‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 50 sur 180 · CHAPITRE QUATRIÈME. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. l

nous parvenons à en avoir la connaissance certaine , le motif ou le principe de certitude de notre foi est toujours le même : nous croyons parce que Dieu l’a révélé. Ce point bien éclairci nous fournira bien des réponses aux raisonnemens de l’Auteur.

{p. 65.) « La plupart des objections relatives » au principe de foi , considéré, soit par rapport y» à tous les dogmes de la Religion dans tous les » temps , soit par rapport aux dogmes révélés par . J) Jèscs-Christ , viennent de ce qu’on dénature » l’état de cette question extrêmement simple.

» Il s’agit uniquement , dans l’un et l’autre cas ,

» de trouver ce témoignage infaillible qui trans- » met à chaque homme ou à chaque chrétien » le témoignage de Dieu , source primitive de » la foi. »

N est-ce point l’Auteur lui-même qui dénature la question et prend évidemment le change en confondant le principe de foi avec les preuves de la révélation ? Le principe de foi est un , et les preuves de la révélation peuvent être diverses et variées. La foi , considérée comme vertu , a pour principe immédiat Dieu seul qui la met dans notre ame ; la foi, considérée comme acte , a pour principe l’entendement de l’homme éclairé d’une lumière divine et sa volonté excitée et soutenue par la grâce de Dieu. La certitude de cet acte vient immédiatement de la parole de Dieu qui ne peut nous induire en erreur. La

l66 EXAMEN O’CN OUVRAGE , ETC.

certitude , soit physique , soit morale que nous avons de la révélation est bien un préliminaire nécessaire à l’acte de foi , mais elle n’en est ni le motif ni le principe. De quelque manière que nous parvenions à connaître certainement que tel point de doctrine a été révélé, nous pouvons et nous devons faire un acte de foi dont la certitude sera fondée , non sur la connaissance que nous avons de la révélation , mais sur la révélation elle-même. Les Théologiens Catholiques ne peuvent placer le principe de foi ni dans la rai- .son individuelle ni dans l’autorité même de l’Église , laquelle est nulle pour qui n’a pas la foi , et ils ne le placeront pas davantage dans la raison universelle qui n’est , après tout , qu’une autorité humaine. Quand même on accorderait que nous ne pouvons avoir de certitude rationnelle que par le moyen de cette raison universelle , ce qui , comme nous l’avons vu , contredirait la doctrine de saint Augustin et de saint Thomas , il serait encore impossible d’acconler que cette raison universelle puisse être le principe de foi ; car il est absurde de supposer qu’une certitude humaine , une autorité humaine , puisse être le principe d’une foi divine. L’Auteur suppose toujours qu’il faut placer le principe de foi dans la raison individuelle ou dans la raison universelle. Nous nions la disjonctive. Ignorerait-il donc que la certitude de la foi est uno certitude surnaturelle ?

Page 1