‹ Examen de la doctrine de KantChapitre 7 sur 44 · DES CATEGORIES DE L' ENTENDEMENT · texte numérisé non relu

DES CATEGORIES DE L' ENTENDEMENT

systèmes qui viennent encore aujourd'hui reproduire après vingt-trois siècles les sophismes de Protagoras, si admirablement réfutés par le divin Platon, lesquels identiflent l'essence immortelle et les existences périssables, le sum et le /îo, la réalité objective et les divagations d'une dialectique effrénée.

Locke, qu'embarrassait si fort la notion de substance. Hume, qui se refusait à reconnaître dans les phénomènes une subordination nécessaire, et partant toute liaison d'effets et de causes, eussent tous deux accepté sans peine ta classification de Kant, laquelle n'accorde aux notions de substance et de causalité qu'une valeur conceptive, car ces deux philosophes, tout en contestant la réalité objective de ces principes, n'en ont pas nié la présence dans la pensée humaine.

L'observation de nos concepts et des caractères qui les distinguent nous montre que nos fonctions mentales et les conditions de leur exercice se produisent d'une manière trèsdifférente, selon qu'elles agissent sur des concepts qui se rapportent aux objets de notre intuition matérielle, ou sur ceux qui nous représentent les objets de notre intuition spirituelle. Or, la systématisation des catégories est artificielle et arbitraire quand elle ne correspond pas à la variété de l'exercice de nos fonctions mentales, et qu'elle ne nous en offre pas la représentation. C'est donc à l'un et à l'autre de ces ordres d'intuition, aux formes qui coordonnent notre intuition sensible, et aux principes supérieurs que nous révèle l'intuition intelligible, qu'il Faut rapporter nos catégories pour obtenir leur classification rationnelle.

Kant' a procédé d'une tout autre façon. Nous montrerons par quelques exemples qu'une classification fondée sur ces principes offrirait de réels avantages.

Kant a rangé dans la classe de Modalité les catégories aMrmatives ou négatives de possibilitéy A'eœistence et de nécessité. Cette classe offre l'expression des fonctions les plus élevées de notre intelligence, celles qui déterminent à la fois et les conditions les plus générales de notre pensée et le champ o[i s'étend notre connaissance. Les catégories comprises dans cette classe, ainsi que celles de Causalité et de Réalité, doivent être rapportées, avec les modifications qui y correspondent, à notre intuition intelligible. Leur action ordonnatrice se présente à notre esprit avec un caractère absolu d'autorité, de nécessité et d'universalité, et leur ensemble nous offre la base sur laquelle repose le système entier de notre connaissance. Aucune donnée des phénomènes sensibles, aucune conception logique de notre enten-' dément, ne saurait se présenter à notre esprit avec te caractère de nécessité apodictique et de vérité objective qui est inhérent à ces notions fondamentales. Ces notions se rapportent donc à cet Ordre intelligible, où tout est stable et nécessaire, et d'otH nous viennent les connaissances qui constituent la vie spéciale de l'homme, son existence rationnelle, morale et sociale.

La classe de quantité pourrait se rapporter à la forme de l'espace, comme ayant pour objet l'agrégation, la supputation et la division de ce qui est mesurable et étendu.

Celle de qualité se référerait à la forme du temps, car la perception des qualités phénoménales modifie notre sensibilité d'une manière successive et dans un temps quelconque. Celle de relation ne peut se concevoir sans la forme de

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mouvement, car toute relation implique un mouvement quelconque, et suppose une force impulsive qui la détermine. L'idée de relation exprime une liaison entre des objets divers, et en conséquence une action et une passion réciproquement exercée et subie par ces objets, d'où la nécessité d'un mouvement qui les rapproche ou les écarte, et qui serve de véhicule à leurs modifications mutuelles.

On pourrait donc aisément taire correspondre nos catégories aux diverses fonctions de notre entendement, lesquelles s'offrent à notre observation dans la diversité des caractères des concepts qui en émanent. La classification de nos concepts s'opérerait ainsi, en distinguant, d'une part, ceux qui expriment des principes supérieurs (bases de notre connaissance), perçus par notre intuition, intelligible, et, d'autre part, ceux ■ qui se rapportent à chacune des formes (espace, temps, mouvement) de notre intuition sensible. Une semblable distribution nous paraîtrait de tout point préférable à la classification arbitraire et tout extérîeui'e établie par Kant, et qui a été tant applaudie malgré son inexactitude.

Dans la discussion à laquelle nous nous sommes livré au sujet des formes de l'intuition et des catégories de l'entendement, nous avons montré que la doctrine de Kant présentait une grave lacune par sa négation constante de l'intuition intelligible. En n'accordant à l'homme qu'une source unique de perceptions directes, celle de l'intuition sensible, en lui refusant toute intuition supérieure à la sensibilité, il enlevait en même temps à l'entendement la possibilité d'établir la correspondance de ses représentations avec des objets exté-

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rieurs, laquelle ne peut être donnée que par un concept dépassant la sensibilité. Kant a ainsi conÛné notre pensée dans ses évolutions solitaires, sans lui laisser un terrain solide où poser les bases de sa connaissance.

L'austère et profond génie de notre philosophe ne l'avait donc pas isolé des influences de son siècle, et malgré ses tendances personnelles, qui se sont assez manifestées par l'élévation de ses aspirations morales, l'habitude générale des esprits à la Un du xvni° siècle se montre clairement dans la Critique de la Raison pure, et s'y traduit par une vive répugnance (au point de vue spéculatif) pour les choses spirituelles et divines. 11 ne faut donc pas s'étonner de voir cet éminent esprit s'obstiner à réduire notre puissance intuitive aux seules perceptions matérielles.

Cependant la philosophie de Kant a été généralement con- ■ sidérée comme répugnant aux principes du matérialisme, mais cette opinion ne tient nullement au fond même de sa doctrine ; elle a été produite uniquement par la méthode suivie par notre philosophe, par le vaste appareil logique dont il a enveloppé sa pensée, et par l'abstruse argumentation dialectique qu'il a constamment employée. Tout cet ensemble austère contrastait fortement avec les formes habituelles de l'exposition du matérialisme, et frappé du caractère extérieur de son enseignement, on n'a pas reconnu que le rôle exclusif assigné par lui à l'intuition sensible le rapprochait singulièrement des écoles sensualistes qui font dériver notre connaissance de la perception matérielle et de ses transformations successives.

Nous avons montré que Kant avait conçu les catégories et leur classiQcation d'une manière conceptive et logique, et comme des combiliaisons ordiliatrices faites par une pensée

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arbitraire. Ainsi ies catégories, telles que Kant les comprend, n'ont même [«s une valeur subjective résultant de leur correspondance avec les fonctions de notre entendement et les conditions nécessaires de leur exercice ; à un tel point de vue, si ces concepts régulateurs de notre connaissance ne nous conduisaient pas à saisir la réalité objective des choses, ils exprimeraient, au moins, ta façon particulière dont nous nous en représentons l'existence. Il lui eât fallu pour cela, comme nous l'avons remarqué, fonder la classification sur une exacte observation de nos concepts, et déterminer par elle les conditions de l'exercice de nos fonctions mentales, tandis qu'il s'est fondé dans cet important travail sur une conception arbitraire de son esprit, et sur les déductions logiques qui en résultaient. Mais Kant eût établi sur une base inébranlable le système de notre connaissance, si après avoir rapporté nos catégories aux fonctions réeUes de notre entendement, il eût rattaché ces fonctions elles-mêmes h un principe originel et causal.

Kant n'a pas appliqué aux seules catégories cette méthode toute conceptive et discursive. Quand il étend son argumentation et qu'il en développe toute la portée, il vient à considérer l'entendement lui-même comme une pure synthèse agrégative, expression logique de l'ensemble de nos facultés mentales, et non pas comme une chose vivante et réelle, puisant et transmettant tour à tour les éléments de la vie universelle. Il a représenté cette vivante réalité par une notion nominale qu'il considère en elle-même et indépendamment de toute attribution ; les catégories de notre entendement sont également pour notre philosophe de vides abstractions; c'est son esprit qui a déterminé les concepts qu'elles doivent contenir, et les modiQsations qu'elles ont h

leur imposer, et ce contenu et ces modifications sont fixés d'une manière absolue, sans aucune communication réciproque, et avec la précision rigoureuse inhérente à toute abstraction.

Mais en dépit de cette conception purement agrégative et synthétique, cet entendement dont les manifestations ne pouvaient manquer de se présenter à lui comme quelque chose d'un et de réel, a été souvent considéré par lui comme une faculté active qui, fermée à toute intuition extérieure et directe, pense et ne perçoit point; et c'est, suivant lui, par une force intrinsèque et spontanée que l'entendement élabore et transforme les éléments que lui fournit la seule intuition sensible. Mais commentcet entendement peut-il trouver eu lui-même, et par sa propre énerç;ie, ces principes qui rendent fixes et intelligibles les fiottantes perceptions de la sensibilité? Lui reconnaître une semblable puissance n'est-ce pas comme si, en voyant fonctionner une machine, on attribuait à ses rouages le principe de sa motion, et qu'on oubliât la force extérieure par laquelle elle agit et se meut?

Nous ne sommes qu'au début de Tldéologie de Kant, et déjà nous pouvons nous convaincre que bien loin de suppléer aux lacunes des doctrines de Locke, de Hume et de Condiliac, notre philosophe a ouvert une voie plus large aux invasions de l'idéalisme et du scepticisme. C'est à lui qu'il faut faire remonter, comme à sa source originelle, ce subjectivisme qui confond tous les rapports, exagère outre mesure ou annule sans réserve la portée de l'intelligence humaine, et qui ne se renfermant plus désormais dans le terrain supérieur des discussions abstraites, se produit dans les œuvres purement littéraires, oii nous rencontrons trop sou-

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vent le i^ntimentalisme dissolvant et doucereux, écœurante exoression de cette inconsistante doctrine.

Nous résumerons en quatre points distincts les divers problèmes que Kant s'est efforcé de résoudre pour déterminer le champ de notre connaissance, et légitimer l'exercice de nos facultés mentales. La discussion de ces graves questions se présente d'une manière fort confuse dans la Cntique de la Raison pure^ et ce n'est qu'à grand'peine qu'on parvient à la suivre au milieu d'une argumentation compliquée, qui est incompatible avec une exposition méthodique et rationnelle.

Il s'agissait de montrer :

1° Comment se produit l'unité représentative des perceptions sensibles.

2° Gomment ces représentations viennent à se transformer en concepts.

3° Comment ces concepts sont assumés par la conscience.

h* Comment notre conscience imprime à ces concepts un caractère objectif et réel.

Nous essayerons de reproduire fidèlement la substance de l'argumentation de notre philosophe, tout en la dégageant des considérations étrangères qui en embarrassent le rigoureux développement.

I. C'est par une opération synthétique que nous réunissons en une unité la diversité de nos représentations phénoménales. Kant attribue à l'imagination la construction de toute synthèse, (t) « La synthèse en général (dit-i! dans sa

(1) Nou«aoii8 servons de l'excellenle tradactiondeH.MeiBarni.

Criliqite de la Raison pure, au § 10, section lU de l'Analytique transcendantale) est mt simple effet de V imagination, c'est-à-dire d'une faculté de Pâme, aveugle mais indispensable, sans laquelle nous n'aurions aucune espèce de connaissance, mais dont nous n'avons conscience que très-rarement. »

Voilà donc un nouvel automate agissant par une vertu intrinsèque, et qui produit l'unité, non-seulement de nos perceptions sensibles, mais de tous les actes de notre entendement, les plus communs comme les plus élevés. Et c'est à une faculté qu'il appelle aveugle, et dont nous n'avons conscience que très-rarement, qu'il attribue la puissance unitîve, à savoir l'élément fondamental de notre connaissance! Mais l'action de l'imagination ne consiste-t-elle pas à nous représenter d'une manière successive nos perceptions les plus saillantes? Et comment ces représentations diverses et mobiles pourraient-elles donner une unité synthétique qui les dépasse et leur est contradictoire?

Cette action unificative n'est donc pas exercée par une faculté aveugle; elle procède de l'entendement, et accompagne l'exercice de toutes ses fonctions. Or, l'entendement et ses fonctions proviennent eux-mêmes d'un principe supérieur, efficient et originel. L'idée à'unité qui correspond à cette fonction unitive de notre entendement, et qui constitue l'une des bases essentielles de notre connaissance, surpasse toutes les données des perceptions sensibles, et c'est elle qui imprime à ces perceptions et à leurs représentations le caractère de concepts compréhensibles pouvant être saisis par notre pensée. Ainsi dans l'acte primitif de notre intelligence, dans la transformation des perceptions en représentations et

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en concepts, nous retrouvons cette idée supérieure d'Unité, expression d'une intuition intelligible, sans laquelle les phénomènes matériels alTecteraient notre sensibilité, mais ne pourraient parvenir à notre connaissance.

Il répugnait au système de Kant de reconnaître l'intuition intelligible, et dès lors il n'a pas hésité à attribuer l'action unitive, élément de toute combinaison synthétique, à une faculté secondaire, considérée par lui comme opérant d'une manière aveugle.

II. — Nous avons vu que Kant avait attribué à Tlmagination, de la manière la plus générale, toute union synthétique quelconque, mais quelques lignes plus bas, et par une flagrante contradiction, nous le voyons attribuer à l'entendement cette action unitive, quand il s'agit de montrer comment nos représentations figuratives se transforment en concepts au moyen des catégories. Nous le verrons bientôt essayer, dans son exposition du schématisme, d'établir une liaison entre ces représentations et les concepts qui leur correspondent.

Nous retrouvons encore dans cette transformation de nos représentations en concepts cette idée supersensible d'Unité, à laquelle Kant tente en vain d'échapper par tous les eSbrts de la dialectique, et qui se retrouve dans toutes les opérations de notre entendement. On voit ainsi que dans la Critique de la Saison pure nos fonctions mentales n'ont point été l'objet d'une analyse psychologique fondée sur leur observation directe, et qu'on n'y trouve à cet égard que des discussions dialectiques procédant de principes arbitrairement posés, et aboutissant à des conséquences qui contredisent les plus évidentes vérités.

III. — Dans cette discussion Kant renonce à attribuer à rimagination le pouvoir exclusif de produire l'unification synthétique, et il la défère h l'entendement (Anal, transcend., section II, § 16).

La manière dont Kant cherche à établir l'assomption par la conscience des concepts de l'entendement, est tout à fait inattendue, car elle est absolument opposée aux principes de sa doctrine.

Citons ce curieux passage {iàid., § 16).

n hejepense doit pouvoir accompagner toutes mes repré- » sentations, car autrement il y auraiten moi quelque chose » de représenté qui ne pourrait pas être pensé, ce qui revient » à dire que la représentation serait impossible, ou qu'elle ne » serait rien pour moi. La représentation, qui peut être » donnée antérieurement à toute pensée, s'appelle intuition. n Toute diversité de l'intuition a donc un rapport nécessaire n à\ije pense dans le même sujet où elle se rencontre. Mais > celte REPRÉSENTATION je peiise est un acte de la spontanéité, » c'est-à-dire qu'on ne saurait la regarder comme dépendant » de la sensibilité. Je la nomme aperception pure pour la B distinguer de Vaperception empirique, ou encore apercep- » tion originaire, a

Ce passage est important, et mérite qu'on s'y arrête.

Remarquons d'abord cette proposition, /c;)erts«, qui vient s'introduire tout à coup dans la dlscussio!] sans que rien la prépare, sans qu'elle se lie à aucun terme de l'argumentation, à la façon de ce Dieu dont la présence vient défaire inopinément le nœud d'une composition dramatique.

Cette apparition inattendue d'un moi substantiel dans une doctrine qui n'admet aucune réalité en dehorsde l'intuition

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seiigilile, nous offre la plus grave des contradictions dans l'exposition delà doctrine de notre philosophe, où elles abondent d'ailleurs, et où les mêmes dénominations prennent tour à tour les -significations les plus diverses. Voilà donc Kant invoquant la célèbre proposition cartésienne (qu'il combattra plus tard à outrance), et ne se bornant pas à énoncerun moi substantiel, mais y joignant, comme son illustre devancier, son inséparable attribut, l'esercice de la pensée. Que deterraes divers, dans les quelques lignes qui précèdent, pour exprimer cette proposition ! C'est d'abord une intuition, puis une représentation, puis encore m» acte de la spontanéité^ une aperception pure, et enfin une aperception originaire. Remarquons que la proposition je pense énonce un acte du moi substantiel, l'exercice de la pensée, et que l'expression de cet acte par la forme verbale je pense contient deux notions distinctes : l'affirmation d'un sujet, du moi, puis l'attribution à ce sujet d'un prédicat considéré comme en étant l'inséparable attribut. Or, comment une proposition complexe résultant d'un jugement, pouvait-elle être appelée intuition, ou représentation, termes qui se rapportent à un acte simple de notre puissance intuitive? Insistons aussi sur te rôle assigné par Kant à la spontanéité (faculté qui n'apparatt qu'à cette occasion, pour ne plus se laisser voir dans les développements ultérieurs de sa doctrine), à laquelle il attribue la perception directe d'une intuition, représentation, ou aperception, qui ne dérive aucunement de la sensibilité, qui finit par être appelée par Kant apercep~ tion pure pour la distinguer nettement de Vaperception empirique.

Ainsi pour rattacher à notre conscience les actes de notre entendement, Kant a été forcé d'admettre une intuition autre

nu EXAMEN DE LA DOCTRINE DB KAHT.

que l'intuition sensible, à savoir une véritable intuition intelligible, et c'est d'elle qu'il fait dériver la notion d'une substance personnelle, notion qui dépasse inûniment la sensibilité. Voilà donc explicitement reconnue cette intuition spirituelle si obstinément repoussée ; mais l'embarras de notre philosophe, en face d'une si flagrante contradiction, se trahit dans le langage si peu précis dont il s'est servi à cette occasion, dans cette dénomination si vague de spontanéité qu'il oppose à la sensibilité, et dans la confusion des termes multiples employés par lui pour exprimer cet acte intuitif qui diffère essentiellement de l'intuition matérielle.

Mais cette reconnaissance d'une intuition supérieure, arrachée à Kant par l'impossibilité de parvenir autrement à établir ce fait, pourtant si évident, de l'assomption de nos pensées par la conscience, cette reconnaissance, disons-nous, est dans sa doctrine un incident isolé qui ne se rattache en aucune façon à l'ensemble de son système. Nous verrons bientôt notre philosophe rejetant de nouveau l'intuition supérieure, employer toutes les ressources de la dialectique pour repousser les principes substantiels sous quelque forme qu'ils se produisent, et pour nier jusqu'à cette Personnalité humaine qu'il vient de s'efforcer d'établir. Nous ne le rencontrerons plus désormais dans cette voie où il s'est avancé d'un pas incertain, et qui, s'il l'eût poursuivie, l'eût conduit à établir sa doctrine sur des bases plus solides.

IV. — Pour donner une réalité objective aux concepts d'un entendement qu'il a représenté comme fonctionnant par lui-même, et s'exerçant sur une matière fournie par

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