‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 24 sur 180 · CHAPITRE SECOWD. lo · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOWD. lo

cette distinction est lumineuse , et nous aurons occasion d’y revenir souvent. Puis il ajoute : « L’Église a constamment maintenu cette disj) tinction fondamentale de la Science (ondée sur » y évidence réelle ou apparente , et de la Foi » fondée sur le témoignage. Tous les Pères de » l’Église , tous les Théologiens , anciens et mo- » dernes ont insisté sur cette vérité. » C’est fort bien : seulement j’aurais voulu que l’Auteur n’eût pas mis une absurdité sur le compte de l’Église. Comment une science fondée sur une évidence seulement apparente sera-t-elle distinguée d’une erreur ? Est-ce que science et erreur seraient des expressions synonymes dans l’idée de M. G. ?

Il fait dire à saint Augustin ( p. i5 ) : « Nous » concevons par la raison , nous croyons par » l’autorité. » N’est-ce pas encore prêter à ce saint Docteur une absurdité manifeste ? Nous croyons par la raison , comme nous concevons par la raison , ou , si l’on aime mieux , c’est notre raison qui croit , comme c’est notre raison qui conçoit. Cela est trop évident pour avoir besoin de preuves. Saint Augustin a dit : Quod intelligimus debemus rationi , quod credimus auctoritati. ( De utilit. cred. n“ a5. ) Ce qui veut dire que la certitude de nos connaissances a son principe dans notre raison , et celle de nos croyances dans l’autorité. Mais ce n’est pas sans motif que l’Auteur a donné sa traduction. Saint

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Augustin donne ici évidemment deux principes de certitude , ce qui contredit les idées de l’Auteur et renverse sa théorie , laquelle est essentiellement fondée sur l’unité du principe de certitude pour la science et pour la foi.

, Je souscris volontiers à tous les passages que l’Auteur apporte pour prouver que la foi divine a pour fondement le témoignage de Dieu ou la révélation ; mais je crois qu’il a pris une peine très-inutile ,car aucun Catholique ne pensera à lui contester cette vérité. Ou ne lui contestera pas non plus l’existence d’une révélation faite au père du genre humain ; mais on pourra n’étre pas de son avis sur les conséquences qu’il tire d’une vérité généralement admise. Permis à sa raison individuelle et à celle de quelques autres individus de croire et d’essayer de prouver que la tradition des vérités révélées s’est conservée infailliblement dans l’universalité du genre humain , que toujours et partout tous ont connu l’unité de Dieu , que chez aucun peuple on n’a cru à l’existence de plusieurs Dieux , qu’il a toujours été facile en tous lieux et chez tous les peuples de connaître la tradition infaillible et la vraie Religion. Je ne me sens aucun désir d’entrer dans cette controverse. Mais je pense que l’Auteur a trop de candeur pour ne pas avouer que ce n’est pas là précisément ce qu’ont enseigné les Théologiens Catholiques jusqu’à ce jour; et que c’est tout simplement une théorie qu’il

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