‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 67 sur 180 · CHAPITRE QCATRIÈHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE QCATRIÈHE

peuvent plus perdre la sainteté ; mais ils ne sont pas , à proprement parler , infaillibles , puisque cette impuissance n’est point un attribut de leur nature , mais un don gratuit de celui qui seul possède l’infaillibilité , comme il possède l’immortalité. Ce don leur étant assuré , et ne pouvant plus se perdre , leur état est un état de bonheur , et non un état méritoire , tel qu’était celui de l'homme innocent , et de l’ange aux premiers instans de son existence. Si l’homme déchu a souvent besoin , pour ne pas s’écarter de la vérité , ou même pour la connaître , de secours plus puissans que ceux qui étaient nécessaires dans l’origine , ce n’est point à raison de sa faillibilité , puisqu’il a toujours été faillible , mais à cause de la corruption de son cœur qui aifaibht sa raison , et ne l’empêche que trop souvent d’entendre la parole de vérité qu’il pourrait consulter dans son intérieur , si le tumulte des passions n’y mettait obstacle. L’erreur, comme les autres misères de l’homme , est une suite , non de sa nature , mais du péché qui a corrompu la nature. « (i) Falsitas orilur , non rebus ipsisf allen-

(i) a La fausseté ne Tient pas des choses eiles-mèmes qui nom a tromperaient , puisqu'elles ne montrent aux sens rien autre 9 chose que leur forme extérieure selon le degré de beauté 9 qu'elles ont reçu ; elle ne tient pas non plus des sens qui nous a induiraient en erreur t puisque affectés conformément à la ua« a turc du corps auquel Us appartiennent * ils ne rapportent à

2o8 examen d’un ouvrage , ETC.

» tihm , quœ nihü aliud ostendunt sentientiquàm » speciem suam , quant pro suce pulchritudinis » acceperunt gradu : neque ipsis sensibus fal- » ïentihus , qui pro natura sui corporis affecti , » non aliud quant suas ajfecüones preesidenti t> aninto nuntiant : sed peccata animas f allant , D cùm verum quœrant , relictâ et neglectâ veri- » tate. » ( S. Aug. de vera Religione , n. 67. ) Si donc l’horame pouvait s’abstenir du péché , il, pourrait également se préserver de l’erreur ; et de même que , malgré sa corruption , il peut avoir en bien des occasions l’assurance qu’il ne pèche pas , rien n’empêche qu’il ne puisse aussi être certain qu’il ne se trompe pas en beaucoup de ses jugemens.

La doctrine que l’Auteur appelle doctrine d'autorité étant si différente de la doctrine de la Théologie CathoUque , tous les raisonnemens qu’il appuie sur l’identité supposée de ces deux doctrines manquent absolument de base et sont de véritables sophismes. On vient de le voir , et je le démontrerai de plus en plus par quelques applications.

(P- 11 • ) ® L® principale objection des Carté- » siens contre la doctrine d’autorité n’est elle- » même qu’une objection contre toute espèce de » foi. Ils disent : L’homme ne peut connaître le » principe de certitude , ou l’autorité infaillible

» l'ame qac Icnrs propres alTections : cc sont les péchés qui trom- » peut les amca , quand elles cherchent le vrai hors de la Téiité U qu'elles abandonnent. »

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