CHAPITRE SECOND
i (i) Ex parte subjectidijferuntsecimdumper- 1 fectum et imper/ectum opinio , fîdes et scien- » tia , etc. » ( ibid.) J’ai déjà cité ce texte plus haut.
« (a) Ea quce subsunt fidei dupliciter conside- » rari possunt : uno modo in speciali , et sic non * possunt esse simul visa et crédita. jiUo modo 1 in generaU , scilicet sub commuai ratione cre- » dibilis , et sic sont visa ab eo qui crédit. Non » enim crederet nisi videret ea esse credenda , » vel propter evidentiam signorum , vel propter » aliquid hujusmodi. » ( a. a. q. i. art. 4- ad a.)
« (3) Omnis scientia habetur per aliqua princii pia per se nota et per consequens visa. Et ideo 1 oportet quœcunque sunt scita , aliquo modo esse > visa. Non autem est possibile quod idem ab
(t) a De la part dn sajet , l'opimon , la foi et la science diffèrent
• entre elles par le pins on le moins de perfection. >
(a) « Les eboses qui sont l'objet de la foi penrent être considé-
• rées en deux manières s d’abord en ce qn'éllct ont de spécial j s et , sous ce rapport , ellesnepeaTentétreà 1a fois Tnesetemos : s ensuite en ce qu'elles ont de général , c'est.è-dire , arec le » caractère commun de crédibilité ; et , sous ce rapport , elles s sont rues de celui qui croit ; car il ne les croirait pas , s'il ne s voyait qu'elles doivent être crues è raison de l'évidence des ûgnea » on de quelque antre motif semblable. •
(3) • Toute science s'acquiert en vertu de quelques principes s connus par eux-mémes , et par conséquent vas ! c’est pourquoi
• il faut qnc tout ce que l'on sait soit vu en quelque manière, a Mais il n'est pas possible qu'une même chose soit vue et crue > par la même personne ; néanmohis il peut arriver que ce qui a est vu ou su par Tune soit cru par une autre, a
120 EXAJIEN d’dW OOVRACE , ETC.
> eodem sit visum et creditum. Potest tamen I contingere ut id quod est visum vel scitum ah » uno , sil creditum ab alio. » ( ibid.art. 5. o. )
La doctrine contenue dans ces passages est admise dans toutes les écoles Catholiques. Si M. G. l’ignore , on ne peut que regretter qu’il ne se soit pas plus instruit avant de prendre la plume pour réformer et condamner. S'il le sait, il fallait en convenir franchement , car il n’est ni honnête ni honorable de dissimuler la doctrine de ses adversaires , ou de leur supposer des principes qu’ils n’ont pas , pour les combattre. Enfin , si c’est cette doctrine même qu’il combat, qu’il cesse donc de présenter un fantôme de Cartésianisme et d’opposer les anciens Théologiens aux modernes , puisque l’accord entre eux est parfait.
Les textes que je viens de citer , et beaucoup d’autres que je pourrais ajouter , prouvent que la doctrine de saint Thomas et de tous les Théologiens des écoles Catholiques sur ce point est J* que la foi suppose obscurité ou imperfection de connaissance à l’égard de son objet : {\)argumentum non apparentium ; a" que la science est plus parfaite que la foi , en ce qu’elle joint à l’assentiment inébranlable la vue intellectuelle , que la foi n’a pas ; c’est en ce sens que saint Augustin a dit que la foi prépare l’homme à la
(i] I Elle eit U preuTC , la conTÎction dci choiea qu'on ne U toH pat. •
CHAPITKE SECOITD. lai
raison ou à la science ; 3* que si la science ou la vue intellectuelle exclut la foi , puisque ce qui est vu n’est pas cru , ou est plus que cru , il y a pourtant une science qui est un préliminaire nécessaire à la foi ; non la science de l’objet même de la foi , ce qui impliquerait contradiction , mais la science des motifs de crédibilité ; car , comme dit saint Thomas , on ne croirait pas , si on ne voyait que Von doit croire. Je n’ai pas besoin de dire que ceci s’entend de la foi raisonnable, de la foi méritoire ; 4° que la science s’acquiert par le moyen des principes évidens , connus par eux-mémes , vus intellectuellement ; et que par conséquent le principe de la certitude que donne la science n’est autre que l’intuition de la vérité ; 5* enfin , que s’il est impossible que la foi et la science existent dans le même sujet à l’égard du même objet et sous le même point de vue , il est très-possible que ce qui est cru par un individu soit su ou vu par un autre. C’est ainsi , di t saint Thomas , que les Anges voient dans le Ciel ce que nous croyons sur la terre. Et sur la terre même , combien de fois n’arrivet-il pas que l’un sait ce qu’un autre ne fait que croire ? Les Apôtres savaient sans doute la vérité des faits évangéliques dont ils avaient été témoins et que nous croyons sur leur témoignage : par exemple , ils savaient certainement la mort et la résurrection de Notre-Seigneur , dont ils furent chargés d’attester la vérité comme
laa EXA.MEIT d’on OtrVRA.GE , ETC.
témoins oculaires : « (i) Vos autem estis testes » horum. » ( Luc. xxiv. 48. )
Rien ne me paraît plus faible que les raisonnemens par lesquels l’Auteur prétend prouver que la raison individuelle ne peut avoir la certitude d’aucune vérité révélée. Outre l’équivoque perpétuelle du mot infaillibilité qu’il confond avec certitude , il supf>ose qu’il faut nécessairement qu’on ait la foi de toute vérité révélée , ce qui contredit la doctrine de saint Thomas et l’évidence même , comme je viens de le faire voir par l’exemple des Apôtres qui ont vu la mort et la résurrection de J^os-Christ , qui sont des faits révélés. Il est assez clair que la vérité n’est révélée que pour ceux qui ne la connaissent pas. Fides est.... argumentum non apparentium. Ensuite , il suppose qu’en celui qui aurait la connaissance certaine d’une vérité révélée , la foi ne serait pas une vertu , comme si la vertu de foi pouvait consister dans la croyance de telle ou telle vérité , et non dans la croyance au témoiguage de Dieu , indépendamment du nombre des vérités qui nous sont connues par ce témoignage. Avons-nous moins de foi que les anciens Juifs , parce que nous voyons l’accomplissement des prophéties qu’ils ont crues sur le témoignage des Prophètes ?
(i) « VoDi les témoins de ccs choses. *
Diqiliz c;' CoQt; le