien ne prouve ni ne peut prouver; a" parce que cette infaillibilité admise gratuitement , il reste toujours vrai que la certitude de l’existence du consentement commun , relativement à chaque vérité en particulier , doit précéder la certitude que donne ce consentement; S” enfin , parce qu’il est im-
l4o EXAMEW d’Ôk ouvrage, ETC.
possible de s’assurer de l’existence du consentement commun par rapport à une vérité quelconque , puisqu’on ne peut la connaître que par une raison faillible , c’est-à-dire , suivant la nouvelle doctrine , par ime raison sujette à terreur en tout et toujours'.