‹ Examen de deux mémoires de M. Biot [microform]Chapitre 18 sur 18 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

En définitive, si l'on fait attention , d'une part, aux erreurs des dessinateurs anciens et modernes, et, de l'autre, aux concordances très-nombreuses entre le tableau égyptien et l'état du ciel aux latitudes, heures et jours correspondants, on conclura :

Que M. Biot a bien identifié Sothis avec Sirius , parce que cette constellation est représentée à la XII* heure de la nuit, c'est-à-dire à son lever héliaque, avec la désignation sur le bras droit; mais que , pour le reste , s'élant trop attaché aux levers héliaques des conslellalions écriles à la XII* heure , il n'a pas suivi l'astronome égyptien dans la description de ses observations successives et la désignation des régions où se trouvaient les astérismes; enfin, qu'en suivant les constellations d'heure en heure pendant les 22 nuits dont les observations sont écrites au calendrier de Ramsès, nous avons idenlifié d'une manière qui nous parait peu contestable, savoir:

Les étoiles de l'eau avec les Hyades.

Les étoiles nombreuses avec les Pléiades , ou bien avec une réunion des plus belles étoiles du ciel près du méridien.

Les deux étoiles avec les Gémeaux du zodiaque , ou bien avec la Chèvre et Aldébaran ; Mena , avec le Taureau du zodiaque, toujours au couchant.

Le Lion avec le Lion du zodiaque, toujours au levant.

L'Hippopotame avec la grande Ourse et la figure typhonienne, à mamelles pendantes , des zodiaques égyptiens. A cet égard , les égyptologues sont d'accord entre eux et en désaccord avec M. Biot qui confond l'Hippopotame avec le Scorpion.

Nacht avec le Serpentaire ; Esculape, son bâton et son serpent. Les plumes, sa coiffure avec la Couronne septentrionale.

voie avec le Cygne, Ari et Chou peut-être avec Cassiopée et Andromède.

Pour le moment, nous ne porterons pas plus loin nos identifications. Celles-ci suffisent pour établir contrairement à l'opinion de M. Biot, que les constellations désignées au calendrier de Ramsès ne sont pas étrangères à celles qui ont été acceptées par les Grecs avec le zodiaque égyptien , et que plusieurs d'entre elles sont trèsloin de l'équaleur et de l'écliptique. Sans doule aussi elles paraî- Iront plus significatives que celles de M. Biot.

Quel rapport trouver, en effet, entre les étoiles nombreuses el l'épi

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de la Vierge ; entre ï Hippopotame et le Scorpion ; le bâton ae Nacht et Pégase; le marchepied de Nacht et les Poissons? Et si Ton considère qu'au lever héliaque on ne peut voir bien distinctement que les étoiles de 1" grandeur, à moins d'admeltre un abaissement considérable du soleil au-dessous de l'horizon , on trouvera peu probables les identifications fondées sur les levers héliaques de deux étoiles de 2' grandeur du grand Chien pour l'astérisme des deux étoiles; de deux étoiles de A* grandeur de l'Hydre pour la tête du Lion; d'une petite étoile de la Vierge pour la queue du Lion; d'un groupe d'étoiles de 4« grandeur, dans la joue du Centaure, pour les serviteurs de Mena ; de deux étoiles de 4* grandeur; du Capricorne, pour les deux plumes de Nacht; d'étoiles de 3' grandeur, des Hyades. pour la tête de l'Oie; de quatre étoiles de 4« grandeur, de la peau d'Orion , pour le derrière de VOie ; enfin , d'une étoile d'Orion , de 3' grandeur, pour Y étoile de Sahou. Il ne faut pas oublier que toutes ces petites étoiles doivent avoir été vues, à l'œil nu, au moment de leur lever héliaque.

Nous finirons par une observation qu'on voudra bien apprécier. Nous ne sommes pas arrivé, par des considérations scientifiques, à une opinion différente de celle de M. Biot sur la manière de voir et d'interpréter le tableau énigmalique du tombeau de Ramsès. Notre explication, très-simple, remonte au moment où nous avons vu ce document , il y a plus de trois ans , entre les mains de M. de Rongé. L'hypothèse du célèbre académicien est fondée sur de savants calculs de levers héliaques d'étoiles, et surtout de Sirius. Nous dirons donc, avec M. de Saulcy (Athénœum du 22 juillet 1854): « Il faut lire en entier, et avec réflexion , les deux mémoires de M. Biot, pour comprendre combien de difficultés accessoires venaient compliquer ce travail , et aussi pour admirer avec quelle sûreté de méthode et quelle persévérance d'investigation le savant maître s'est acquitté victorieusement de la tâche qu'il s'était imposée. »

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