‹ Examen de ce que renferme la bibliothèque du Musée Britannique, extrait de documents authentiques soumis au Parlement en 1846Chapitre 3 sur 20 · DES AUTEL US · texte numérisé non relu

DES AUTEL US

L acté 15 et 14 de Charles II, chapitre 33, paraît être la première loi qui imposa l’obligation aux éditeurs ou imprimeurs de donner des exemplaires de leurs publications. Le §17 porte : « Chaque imprimeur réservera <c trois exemplaires du plus beau et du plus te grand papier, de tout ouvrage qu’il impri- « mera ou réimprimera avec des additions, « et les portera, avant l’exposition en vente, « au chef de la corporation des libraires. Un « de ces exemplaires sera donné au conser- « vateur de la bibliothèque royale , et les « deux autres seront envoyés aux deux vice- « chanceliers des deux universités, pour l’u- « sage de la bibliothèque de ces établisse- « ments. »

L’acte 17 de Charles II, chapitre 4, ajouta à ce statut, que le chef de la corpor ation des libraires devait envoyer ces exemplaires aux bibliothèques susmentionnées, dix jours après les avoir reçus, et si l’imprimeur ne les livrait

point, ou que le chef de la corporation ne les envoyât point, endéans les dix jours, chacun d’eux était passible d’une amende de 5 livres sterling, outre la valeur des ouvrages. Cette disposition devait cesser d’avoir son effet en 1679; mais on en continua l’application jusqu’en 1694.

On découvrit vers cette époque que la propriété littéraire était fréquemment l’objet de pirateries de divers genres. On songea à remédier au mal, et la législature fut saisie de la question en 1705, 1706 et 1709. Enfin, l’acte 8 de la reine Anne, chapitre 19, section 5, déclara que « neuf exemplaires de « chaque ouvrage, imprimé ou publié après « le 10 avril 1710, seront envoyés au garde- « magasin de la corporation des libraires, « avant la mise en vente. Ces exemplaires « sont destinés à la bibliothèque royale, aux « bibliothèques des universités d’Oxford et « de Cambridge, à celles des quatre univer- « sités d’Ecosse, du collège de Sion, à « Londres, et de la faculté des avocats à « Edimbourg. Ces exemplaires respectifs doi- « vent être délivrés endéans les dix jours. » Après la réunion de l’Irlande, les ouvrages

des écrivains anglais ayant été jusqu’alors réimprimés dans ce pays avec impunité, on crut nécessaire d étendre la loi sur les droits d’auteur, à tout le Royaume-Uni, et le nombre d’exemplaires à déposer, fut porté a onze. Il en résulta un grand mécontentement, et cette taxe fut considérée comme exorbitante.

Un comité de la chambre des communes examina la question, et, le 29 juillet- 1814, on passa un acte qui ne modifia que bien légèrement la législation établie.

Enfin par l’acte 5 et 0 de Victoria, chapitre 45, chaque éditeur n’est plus tenu qu’a donner un seul exemplaire de chaque ouvrage, au Musée Britannique, dans l’espace d’un, de trois, ou de quatre mois, à partir du jour de la publication , selon que l’impression s est faite à Londres, ou dans le Royaume-Uni, ou dans les colonies. Néanmoins, il a toujours été fort difficile d’obtenir une entière exécution de ce statut.

Maintenant que nous avons donné une idée sommaire de la manière dont s’est formée et accrue la bibliothèque du Musée, il nous reste à jeter un coup d’œil sur son état actuel.

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I Bibles.

Ü a été dit ci-dessus qu’une collection de Bibles avait été léguée par M. Onslow, el qu’on en avait acheté une seconde, aux exécuteurs testamentaires de M. Combe.

La bibliothèque de George iïl ajouta à ce tonds, un nombre considérable d’éditions rares et précieuses, et récemment, d’importantes acquisitions ont encore été faites, entre autres Yeditio princeps du Penlateuque en hébreu , ainsi qu’un véritable exemplaire de l’édition in-folio de la Bible anglaise de 1539 (celle de Cramner), dont on ne possédait auparavant que le titre, le reste du volume, que l’on supposai! être la première édition de la

Bible de Cramner, ayant été composé avec des fragments de differentes éditions. On a aussi acheté quelques-uns des plus anciens specimens d’impression en caractères hébraïques, se composant de commentaires sur diverses parties de la Bible, de manière à compléter les livres hébreux donnés en cadeau par Da Costa. En ce qui concerne les livres de prières juifs, il n’y a que peu de temps que la bibliothèque possède la première édition de Machazor , et elle a aussi récemment acheté un exemplaire du Tahnucl de Jérusalem, afin de compléter les commentateurs. En livres hébreux modernes, les lacunes sont si considérables, que le Musée ne renferme probablement pas la vingtième partie des ouvrages mentionnés dans la collection d’Oppenheimer, qui se trouve aujourd’hui à la bibliothèque Bodleienne.

Quant aux bibles en général, rénumération suivante peut donner une idée de la composition de la bibliothèque du Musée, comparée à celle du duc de Susscx.

Des 64 bibles hébraïques mentionnées dans le catalogue de Son Altesse Royale, on eu trouve 20 ; des *27 bibles grecques, il y en

a 15; des 151 bibles latines, on n’en rencontre que 55; sur les 42 bibles allemandes, 7 seulement; sur les 67 bibles françaises, 11; sur 19 bibles italiennes, 8; sur 10 bibles espagnoles, 7; sur 158 bibles anglaises (du xyi6 siècle à 1760), 55; sur 55 bibles hollandaises ou flamandes, 5.

Un gentilhomme anglais s’amuse en ce moment à recueillir des bibles, évangiles, etc., en anglais, et, quoiqu’il n’y ait que peu de temps qu’il s’occupe de cette collection, elle renferme déjà 276 bibles, 155 nouveaux testaments, 258 traductions des Psaumes et autres parties de la Bible. Le Musée Britannique, malgré tous les avantages qu’il a sur un amateur, sous les rapports du temps et des ressources, ne possède que 142 bibles, 60 évangiles, 92 psaumes et 95 autres parties de la Bible.

Pour ce qui regarde la critique biblique, l’ancienne bibliothèque Harvard contenait 106 ouvrages, dont 67 seulement sont au Musée. La bibliothèque de M. Sylvestre de Sacy, à Paris, a fourni quelques additions précieuses à l’Herméneutique, et celle du duc de Sussex un grand nombre d’autres.

§ II. Litlrgi e.

Le Musée possède quelques-uns des ouvrages liturgiques anglais les plus rares; mais il est bien loin de pouvoir offrir tous les secours qu’un éditeur ou un historien a le droit d attendre d’une bibliothèque nationale.

Des 84 ouvrages en ce genre, cités dans le Manuel bibliographique de Lowndes, elle n’en avait que Depuis, on a acheté un grand nombre d’ouvrages sur la liturgie, les rituels, les cérémonies. Des liturgies catholiques romaines, dans les langues de l’Europe et de l’Orient, et plusieurs éditions sorties des presses du mont Liban, provenant des ventes de Garni et de Paris, sont encore venus enrichir la collection de Londres.

Les livres de prières, surtout ceux de l’É-

güse grecque moderne, sont nombreux, à cause des acquisitions faites à la vente de la bibliothèque Guilford. Il y en a peu en latin, appartenant au culte catholique romain.

En comparant les missels et leurs différentes éditions citées par Zaccaria ( Biblio theca Bitualis, liv. 1) avec ceux du Musée, on voit que cette partie est très-défectueuse en Angleterre; il lui manque presque tous les ouvrages de Catalani, et on n’y rencontre que 71 des 150 écrivains sur les Psaumes, dont Holland fait mention dans son Psalmists of Brïiain ,

^ II r . PÈRES DE l’Eglise, etc.

Quoique depuis peu, de nombreuses additions aient été faites aux éditions des Pères

de l’Église, dont les ouvrages ont été récemment fort recherchés, néanmoins il n’y en a an Musée que 18, sur lesoGou 08, postérieurs au vje siècle, et cités par Pcrmaneder ( Bihlio thccn Pair., §78).

Quant à la théologie scolastique, le catalogue de la bibliothèque du collège de Sion cite 45 ouvrages de cette classe, dont le Musée n’en possède que 20. Neuf des 25 qui manquent, sont cependant sortis de la plume d’écrivains anglais. La même lacune se fait remarquer relativement aux auteurs théologiques appartenant à des croyances diverses. Watt fait mention de 17 ouvrages de Théophile Lindsay; la bibliothèque du Musée n’en possède que 5. De plus, l’édition la plus corn-

plète des ouvrages de Bellarmin, imprimée à Cologne en 1617, manque égalemenl.

Récemment on a acheté un nombre considérable de productions des auteurs catholiques romains, sur la scolastique, les œuvres de Huss, la meilleure édition de celles de Luther, etc.

Néanmoins la bibliothèque Bodléïenue est bien plus riche que celle du Musée, sous ce rapport. Son catalogue, au mot Luther, présente 776 articles, et 56 au mot Swingle, tandis que celui de Londres n’en offre que 1 56, pour le premier de ces auteurs, et 4 pour le second.

§ IV Histoire üe l’Égüse.

Bien des lacunes sont encore à remplir dans cette partie. Un exemplaire complet de la seconde édition de Y Histoire du Concile de Ti ' ente , par Pallavieino, que l’auteur lui-même regarde comme considérablement améliorée, manque; on ne trouve pas même Y Abrégé, publié avec la permission de rauteur, ni les OEuv res complètes , avec les notes de Zaccaria, 5 vol. in-4\ Faenza, 1792. Le Musée ne possède que 5 des 25 ouvrages de Pallavieino, indiqués par Allô , comme ayant été publiés avant 1794. Il faut remarquer néanmoins que récemment un grand nombre d’acquisitions, tort utiles, relatives à l’histoire ecclésiastique du nord et de l’ouest de l’Europe, à l’histoire de l’Église en Espagne et en Portugal, etc., ont été faites. On a également acheté une continuation, par Cinque et Fahrini, de la Vie des Papes et des Cardinaux , par Chacon et Guarnacei.

ï URISPRUDENCE.

^ I . Mélanges.

Dernièrement on vendit à Erlangen la bE bliothèque d’Édouard Anselm. Elle contenait 2,645 lots d’ouvrages sur le droit, 69 étaienl des in-folio sur les lois romaines et l’histoire de la jurisprudence. Dix se trouvent au Musée.

Quant au droit anglais, il y est très-bien représenté, grâce au don de la bibliothèque du roi George, et à l’achat de la collection de Hargrave.

Toutefois, en certains parties, on peut voir, par le catalogue des livres de droit de la bibliothèque des avocats à Edimbourg, qu’il y a encore ici un grand nombre de desiderata.

5 II. D lî O I T CANON.

La Bibliotheca realis Juridica, de Martin Lipenius, t. Ier, p. 174, mentionne 127 ouvrages sur le droit canon; le Musée n’en a que 7. Comme l’ouvrage de Lipenius a été imprimé en 1757, il était nécessaire d’avoir recours à une autre source, comme point de comparaison, pour les publications plus récentes sur le droit canon. La bibliographie ajoutée aux Leur es sur la profession d’ avocat, de Camus, éditées par M. Dupin en 1852, était un excellent guide en cette circonstance. Cet éditeur dit qu’il ne cite que les ouvrages les plus remarquables. Toutefois le Musée en possède à peine quelques-uns.

Aujourd’hui on tache de compléter cette section, chaque fois que l’occasion s’en présente.

§ III. Droit romain, civil et public.

Quoique cette partie ne soit certes pas complète, elle laisse cependant moins à désirer que plusieurs autres, et, de jour en jour, on l’augmente d’ouvrages importants.

Il faudra encore des années, avant qu’on ait comblé les lacunes dans la jurisprudence moderne; car le Musée n’a rien, ou presque rien sur les lois et la jurisprudence des États Romains et Toscans, ni sur celle de la Grèce, de de la Saxe, de la Suède, du Danemark, de la Suisse, etc.

§ IV. Économie politique'

.L'acquisition de la bibliothèque de Mob enrichit le Musée de plusieurs écrivains de celte classe, surtout d’auteurs allemands. Definis peu d’années, on a aussi acheté les Economistes italiens , reunis et édités par le baron Custocli, en 50 volumes in-8°, la plus volumineuse collection qui existe sur cette matière. Quant aux économistes espagnols, la bibliothèque ne possède5 que 5 ou G des 20 ouvrages, au moins, publiés par Campomanes, et de ceux de Cabarrus, il lui en

manque encore 4 ou 5.

En comparant les catalogues du Musée avec la bibliographie que M. Blauqui a ajouté à son Histoire de l’économie Politique en Europe, et avec la liste d’ouvrages de ce genre, qu’on trouve à la fin de ï Histoire des richesses so-

ciales, par Skarbek, on remarque qu’un assez grand nombre d’auteurs manquent absolument.

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