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a toutes ces facultés ne sont que des modifications c< d'une seule et même faculté, qui nous empêchera « d'avancer la même chose des facultés que nous a admettons '?»
Rien ne vous en empêche, sans doute; ou plutôt tout vous y contraint. Il y a donc une faculté une dont toutes les autres facultés ne sont que des modes. Vous revenez donc à la philosophie ordinaire, et par conséquent vous n'avez plus de philosophie propre.
Le problème que s'est proposé Gall est tout à la fois physiologique, psychologique et anatomique.
On a vu, dans un premier article, la physiologie de Gall, et l'on a vu qu'elle est formellement démentie par l'expérience directe ; on vient de voir, dans celui-ci, sa psychologie, et l'on voit qu'elle est démentie par le sens intime. Il ne reste donc plus qu'à examiner son anatomie.
1 T. II, p. 287.
L'anatomie de Gall est, de sa doctrine, la partie dont on a le plus parlé, et la partie la moins connue.
En 1808, Gall lut à la première classe de l'Institut un mémoire sur l'anatomie du cerveau1; M. Cuvier fit un rapport sur ce mémoire. Mais, ni dans ce mémoire, ni dans ce rapport, vous ne trouverez un mot de l'anatomie spéciale, de Vanatomie secrète, de ce qu'on pourrait appeler l'anatomie de la doctrine, ou, en d'autres termes, et, comme on dirait aujourd'hui , de Tanalomie phrênoîogique.
1 . Recherches sur le système nerveux en général cl sur celui du cerveau en particulier ; mémoire présenté à l'Institut de France, le 14 mars 1808 ; suivi d' Observations sur le rapport qui en a été fait à cette compagnie par ses commissaires, par 1\-J. Gall et G. Spurzheim. Paris, 1809.
L'anatomie du mémoire de Gall n'est qu'une anatomie très ordinaire. Gall veut que les nerfs cérébraux remontent tous, sans exception, de la moelle allongée vers l'encéphale ; il veut que la matière grise produise la matière blanche ; il divise les fibres du cerveau en divergentes et convergentes ; il suppose que chaque circonvolution de cet organe, au lieu d'être une masse pleine et solide, comme on le croit généralement, n'est qu'un pli1 des libres nerveuses ou médullaires, etc., etc.
Telles sont les questions discutées par Gall ; et l'on voit assez que, quelque parti qu'on prenne sur ces questions, sa doctrine ne saurait assurément ni rien y gagner, ni rien y perdre,
Que tel ou tel nerf remonte ou descende; que la matière blanche soit produite par la matière grise, ou qu'il n'en soit rien ; que telle ou telle fibre du cerveau sorte ou rentre, diverge ou converge, etc., etc., la doctrine de la pluralité des cerveaux, la doctrine des intelligences individuelles n'en sera très évidemment ni plus ni moins certaine, ni plus ni moins douteuse2.
1. « La membrane nerveuse du cerveau forme ces plis que « l'on appelle les circonvolutions. » Anatomie et physiologie du système nerveux, etc., t. 111, p. 82.
2, Spnrzlieim dit avec raison : « Que la direction des libres « soit connue, qu'on sache que leur confiance, est plus ou
« il est essentiel de répéter, disait déjà M. Cuit vier dans son rapport, il est essentiel de répé- « ter, ne fût-ce que pour l'instruction du public, % que les questions anatomiques dont nous ve- « nons de nous occuper n'ont point de liaison u immédiate et nécessaire avec la doctrine phy- « siologique enseignée par If. Gall sur les fonc- « lions et sur le volume relatif des diverses par- « ties du cerveau, et que tout ce que nous avons g examiné touchant la structure de l'encéphale « pourrait également être vrai ou faux, sans qu'il « y eut la moindre chose à en conclure pour ou « contre cette doctrine \ »
Il ne faut pas se méprendre sur le vrai point de la question. La doctrine de Gall veut une chose, et n'en veut qu'une, savoir : la pluralité des intelligences et des cerveaux2. C'est là ce qui la con-
« moins grande, leur couleur plus ou moins Manche, leur lon- « gueur ou grosseur plus ou moins considérables, etc. ; qu'en « peut-on conclure sur leurs fonctions? Rien du tout. » Observations sur la phrénologie, ou la connaissance de l'homme moral et intellectuel fondée sur les fonctions du système nerveux, p. 83. Paris, 1818.
1. Rapport sur un mémoire de MM. Gall et Spurzheim, relatif à l'anatomie du cerveau, séances des 25 avril et 2 mai
2. « La détermination des forces fondamentales et du siège i de leurs organes est ce qu'il y a de plus nouveau et de plus
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stilue doctrine .spéciale et propre , c'est-à-dire différente de la doctrine générale, laquelle n'admet qu'une seule intelligence et qu'un seul cerveau. Tout ce qui tend à prouver la pluralité des intelligences et des cerveaux importe donc à la doctrine de Gall, et tout ce qui ne tend pas à prouver la pluralité des intelligences et des cerveaux est étranger à cette doctrine.
Il y a donc, dans Gall, deux anatomies très distinctes : une anatomie générale, laquelle ne tient point à sa doctrine, et une anatomie particulière, laquelle, supposée vraie, ferait la base même de sa doctrine.
Or, on a beaucoup parlé àsV anatomie générale de Gall ; mais, pour son anatomie particulière, je ne vois personne qui en ait parlé. Gall luimême en parle le moins possible. Ailleurs il dit très nettement et très positivement sa pensée; ici on est réduit à la deviner.
Lorsque, dans sa psychologie, Gall substitue les facultés à l'intelligence, il définit ces facultés. Il les définit, comme nous avons vu, des ïntelli-
« frappant dons mes découvertes. La connaissance des facultés « et des qualités primitives, et du siège de leurs conditions « matérielles, constitue précisément la physiologie du cer- « veau. » Gall, Anaiomie et physiologie du système nerveux, etc. T. III, p. îv.
genres individuelles. D'où vient donc que, dans son anatomie, lorsqu'il substitue au cerveau les organes du cerveau, il ne définit pas ces organes ? Chose étrange! toute la doctrine de C.all, toute \a.phrênoIog?'c repose sur les organes du cerveau, car sans organes cérébraux distincts point de facultés indépendantes, et sans facultés indépendantes point de phrénologie, et Gall ne dit pas, et nul phrénologiste ne dit après lui, ce que c'est qu'un organe cérébral.
La vérité est. que Gall n'a jamais eu d'opinion arrêtée sur ce qu'il nomme les organes du cerveau. Il n'a pas vu ces organes ; il les imagine pour ses facultés. Il fait comme ont fait tant d'autres. Il commence par imaginer une hypothèse, et puis il imagine une anatomie pour son hypothèse.
Quand on croyait aux esprits animaux, le cerveau se composait de tuyaux, de tubes, pour conduire ces esprits.
« La substance corticale qui se trouve dans «les hémisphères du cerveau, dit Pourfour du «Petit, fournit toute la partie médullaire, qui « n'est qu'un amas d'un nombre infini de « tuyaux ' . »
« Les petites artères de l'écorce du cerveau,