‹ Examen de la phrénologie (volume 2)Chapitre 7 sur 8 · PSYCHOLOGIE DE BROUSSAIS · texte numérisé non relu

PSYCHOLOGIE DE BROUSSAIS

Au fond , Broussais s’occupe bien plus de ce qu’il pense que de ce qu’a pensé GalL Et ce qu’il pense, le voici : « L’intelligence « et ses différentes manifestations sont, « dit-il , des phénomènes de l’action ner- « veuse (]). » — « Les facultés, dit* il en-

I) Cours de phrénologie , p. 717.

« eore, sont des actions d’organes molé- « riels , etc. (\ ). »

Toute îa psychologie de Broussais est dans

Il y a donc l'organe et le phénomène produit par l’organe. Pour parler plus clairement, il y a l’organe et l’action de l’organe. Pour parler comme Cabanis, il y a l’organe et la sécrétion de l’organe, ou la pensée (2). Et voilà tout.

(1) Cours de phrénologie, p. 77. Il dit enfin : « Leur èlre cen- « Irai intra-crânieh, auquel ils accordent toutes les facultés d’un « homme, n’estsaisi paraucun de nos sens;... cen’est donequ’une « pure hypothèse. » {Ibid., p. 163.) Ainsi, point d’esprit (ce n’est qu’une pare hypothèse) ; point de facultés que celles des organes (les facultés sont des actions d'organes matériels ) ; point d’ intelligence qu’à titre de simple phénomène de l'action nerveuse (l’intelligence et ses différentes manifestations sont des phénomènes de l'action nerveuse). Par conséquent, point de psychologie ; rien que de la physiologie ; et même (car il faut bien s’entendre) rien que la physiologie de Broussais.

(2) « Pour se faire une idée juste des opérations dont résulte o la pensée, il faut considérer le cerveau comme un organe « particulier destiné spécialement à la produire, de même que « l’estomac, à opérer la digestion, le foie à filtrer la hile, etc. » Cabanis, Rapports du physique et du moral de l’homme, l Ie Mémoire, § vu.

L'intelligence n’est donc qu’un phénomène, qu’un produit , qu’un acte. Mais, s’il en est ainsi , comment peut-il y avoir continuité du moi ? Or , le sens intime, qui me donne V unité du moi me donne non moins sûrement la continuité du moi. « Je trouve en nous une « mémoire intellectuelle , dit admirablement « Descaries (î). »

Le sens intime me dit que je suis un, et Gall veut que je sois multiple ; le sens intime

(1) D’où il conclut, plus admirablement encore, l’immortalité de l’âme. « Je ne puis concevoir, dit-il, autre chose de « ceux qui meurent, sinon qu’ils passent dans une vie plus « douce et plus tranquille que la nôtre, même avec la souve- « nance du passé; car je trouve en nous une mémoire intellec- « tuelle.... Et, quoique la religion nous enseigne beaucoup « de choses sur ce sujet, j’avoue néanmoins une infirmité qui « m’est, ce me semble, commune avec la plupart des hommes, « à savoir que, quoique nous voulions croire et même que « nous pensions croire très fermement tout ce qui nous est « enseigné par la religion, nous n’avons pas néanmoins cou- « tume d’être si touchés des choses que la seule foi nous en- « seigne, et où notre raison ne peut atteindre, que de celles « qui nous sont avec cela persuadées par des raisons naturelles fort évidentes. » T. VIII, p. 63i.

me dit que je suis libre , et Gall veut qu’il n’y ait point de liberté morale ; le sens intime me donne la continuité de mon intelligence , et Cabanis et Broussais veulent que mon intelligence ne soit qu’un acte.

Il faut laisser dire les philosophes.

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