‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 31 sur 180 · III · texte numérisé non relu

III

De l’acte de Foi.

L’Auteur parle de l’acte de foi et raisonne d’après les principes qu’il s’est faits et qu’il donne pour être la doctrine Catholique ; et conséquemment , il tombe dans les mêmes paralogismes que j’ai eu occasion de relever. L’acte de foi renferme nécessairement la soumission de notre raison à une raison supérieure et infaillible. Tous les Théologiensen conviendrontfacilement; mais par cette raison supérieure infaillible ils entendront unanimement la raison de Dieu , car ils ne conçoivent pas qu’il puisse y avoir une autre raison infaillible. Or ce n’est pas ainsi que l’entend M. G. La raison supérieure et infaillible dont il parle, c’est la raison universelle ; et dès lors , son assertion n’est plus admissible , elle n’exprime plus la doctrine Catholique , elle y substitue un système nouvellement inventé , que toute l’habileté de ses partisans ne saurait défendre. Jamais ils ne prouveront que la doctrine Catholique m’oblige à prendre la raison universelle pour règle de ma foi.

« L’acte de foi , dit l’Auteur , est un : il ne se » compose pas de deux actes différens , d’un V acte primitif d’indépendance , par lequel la » raison de l’homme se serait d’abord constituée 7> juge souverain de toutes les vérités ; et d’un

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> acte supérieur de dépendance , par lequel elle » aurait consenti à se soumettre , par rapport à » certaines vérités , au témoignage d’une raison » supérieure. » A qui donc en veut M. G. ? C’est ce qu’on est obligé de se demander à chaque instant en lisant son ouvrage. Que l’on conduise aux petites maisons quiconque voudra constituer sa raison juge souverain de toutes les vérités , j’y consens de grand cœur. Rien de plus vrai , de plus certain que ce que Dieu a révélé ; vouloir l’examiner c’est folie. Mais la soumission due à la révélation suppose la connaissance de la révélation ; et ce n’est pas manquer de soumission à la raison supérieure auteur de la révélation , que de s’informer de ce qu’elle a dit , pour y croire. M. G. est toujours , à ce qu’il me semble , hors de la question. Les Théologiens Catholiques reconnaissent bien aussi une autorité , juge de la révélation , à laquelle toute raison individuelle doit se soumettre ; mais cette autorité n’est pas celle qu’il plaît à l’Auteur d’assigner. Celte autorité , il n’est jamais permis de la contredire ; mais elle ne contredit jamais elle-même le légitime usage de notre raison.

L’Auteur , en terminant ce chapitre , exprime une persuasion que je suis loin de partager. « Nous ne croyons pas , dit-il , qu’aucun Théoj> logien conteste la doctrine que nous venons » d’exposer. » Je suis au contraire très-persuadé qu’aucun Théologien n’admettra cette doctrine

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