‹ Examen de la phrénologie (volume 2)Chapitre 8 sur 8 · PHYSIOLOGIE DE BROUSSAIS · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE DE BROUSSAIS

Toute la physiologie de Broussais repose sur Y irritation, « C'est l’irritation qui fait, « dit-il, la base de la doctrine physiologi- « que (I). » Mais, qu’est-ce que ['irritation ?

Broussais répond : « L’exagération de la contractilité (2). » Mais, alors, qu’est-ce que la contractai te ?

(1) De l' Irritation et de la Folie, p, 4.

(2) « L’exagération des phénomènes de contractilité est ce qui constitue l’irritation. » Ibid, p. 77.

Dans Haller, le mot irritabilité (c'est ainsi qu’il nomme la contractilité) a un sens précis. L’ irritabilité est la propriété qu’a la libre musculaire de se raccourcir ou de se contracter, quand on la touche.

Haller a démontré, et céest là sa gloire, que le muscle seul se meut , quand on le touche. Que fait cela à Broussais? Il revient à 1 irritabilité vague de Glisson et de Gorter : comme eux, il la met partout ; et, la mettant partout, il explique tout par elle.

U irritation de Broussais n’est que {irritabilité de Haller, exagérée et défigurée.

Broussais avait un génie trop impatient pour remonter jusqu à l’idée , trop passionné pour ne pas s’en tenir au mot , et, par cela meme, né pour réussir dans l’Ecole où le mot est tout.

Mais, voilà la grande différence. Gall et Broussais travaillaient pour l’École : Descartes travaillait pour l’esprit humain,

Je reviens à Gall.

Ceux qui voudront connaître la doctrine de Gall, remonteront toujours à Gall. Spurzheim altère déjà l’esprit de cette doctrine, et Gall s’en plaint. « M. Spurzheim, dit-il, « connaît mieux mes découvertes qu’aucun « savant* mais il s’efforce d’y introduire un « esprit tout contraire à celui dans lequel

« elles ont été commencées, continuées et

« perfectionnées (I). »

Gall était d’ailleurs un grand anatomiste. L’idée qu’il a eue de suivre les fibres du cerveau est, pour l’anatomie de cet organe, ridée fondamentale. L’idée n’est pas de lui : deux anatomistes français, Vieussens et Pourfour du Petit, l avaient, longtemps avant lui, admirablement comprise; mais, à l’époque où il parut, elle était oubliée; on ne disséquait plus le cerveau , on le coupait par tranches.

Ce fut un grand mérite à Gall de rappeler la vraie méthode de disséquer le cerveau, et une adresse plus grande encore de rattacher à ses travaux d’anatomie positive sa doctrine des facultés indépendantes et des cerveaux mul -

Cette étrange doctrine a fait une fortune

(1) Anatomie et phjÿiolojie du sij-sicme nerveux , etc., t. 111, p. xv.

encore plus étrange. Gall et Spurzlieim ont oublié de placer la curiosité parmi leurs facultés primitives. Ils ont eu tort. Sans la curiosité crédule des hommes comment auraient-ils expliqué la fortunede leur doctrine?

Heureusement, un système ne vit jamais que ce que vit un système. Celui du moment est bientôt abandonné pour un autre, et presque toujours pour un tout contraire. Les systèmes se multiplient et passent; et ce sont les systèmes qui nous sauvent du mal que nous feraient les systèmes.

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