‹ Examen de la doctrine de KantChapitre 23 sur 44 · DES IDÉES COSMOLOGIQUES · texte numérisé non relu

DES IDÉES COSMOLOGIQUES

» des deux parties , c'est de les convaincre que, si elles peuj) vent si bien se réfuter l'une et l'autre, c'est qu'elles se dis- B putent pour rien, et qu'une certaine apparence transcen- B dantale leur a représenté une réalité là où il n'y en a i aucune, s

Il est à remarquer que dans les lignes qui précèdent l'insolubilité des problèmes cosmologiques n'est attribuée ni au vice de la méthode suivie dans la discussion de ces problèmes, ni à notre impuissance intrinsèque d'en atteindre la solution ; c'est la réalité même de l'objet de nos recherches qui vient tout à coup à s'évanouir, et ceux qui se sont longtemps acharnés à produire dans cet important débat des affirmations opposées se trouvent avoir combattu pour une vaine chimère.

Cependant l'objet de ce débat n'avait point disparu, et il n'était aucunement chimérique.

Une véritable ^et sérieuse investigation philosophique eût dû tout d'abord bien déterminer la question proposée, puis reconnaître dans quelles limites elle pouvait être perçue par notre connaissance, et quel était le point où devait s'arrêter à cet égard notre recherche. Il y avait à montrer que notre intelligence pouvait concevoir pour la série des existences actuellement perceptibles à nos sens un commencement nécessaire, mais qu'elle était impuissante à établir un lien génésiaque quelconque entre les chose substantielles et leurs manifestations extérieures; que toute conception par laquelle on lente de déterminer le mode dont s'opère le développement d'un objet essentiel intelligible dans les conditions matérielles et visibles de son existence, excède la puissance de notre esprit, et que nous essayons vainement de pénétrer cette action mystérieuse par les combinaisons du rai-

iik EXAHEN DE LA DOCTRINE DE KAKT.

sonnement, ou par les efforts de l'imagination. Il fallait rappeler que tant le raisonnement que l'imagination ne pouvaient que rassembler, sous des formes diverses, les représentations des perceptions sensibles, incapables d'offrir l'eiplication d'une chose qui les dépasse infiniment ; que l'un en resserrant ces représentations sous une forme déductive, l'autre en les offrant à la pensée d'une manière brillante et colorée, nous égaraient également, sans nous Iburnir aucune lumière pour expliquer cet insoluble problème.

Ainsi le rôle de la Raison n'est point celui que Kant lui assigne ; il ne consiste pas à assumer indifféremment des propositions contraires, les unes exprimant des intuitions immatérielles, les autres signifiant des perceptions sensibles, et à s'efforcer d'obteair par une copule logique l'impossible liaison des deux ordres de notre connaissance. Ce rôle consiste à reconnaître exactement tes deux ordres de notre intuition, à y appliquer nos facultés mentales dans les limites qui leur appartiennent, sans détourner nos fonctions discursives de l'emploi qu'il leur est donné de remplir, ni permettre à notre imagination de substituer de vaines figurations à des concepts auxquels nous ne pouvons atteindre.

La tftche difficile que nous n'avons pas craint de nous imposer, nous oblige à suivre pas à pas les principales discussions développées par Kant dans l'exposition de sa doctrine, à les résumer avec exactitude, et à nous efforcer de montrer le vice de sa méthode et l'incompétence de ses principes. Or cette méthode et ces principes se retrouvent avec leurs conséquences nécessaires dans toutes les parties de son enseignement, et chaque discussion nouvelle ramène néces-

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sairement le rappel des points essentiels déjà combattus dans les discussions précédentes. On ne saurait donc échapper dans un semblable travail à de fastidieuses répétitions, qui seraient inadmissibles dans une lecture de pur agrément, mais qui méritent d'être indulgemment supportées dans un sujet aussi sévère que celui que nous avons entrepris de traiter. Nous hasardons cette observation avant de cornmencer l'exposition des Antinomies, où les mêmes principes et les mêmes procédés se reproduisent à plusieurs reprises dans des questions qui, sous des formes diverses, se rapportent toujours à un problème identique.

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