‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 49 sur 180 · CHAPITRE QCATRiàMB. lC · texte numérisé non relu

CHAPITRE QCATRiàMB. lC

entendu sa voix , qu’elle a compris le sens de ses paroles , qu’elle en conserve certainement le souvenir. Il faudrait faire voir qu’une raison qui ne peut pas par elle-même être certaine que Dieu existe , peut être certaine qu’il a parlé. Elle a , dites-vous , entendu sa parole. Mais n’at-elle pas également vu ses oeuvres qui sont aussi un langage bien expressif : CœU enarrant gloriam Dei , et opéra manuum ejus annuntiat firmamentum ? Si vous la jugez incapable de comprendre le sens de ce langage muet mais éloquent , comment la croyez-vous ^pable de comprendre un autre langage qui certes n’est pas plus intelligible ?

L’Auteur suppose ( p, 64. ) que les Théologiens Catholiques établissent que le principe de foi pour les Chrétiens est P autorité de t Église. C’est une méprise qui ne peut que confirmer le Lecteur attentif dans la persuasion que M. G. ne connaît que très-imparfaitement l’enseignement des écoles. Les Théologiens ne peuvent pas établir que le principe de foi pour les Chrétiens est l’autorité de l’Église , car ce serait établir une absurdité. Les catéchismes établissent que l’autorité de l’Église est un article de foi contenu dans le Symbole. Credo sanctam Ecclesiam Catholicam. Or un article de foi ne saurait être le principe de foi , puisque , pour le croire , il faut déjà avoir la foi. Les Théologiens ne disent pas qu’il faut croire les vérités révélées parce

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que l’Église l’ordonne , mais ils disent qu’il faut croire l’autorité de l’Église parce que cette autorité est un des dogmes révélés. C’est donc la révélation ou la parole de Dieu manifestée par les miracles , contestante Deo signis et portenlis , et variis virtutibus , qui est le principe ou plutôt le motif de cette foi par laquelle nous croyons et l’Église et les autres articles du Symbole.

Dites , si vous voulez , avec Bossuet , que la croyance de l’Église est lo premier acte de foi que le Saint-Esprit mette dans le cœur d’un Chrétien , et que l’Église crue de foi divine nous conduit à la croyance des dogmes pris en détail , non comme motif ou comme principe de la certitude de notre croyance , mais comme un guide et une autorité que Dieu nous a donnés ; guide qui ne peut nous égarer et que nous sommes obligés de suivre , autorité à laquelle nous devons une entière obéissance , parce qu’elle est , comme je l’ai déjà dit , divine dans son origine et dans son exercice. Elle est la règle de notre foi , en ce sens , qu’il n’est jamais permis de rejeter ce qu’elle enseigne ou d’admettre ce qu’elle rejette , car son enseignement est infaillible. Mais ce serait donner à ce mot de règle de foi une extension qu’il n’a pas , que de soutenir qu’on ne peut pas avoir la connaissance certaine d’une vérité révélée , abstraction faite de l’autorité de l’Église. Au reste , quel que soit l’objet de notre foi , quel que soit le moyen par lequel

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