CONCLUSIONS
L'examen histologique de deux ovaires féminins prélevés tout à la fin de la grossesse chez une femme jeune, par hystérectomie, après opération césarienne, a donné les
résultats suivants
1° Existence de follicules primordiaux ou primaires jeunes, donc ovaire actif; mais absence de follicules cavi-
taires normaux en évolution.
2° Absence totale de corps jaunes, même de corps jaunes en dégénérescence. Seuls des corpora albicantia témoignent de l’existence de ces formations au moins plusieurs mois auparavant. Donc le corps jaune de grossesse n’est plus identifiable au neuvième-dixième mois, dans le cas de ces ovaires; il ne peut exister d’hormone progestative (pro-
gestine).
3° Existence de très nombreux follicules cavitaires moyens involutifs. Le nombre de ces follicules involutifs, tous du type atrétique, est très exagéré (quatre-vingt-un pour les deux ovaires en fin de grossesse), il est le quintuple ou le décuple du nombre habituel pour des ovaires pris en dehors de cette période. Tous ces follicules atrétiques sont pourvus d’une écorce de thèque interne abondante, quel que soit leur degré propre d’involution (début, avec disparition totale ou partielle de la granulosa, avec épaississement de la vitrée et déformation de la cavité,
avec début d’organisation de la cavité, avec aplatissement total et disparition de la cavité). Il en résulte que le contingent total de glande thécale de ces deux ovaires est très supérieur au contingent d’ovaires habituels.
Or on admet que la folliculine; ou hormone œæstrogène, a pour origine les cellules de la thèque interne des follicules, soit que cette glande thécale reste disséminée autour de chaque follicule, soit qu’elle soit confluente (glande interstitielle chez les Rongeurs et Chéiroptères). On est donc en présence, dans ce cas, d’ovaires qui paraissent hyperfonctionnels au point de vue de l’hormone œstrogène.
4 Les divers auteurs qui ont dosé systématiquement le taux de la folliculine sanguine et son élimination urinaire sont tous d'accord pour admettre qu’il existe, vers la fin de la grossesse, une très forte folliculinémie et une élimination urinaire considérablement accrue. On attribue même au placenta un rôle propre dans la production de la folliculine de la fin de la grossesse.
Les constatations histologiques rapportées plus haut sont de nature à expliquer cette hyperfolliculinémie et cette hyperfolliculinurie par l’hyperplasie du contingent de glande thécale constatée à ce moment dans les ovaires. Sans vouloir nier l’intervention possible du placenta, on peut dire qu'ici l’hyperplasie thécale donne l’explication, au moins pour une part importante, de l’hyperfolliculinémie et de l’accroissement de l’élimination de la folliculine en fin de grossesse.
Il ne s’agit dans ce travail que d’une observation, qui demande évidemment à être corroborée par d’autres observations analogues, mais telle qu’elle est, elle ouvre la voie à des recherches précises qui, chez la femme, ne peuvent être qu’occasionnelles,