‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 102 sur 180 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

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doctrine Catholique , il use de certaines réticences qui pourraient induire en erreur. Efforçonsnous donc de démêler ce qui est vrai de ce qui est faux ou hasardé.

La Théologie Catholique enseigne , il est vrai, que Dieu a , dès le commencement , révélé à l’homme quelques vérités dont la connaissance lui était nécessaire , telles que le mystère de la Rédemption et le moyen d’ohtenir la rémission des péchés. Quant au dogme de l’unité de Dieu, la Théologie n’enseigne pas qu’une révélation fût nécessaire pour l’enseigner au premier homme , puisque sa raison hien éclairée suffisait pour lui donner la connaissance certaine de cette vérité et de bien d’autres. J’entends parler d’une révélation proprement dite , qui se fait par un moyen extérieur ; car la lumière divine qui éclaire la raison , « (i) quœ illuminât » omnem hominem venientem in hune mun- « dum , ( Joan. i. 9. ) est aussi une révélation , mais non une révélation qui soit l’objet de la foi. La Théologie enseigne aussi que l’homme avait l’obligation de transmettre à ses descendans la connaissance des vérités qui lui avaient été révélées , mais elle ne nous oblige pas de croire que les hommes aient toujours été fidèles à cet ordre établi de Dieu , elle nous dit plutôt le contraire ; elle n’enseigne pas que la connaissance des vérités primitivement révélées ait été

(0 • Qui éclaire tout homme venant en ce monde. >

a92 EXAMEN d’üN ouvrage , ETC.‘

transmise de siècle en siècle par une tradition perpétuelle et universelle , ni que cette connaissance se soit conservée dans tous les pays ; elle n’enseigne pas qu’il existât une Église universelle qui fût visible chez tous les peuples ; elle n’enseigne pus que chez tous les peuples il existât un enseignement public et infaillible de la vraie Religion et des vérités primitivement révélées. Je crois même qu’il est bien difficile de concilier ces dogmes de nouvelle invention avec l’enseignement Théologique tel que nous l’ont transmis nos pères ; car selon cet enseignement, lorsque le Messie parut dans le monde au temps annoncé par les Prophètes, l’universalité des hommes était plongée dans l’ignorance la plus déplorable des vérités les plus nécessaires au salut. Anciennement , (lit saint Thomas , Dieu n’était connu que dans la Judée, maintenant il l’est par toute la terre ; Antiquitus Deus erat notus tantum in Ju~ dœa , mine autem per totum mundurn. ( Expos, in Symb. art. 9. )

.Si nous consultons l’histoire , nous trouvons que le vrai Dieu n’avait d’autel nulle part ; ou s’il en avait un dans la ville la plus renommée par sa civilisation , par sa science et ses beaux arts , cet autel n’existait que pour proclamer qu’on ne connaissait pas ce Dieu créateur du ciel et de la terre , et que tout au plus soupçonnait-on .son existence ; il portait pour inscription M (i) Ignoto Deo. » Aussi cet hommage

(i) • Aa Dieu inconon. >

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