‹ Examen de l'examen de M. Broussais, relativement à la phthisie et à l'affection typhoïde (volume 2)Chapitre 2 sur 25 · LONDRES, MÊME MAISON, 313, REGENT STREEÏ · texte numérisé non relu

LONDRES, MÊME MAISON, 313, REGENT STREEÏ

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J. JACR§0]\ (de Boston ) ,

MEMP.RF. DE LA SOCl^TlÉ MÉnlCALE D'OBSERVATION,

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l'eX4MEi\ de m. BROUSS4IS,

C'est avec un vérilabie sentiment de surprise que j'ai vu, en ouvrant le qualriènie volume de l'examen de M. Broussais, qu'il avait consacré cent trente-cinq pages à la critique de mes Recherches sur la phthisie et sur l'afFeclion typhoïde. Comment, en effet, critiquer si longuement des ouvrages qu'on estime si peu , qu'on croit si vides? Quelques lignes, quelques pages, tout au plus, devaient suffire pour eu faire justice.

A cette première surprise en a succédé une autre non moins grande. Malgré les antécédents de M. Broussais, je n'ai pu le voir sans étonnement donner à sa critique le caractère d'un pamphlet, descendre aux personnalités et aux injures les pi as grossières, comme si de semblables moyens pouvaient donner beaucoup d'autorité à ses paroles.

Toulefois mon premier desseio n'était pas, il s'en faiU de beaucoup , de répondre à sa critique ; et si je renonce aujourd'hui au silence , c'est dans la crainte que ses calomnies ne fassent un certain nombre de dupes; car les âmes honnêtes doivent se persuader difficilement qu'un homme de l'âge de M. Broussais , qui a joui d'une grande renommée, puisse chercher à avilir le caractère d'un médecin qui serait irréprochable ; et mon silence aurait pu être pris pour une adhésion. J'ai pensé encore qu'en appelant le mépris sur les personnes, on l'appelle aussi sur leurs ouvrages ; qu'il ne fallait pas laisser croire qu'un médecin pût consacrer une partie de son existence à l'oJîservation , sans résultat utile; car une semblable croyance serait encore un moyen de détourner de cette observation laquelle si peu de personnes s'appliquent d'une manière suivie; et ces nouvelles réflexions ne me permettant pas la moindre hésitation , j'ai relu M. Broussais avec attention, j'ai comparé ce qu'il m'a prêté avec ce que j'ai dit , j'ai examiné plusieurs des assertions qu'il a émises au sujet de sa critique , et ce sont les remarques auxquelles ont donné lieu cette comparaison et cet examen que je ■vais soumettre au lecteur.

Qu'il me soit permis néanmoins, avant tout, de dire comment j'ai été conduit aux Recherches que j'ai publiées : mon rôle en sera plus facile , puis-

DE l'examen de Ai. broussAis. 3

^ue, ayan t dorinéles moyens d'apprécier les injures de M. Broussais , je serai dispensé d'y revenir. Ce récit d'ailleurs ne sera pas long-.

Après avoir exercé la médecine à l'étranger, je suis revenu en France à l'âge de trente-trois ans : j'ignorais alors l'influence exercée par M. Broussais sur les études médicales , et je me mis à lire ceux de ses ouvrages que je ne connaissais pas. Dans la crainte de ne pas avoir bien saisi une doctrine qui ne me paraissait pas démontrée , j'assistai à ses leconS;, deux mois de suite^ sans voir mes doutes dissipés. Alors, et pour sortir du doute où les ouvrages de M. Broussais m'avaient jeté , je résolus de me livrer à l'observation , et pour atteindre plus sûrement le but que je me proposais , de m'y livrer sans partage. Je poursuivis mon travail pendant près de sept années; c'est-à-dire que, pendant cet espace de temps , je ne vis que les malades reçus dans les salles Saint-Jean et Saint- Joseph de l'hôpital de la Charité. C'est seulement après trois années d'observation que je publiai , par le conseil d'un ami , un premier mémoire qai a pour objet la perforation de l'intestin grêle ; car mon but avait été d'observer pour connaître, et non pour dire ce que j'aurais observé. Cependant ce mémoire fut suivi de plusieurs autres, et bientôt je publiai mes Recherches sur laphthisie, recherches qui n'ont, pour ainsi dire, rien de com-

muii avec celles de i'illuslre Laënnec , ce clonS M. Broussais aurait bien dû s'apercevoir. Puis ^ vinrent mes recherches sur l'affection typhoïde, que je fis paraître à la fin de 1828, après trois nouvelles années d^'observation.

Que le lecteur juge maintenant entre M. Broussais et moi j qu'il dise si le médecin qui a renoncé, pendant près de sept années, à l'exercice de lamédecine, pour se livrer à l'observation des faits; qu'il dise si ce médecin a pu avoir un instant l'idée d'inventer ; si ces sept années d'étude ne prouvent pas tout le contraire, si elles ne doivent pas le mettre pour toujours à l'abri d'un semblable soupçon, si même ce soupçon ne serait pas une absurdité. Que le lecteur dise si celui qui a publié des résultats opposés aux opinions d'un ami qui lui facilitait les moyens de se livrer à l'observation, n'a pas une complète indépendance de caractère ; s'il est permis de suspecter ses intentions , et de ll^iM supposer un autre but que la recherche dfe''î^vérité. Le lecteur pourra bien regretter que ce médecin ait mis un temps si considérable à produire si peu , mais assurément il ne soupçonnera pas sa probité, il n'imaginera pas qu'il ait pu recevoir une autre impulsion que celle de sa conscience.

Que le lecteur sache encore, car il faut qu'il le sache, que je n'ai vu que deux f os l'illustre

DE L EXAMEN DE M. KROlISSAtS. 0

Laënnec, pour quelques minutes chaque fois; que je n'ai jamais assisié à ses leçons ; que le seul médecin que j'aie entendu professer la pathologie interne est M. Broussais ; et qu'il s'explique pourquoi M. Broussais répète en vingt endroits , ou donne à entendre, que je suis l'élève et l'élève obséquieux de Laënnec , si ce n'est pour m'avilir aux yeux du lecteur et appuyer une critique dont il n'a pu se dissimuler l'impuissance. Comment qualifier une semblable manoeuvre , un procédé si coupable et si bas ? En consacrant à l'observation sept années de mon existence , dans l'âge de la force, qui est aussi celui de l'ambition, je n'ai imité personne ; par quelle inconcevable contradiction aurai-je pu, dans mes analyses, cesser mon rôle d'observateur , et me rapetisser au point ne de voir dans l'observation qu'un moyeis d'attaquer les opinions de M. Broussais (i)? En vérité j'avais un but un peu plus élevé , M. Broussais ne m'occupait guère ; et je m'inquiétais si peu des résultats auxquels l'observation me conduirait nn jour, qu'avant la publication de mon premier mémoire , je n'avais pas jeté les yeux sur les faits que j'avais recueillis ; sachant très bien

(i) Voyez au b.T^ de la page [\\% du quatriè:ne volume rie M. Br.îussais.

que quand je les étudierais méthodiquement, ces faits me conduiraient à des résultats vrais, la seule chose qui piit avoir de l'importance à mes jeux.

M. Broussais a débuté dans sa critique par l'examen de mes Recherches sur la phlhisie: c'est aussi par là que je commencerai , en prévenant le lecteur que je ne m'arrêterai pas aux railleries de mauvais goût auxquelles il revient assez souvent , faute de meilleures raisons sans doute.

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