CHAPITRE TROISIÈME
les Académiciens ; c’est de leur dire : Si vous ne croyez pas à l’infaillibililé de la raison universelle , vous êtes fous. Si cet argument n’est pas convaincant , il est du moins très-propre à terminer la discussion. Avec ce principe unique , ils prétendent rétablir l’enseignement sur sa base.
§. ni-
Du Cartésianisme par rapport à l’acte de Foi.
Je m’arrêterai peu sur cette section ; l’Auteur prétend prouver que , dans les principes du Cartésianisme , l’acte de foi ne serait pas un acte d’obéissance. Je doute que M. G. expose fidèlement les principes du Cartésianisme , et cela m’importe fort peu ; mais il prétend prouver qu’à moins d’admettre le principe de la raison universelle , l’acte de foi ne peut pas être un acte d’obéissance , je ne puis pas être de son avis , car tous ses raisonnemens me paraissent porter à faux. Ce ne sera pas , je l’avoue , un acte d’obéissance à l’autorité du genre humain ; mais ce sera un acte d’obéissance à 1 autorité divine , et cela me paraît suffire. De quelque manière que je sache certainement que Dieu a parlé , soit que je le connaisse par la raison universelle, ou par l’autorité de l’Église , ou par ma propre raison , l’adhésion que je donne à la vérité révélée que je ne conçois pas est toujours une soumission de ma raison à 1 autorité infaillible
l58 EXAMEir d’dW ouvrage , ETC.
de Dieu , et cette soumission est un acte d’obéissance. La certitude que j’ai que vous avez parlé , ne m’empêche sans doute pas d’ajouter foi à vos paroles ; et de quelque part que vienne cette certitude , ma foi sera la même , c’est-àdire , une soumission à votre autorité. Que l’Auteur essaie de prouver que la raison individuelle ne donne aucune certitude, il en est bien le maître ; mais est-il raisonnable de soutenir que dans le sentiment de ceux qui croient que la raison individuelle peut donner la certitude de la révélation , la foi à la parole de Dieu est impossible ou cesse d’être un acte d’obéissance ? N’est-il pas clair c[ue pour faire un acte de foi divine , il faut être certain que Dieu a parlé ? Or , de quelque manière que cette certitude s’acquière, l’acte de foi est toujours le même , dès que l’on n’a pas la science de l’objet révélé. L’Auteur prétendrait-il que l’acte de foi d’Abraham , cet acte qui le justifia , ne fut point un acte d’obéissance , par la raison que le principe de la raison universelle n’y intervint en rien ?
A la page 6i , l’Auteur établit un dialogue entre un élève et un professeur Cartésien. Rien de plus commode que ces dialogues où un Auteur , faisant lui-même les demandes et les réponses , se donne raison tant qu’il veut et comme il veut. J’ai dit , et je le répète , que je ne prends aucun intérêt à la doctrine de Descartes , mais une injustice criante révolte , lors même qu’on