‹ Examen d'un ouvrage intituléChapitre 99 sur 180 · CHAPITRE SIXIÈME. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME. a

cipes , lui refuser rinfaillibilité , puisqu’ils en font un attribut de la raison humaine , qu’il devait posséder en entier et non seulement en partie comme les individus qui peuplèrent ensuite la terre. Les Théologiens Catholiques ne reconnaissent cette infaillibilité ni dans le premier homme seul , ni dans la multitude de ses desccndans , car ils pensent que l’infaillibilité proprement dite est un attribut incommunicable de la Divinité ; mais ils croient avec saint Thomas que l'innocence primitive de l’homme le garantissait de l’erreur comme du péché , de sorte que sa volonté seule pouvait l’entraîner dans l’erreur en le faisant d’abord tomber dans le péché. Mais le péché originel changea bien la condition de l’homme , sa raison s’affaiblit en proportion de la corruption de son cœur. 11 parait donc que l’on dut chercher la vérité là où l’on pouvait trouver la vertu. Or ce n’est pas sans doute dans la multitude qu’on peut espérer de trouver la rectitude de la volonté , d’où U suit que ce n’est point dans le grand nombre qu’il faut chercher la vérité ou la perfection de la raison. L’Esprit-Saint nous apprend à nous défier de la multitude corrompue. « (i) Non » sequeris turbam ad faciendum malum : nec in

(1} • Voiu ne saÎTrex pis la multitude pour faire le mal , et > dam le jugement tous n'acquieicercl point i l'arii du pins • grand nombre , pour tous détourner de la Térité. •

a88 EXÀMEir d’ün ouvrage , etc.

» judicio , plurimorum acquiesces sententiee , ut » a vero déviés. » (Exod. xxiii. a. ) « (i) Consia liarius sit tibi unus de mille. » ( Eccli. vi. ) « (i) StuUorum infinitus est numéros. » ( Ëccle. I. i5. )

Et c’est surtout lorsqu’il est question des vérités religieuses , de ces vérités qui imposent des devoirs à l’homme , qui l’obligent à maîtriser ses passions , que le jugement de la multitude doit nous être suspect ; car il est écrit : a (3) Animalis Homo non percipit ea quœ sunt » Spiritus Dei. » ( i. Cor. ii. i4- ) Dans les temps antérieurs au déluge , pour avoir des notions saines de la Divinité , je crois qu’il aurait fallu plutôt s’adresser à ceux que l’Ecriture appelle Enjans de Dieu , et qui étaient presque réduits à la seule famille de Noé , qu’à cette multitude insensée dont il est dit : « (4) Orn- » nis caro corruperat viàm suam. » (Gen. vi. la.) Et en tout temps , la méditation , la prière , la pureté de cœur furent plus efficaces pour connaître les vérités du salut , que le sentiment du plus grand nombre, o (5) Super omnes

(i) • Choisis!i«z-TOU!i un conseiller entre mille. •

(l) « Le nombre des insensés est infini. •

(3) « L'homme animal no comprend pas ce qui est de l'Esprit a de Dien. >

(4) • Toute chair avait corrompn sa voie. •

(5) • Mon intelligence a surpassé celle de tous ceux qni m'ina stmisaient , parce que j'ai médité votre loi ; elle a surpassé celle a des vieillards , parce que j'ai étudié vos commandemeus. a

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