Examen de la "Défense" de Dom Guéranger, et courte réfutation de sa lettre à Mgr l'archevêque de Reims ;
Si , avant de m’occuper de cet Examen , j’avais lu l’ouvrage éloquent de M. gr l’Evêque d’Orléans contre les Institutions liturgiques de l’Abbé de Solesmes, je me serais, à coup sûr, dispensé de mettre la main à l’œuvre. Ce n’est pas que ce Prélat réfute directement ce que l’Abbé de Solesmes allègue contre moi dans sa Défense; mais il relève si victorieusement ses erreurs, qu’il lui enlève toute l’autorité qu’il pouvait avoir comme écrivain. Or les attaques d’un auteur qui a perdu ainsi tout crédit , demeurent sans force; les traits qu’il lance ne peuvent blesser. Cependant, une fois l’ouvrage
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fait, j’ai cru que sa publication pouvait être encore utile.
J’allais le livrer à l’impression, quand j’ai reçu une nouvelle brochure sur la Liturgie.
L’auteur, dont je ne connais pas la personne, mais bien le talent et le zèle, s’exprime avec une grande réserve ; il paraît cependant favorable h Dom Guéranger, quoiqu’il ne le nomme pas. J’allais me permettre de lui faire quelques observations, quand j’ai pensé que je soulèverais peut-être une polémique nouvelle, qui pourrait avoir des résultats fâcheux. Pourquoi multiplier les controverses ; tandis que nous avons en tête, dans la secte soi-disant philosophique, un ennemi redoutable, que nous devons combattre de toutes nos forces et avec un accord parfait?
Il ne m’appartient pas de donner des avis à mes vénérables collègues; mais je peux, sans craintede lesoflenser, leur dire le mien; comme je désire à mon tour^connaître leur sentiment dans tout ce qui intéresse la Religion.
Nous avons, dans l’état actuel, deux princi-
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paux ennemis à combattre; 4.° l'incrédulité;
2.° l’amour des nouveautés et de l’indépendance, qui s’est propagé plus ou moins parmi le clergé de certains diocèses.
De ces deux ennemis , l’incrédulité est le plus redoutable; parce qu’il travaille depuis longtemps et constamment à saper les fondements de la foi : aussi est-ce contre lui que nous devons diriger tous nos efforts , instructions de vive voix et par écrit, avertissements, réclamations; observant les temps de parler et les temps de se taire , pour le plus grand bien de la cause sacrée que nous avons à défendre. C’est surtout a l’égard de l’incrédulité que nous devons remplir les fonctions de ces sentinelles placées sur les murs de la cité sainte, qui doivent veiller
nuit et jour, et signaler par leurs cris l’approche des dangers qui nous menacent. Or ne permettons pas que l’on trompe notre vigilance, en nous présentant à combattre des ennemis beaucoup moins à craindre.
Quant aux erreurs que l’amour des nouveautés et l’esprit d’indépendance peuvent enfanter
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de nos jours comme dans tous les temps , pourquoi, si elles offrent un certain danger, au lieu d’entrer dans des discussions inutiles, ne procéderions-nous pas contre les délinquants par la voie des censures ; après toutefois avoir employé les moyens de douceur, et donné les avertissements convenables?