CHAPITRE PREMIER. 9 S
s’ils en ont parlé dans le sens de M. G., pourquoi ne nous indique-t-il pas d’une manière précise les traités et les chapitres où sa théorie se trouve développée ? Quant à moi , je ne saurais trouver ni dans saint Thomas , ni dans Suarez une solution opposée à celle que j’ai donnée.
Je ne sens pas non plus la nécessité d approfondir plus qu’on ne l’a fait jusqu’à présent la théorie Catholique de la Foi. J’avouerai même que je ne sais ce qu’il faut entendre par cette théorie Catholique. Je connais la foi Catholique, mais la théorie que l’Auteur appelle Catholique n’appartient sans doute pas à la foi Catholique. Autrement , il en serait fait mention dans les Symboles , dans les Conciles , dans les Constitutions Apostoliques ; et j’ai été assez malheureux pour ne la rencontrei' nulle part. Le Concile de Trente nous dit bien que la foi est le commencement du salut , mais il se tait complètement sur la théorie de la foi , et surtout sur la théorie Catholique.
A la page 9 l’Auteur dit : a Cette question » fondamentale de la Théologie , Qu est-ce que » croire ? dépend évidemment de cette question jt fondamentale de la Philosophie , Qu’est-ce que » la certitude ? puisque la foi implique l’idée de » certitude , et même de certitude par excel- » lence. n Je pense que la première de ces questions est tout aussi philosophique que la seconde , et qu’elle ne dépend pas plus de la seconde , que
g6 EXAMEN d’uH OUVRAGE , ETC.
la seconde ne dépend de la première. Si nou^ en croyons l’illustre Auteur de V Essai sur l’indifférence en matière de Religion , et sans doute M. G. ne refusera pas de l’en croire , ces deux questions sont identiques. En effet, il nous enseigne que toute certitude repose sur la connaissance de Dieu. (Essai, t. ii. p. /|i.) Que la certitude nest qu’une foi pleine dans une autorité infaillible. ( p. i3a. ) Qu’t/ nj a de certain que ce qui est de foi. ( p. 184. ) Que toute certitude repose sur la foi. (p. aaS. ) Si ces assertions sont vraies , la certitude implique l’idée de foi , et de foi par excellence , tout autantque la foi implique l’idée de certitude ; et par conséquent il est aussi nécessaire de connaître ce que c’est que la foi , pour répondre à la question Qu est-ce que la certitude , que de connaître ce que c’est que la certitude , j)our répondre à la question Qu est-ce que la foi. Voilà dans quels embarras on se jette quand on veut innover en matière d’enseignement.
La vérité est , que les mots foi et certitude se prennent en des acceptions fort différentes. 11 serait digne des réformateurs de l’enseignement de donner pour base de leur réforme des notions claires et précises. La loi , en général , est la croyance à une autorité ; or toutes les autorités ne sont pas égales , et il y a des croyances fausses, des croyances incertaines, tout aussi bien que des croyances vraies , des croyances