‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 95 sur 180 · CHAPITRE CIlfQCliME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CIlfQCliME

il est indubitable que l’ordre général était encore beaucoup plus insufdsant pour les indivividus ; et c’était à l’ordre particulier , alors comme à présent^ qu’il appartenait d’y suppléer* Mais par quels moyens y suppléait-il ? C’est ce qu’il est inutile d’examiner ; car, comme le dit saint Augustin , si nous connaissons par l’histoire et par les prophéties l’ordre général et la conduite de Dieu à l’égard du genre humain , ce qui se passe entre Dieu et la créature individuelle n’est connu que de Dieu et de l’ame sur laquelle il agit. Cet ordre secret nous sera connu au jour des manifestations ; et il nous suffit, pour le présent, de savoir que cet ordre est essentiellement juste, et qu’aucun individu ne sera condamné ou puni pour avoir ignoré ce qu’il n’était pas en son pouvoir de connaître. C’est donc fort mal raisonner que de dire : Les hommes, pris individuellement, n’avaient d’autres moyens de connaître la Religion que l’instruction des pères , donc cette instruction n’a pas pu cesser. Les moyens qui nous sont connus sont les moyens généraux , qui constituent l’ordre public et commun : et à leur défaut, il y a pour les individus des moyens qui nous sont inconnus et dont ils ne sont jamais privés que par leur faute. Cela doit s’entendre dans les choses qui sont d’absolue nécessité.

Que le gouvernement du Japon , par exemple , ferme la porte aux prédicateurs de l’Évan-

a8o EXA.MEIf d’üW ouvrage , ETC.

gile et prive ainsi tous ses sujets de ce moyen général que Dieu a établi pour que les hommes parviennent à la foi , c’est sans doute un grand malheur; car le moyen commun est sans contredit le plus efficace pour les individus. Mais les individus qui ne sont point coupables de cet obstacle mis à la prédication de l’Évangile , seront-ils pour cela entièrement abandonnés et n’auront-ils aucun moyen de parvenir au salut? L’infinie miséricorde de Dieu ne nous permet pas de le penser. Le salut leur est devenu beaucoup plus difficile , mais pas impossible. Dieu a pour chaque individu un ordre de Providence dont il s’est réservé le secret. Les uns ont plus de secours et de grâces que les autres, car Dieu distribue ses dons comme il lui plaît ; mais personne n’est entièrement abandonné. Ce que je dis du Japon s’applique de soi-même à bien d’autres peuples et à la généralité des peuples avant Jésüs-CiiRisT. Ils s’étaient privés par leur faute du moyen général que Dieu leur avait donné de connaître la Religion , ils s’étaient soustraits à l’ordre établi de Dieu ; mais l’ordre particulier de la Providence n’a jamais cessé d’exister , parce que cet ordre est pour chaque individu, et qu’il dépend de chacun d’y être fidèle.

Je ne suivrai pas l’Auteur dans la description qu’il fait du Christianisme avant Jésus-Curist. Il voit les pères de famille , Égyptiens , Chaldéens, Grecs, Romains, Gaulois, etc. occupés

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