‹ Examen d'un ouvrage intitulé: Des doctrines philosophiques sur la certitude dans leurs rapports avec les fondemens de la théologie par l'abbé GerbetChapitre 80 sur 152 · CHAPITRE CHfQHlÈME. l8S · texte numérisé non relu

CHAPITRE CHfQHlÈME. l8S

dans la Religion ; c’était l’ordre qu’il avait établi, et rhomme devait s’y soumettre. Suarez dit qu’Âdam s’y conforma en effet et qu’il instruisit ses enfans dans la foi. Il remplit en cela son devoir : mais Suarez ne dit pas , et je crois que personne ne peut affirmer que tous les enfans d’Adam eurent la même fidélité à s’acquitter de cette obligation. Dieu avait aussi créé l’homme innocent et immortel , et tous ses enfans devaient hériter de ces précieuses prérogatives. C’était l’ordre établi de Dieu , et nul doute qu’Adam ne fiit obligé de transmettre à ses descendaiis les dons qu’il avait reçus. L’ordre était indépendant de droit de la volonté de l’homme , et c’était évidemment la volonté de l’homme qui devait y être soumise. Cependant le contraire arriva ; l’homme libre se révolta contre l’ordre établi de Dieu, et cet ordre cessa par suite de sa rébellion. Dieu , plein de miséricorde , n’abandonna pas l’homme à sa misère; il établit un autre ordre de grâce , il fit à l’homme pécheur des promesses , soumit sa raison à la foi , et le chargea de transmettre à ses descendans , avec l’histoire de sa dégradation , les promesses consolantes et les conditions de sa réintégration. Cette obligation qu’Adam remplit fidèlement, il la transmit à sa postérité, et c’étaient les chefs de famille qui étaient chargés d’instruire leurs enfans. Mais en recevant cette obligation , ils ne -perdirent pas la liberté ; ils

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devaient obéir , mais ils pouvaient se soustraire à l’obéissance. On conçoit donc très-bien que cet ordre établi de Dieu a pu cesser de fait par suite de l’abus de la liberté des descendans d’Adam , qui ont pu négliger ce devoir essentiel. Je n’examine pas pour le moment si cet ordre a cessé effectivement ; il me suffit d’avoir montré qu’il a pu cesser , et que les raisonnemens de l’Auteur , ici comme dans presque tout son ouvrage , portent sur des équivoques. U joue sur le mot indépendant qui , comme je viens de le faire voir , et comme je l’avais déjà montré ailleurs , peut être pris dans deux sens différens. Quelques lignes plus bas il joue sur le mot pouvoir , lorsqu’il dit : Si , à aucune époque , il eut été au pouvoir de r homme de V abolir , de constituer un ordre différent , etc. Si l’homme ne pouvait que ce qu’il doit , le raisonnement serait bon ; mais comme , malheureusement , le pouvoir dans l’homme est beaucoup plus étendu que le devoir , il y a un vice radical dans cette manière de raisonner. Adam n’avait pas le pouvoir , c’est-à-dire , le droit de changer l’ordre heureux que Dieu avait établi pour lui et pour sa postérité ; mais il en avait le pouvoir de fait , et il ne l’a que trop prouvé. Cette distinction n’est pas moins applicable à ses descendans.

Sous la loi nouvelle, l’ordre établi de Dieu pour propager et perpétuer la vraie Religion

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