CHAPITRE SECOND
cstaussi libre à chacun de rejeter que d’admettre. En effet , on ne trouve ni dans rÉcritiire sainte, ni dans les décisions de l’Église , ni dans les saints Pères , ni dans aucun Théologien , rien qui oblige à reconnaître l’autorité infaillible du genre humain en matière de Religion. Je dois même déclarer , pour ce qui me concerne , que cette autorité m’est trop suspecte et me parait trop incertaine pour que je puisse y croire fermement; car qui me garantira son infaillibilité? li’Auteur , ou plutôt saint Thomas qu’il cite , dit que ce Tout être crée est de soi vain etdéfeclible. » Or , le genre humain , considéré en masse comme dans les individus qui le composent , appartient nécessairement à la classe des êtres créés ; comment donc , dans les principes de l’Auteur , peut-il compter l’infaillibilité dans ses attributs? L’Auteur de la révélation est Dieu lui-même : Je n’en doute nullement ; mais cela ne suffit pas. Il faut que l’autorité qui transmet les vérités révélées soit elle-même infaillible ; autrement , qui m’assurera qu’elles ne sont point altérées ? Vous me pariez de raison générale ou universelle ; mais si cette raison universelle n’est pas la raison incréée , c’est-à-dire , Dieu lui-même , il faut bien que vous reconnaissiez que c’est une raison créée , et par conséquent que vous admettiez sa vanité , sa défectibilité , comme des conséquences nécessaires. Toute raison créée est une raison finie , et toute raison finie est une
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raison faillible en tout et toujours ; l’Auteur de V Essai l’a décidé.
Concluons que M. G. n’a nullement démontré que , suivant la doctrine Catholique , l’autorité du genre humain est l’autorité chargée de nous faire connaître infailliblement les vérités qu’il a plu à Dieu de révéler. Aucun Théologien Catholique n’a soutenu cette doctrine ; et nous savons que le divin Fondateur de notre sainte Religion a envoyé ses Apôtres instruire toutes les nations , et non apprendre du genre humain ce qu’ils devaient croire. Cette mission d’enseigner , docete , nous savons à qui elle a été transmise ; elle appartient exclusivement aux successeurs des Apôtres , et c’est au genre humain à se rendre docile à leurs instructions. Ils n’ont rien à apprendre du genre humain.