‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 68 sur 180 · CHAPITRE QUATRIÈME. aOQ · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME. aOQ

« de la raison générale , que par sa raison indivi- » duelle ; donc , si celle-ci est faillible , point de » certitude possible. Les Protestans font la même B objection contre la doctrine Catholique. Ils di- » sent : Le Chrétien ne peut connaître le principe » de certitude par rapport aux dogmes Chrétiens , » ou l’autorité infaillible de l’Église , que par sa B raison individuelle : donc , si celle-ci est failli- » ble , point de certitude pour le Chrétien. » Cette objection contre la doctrine d'autorité est accablante et insoluble, puisque, selon le principe fondamental de cette doctrine , une raison faillible est une raison incapable par elle-même d’avoir aucune certitude , et par conséquent de savoir s’il existe une raison générale et quelle est son autorité. Vous lui dites qu’elle ne peut avoir de certitude que par la raison générale , et elle vous répond : Existet-il une raison générale ? Comment puis-je être assurée de son existence , savoir qu’elle est infaillible et que je suis obligée de m’y soumettre ? Vos réponses à ces questions ne peuvent s’adresser qu’à la raison particulière ; c’est elle qui vous interroge , c’est elle que vos raisonnemens doivent convaincre. Si donc , dans votre système , vous êtes forcé d’avouer qu’il vous est impossible de convaincre la raison particu- - lière , je ne crains pas d’avancer , non-seulement qu’elle ne sera pas obligée de croire , mais même que la foi , une foi prudente et certaine

aïO ZXAHEN d’un OUVRAGE , ETC.

lui serait impossible. Ma raison ne peut croire , d’une foi qui exclue toute crainte d’erreur , si elle ne sait , si elle ne voit qu’elle doit croire. Si cette proposition vous scandalise , souvenezvous qu’elle n’est pas de moi , mais de saint Thomas et de saint Augustin si souvent cités. La raison , dit le premier , ne croirait pas , si elle ne voyait quelle doit croire. Personne , dit le second , s’il ne comprenait quelque chose , ne pourrait croire en Dieu. Ces saints Docteurs connaissaient bien la doctrine Catholique , dont ils étaient de zélés défenseurs ; cette doctrine enseigne donc que quelque connaissance certaine préliminaire est nécessaire pour que l’on puisse croire en Dieu. La doctrine d’autorité , au contraire , enseigne que , sans la foi en la raison générale , on ne peut avoir aucune connaissance certaine , qu’il n’y a de certain que ce qui est de foi. Ce sont donc deux doctrines bien différentes , pour ne pas dire opposées. L’objection proposée peut donc conserver toute sa force contre la doctrine dite d’autorité , et n’en avoir aucune contre la doctrine Catholique.

En effet , si l’on met cette même objection dans la bouche d’un Protestant , d’un Déiste , d’un Sceptique , ou de qui que ce soit , contre la doctrine Catholique , la réponse est bien facile , puisque ;tout le raisonnement porte sur deux suppositions également fausses, i* Il est

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