‹ Examen de la phrénologieChapitre 78 sur 92 · T. II, p. 7 et suiv · texte numérisé non relu

T. II, p. 7 et suiv

2. « Un accès de manie intermittente peut êlre regardé, selon « Pinel, comme le vrai type de la manie continue. » Traité médico ■ philosophique de l'aliénation mentale, p. 153. Il en présente toute? les phases.

L" hallucination est un fait purement cérébral ; les sens n'y sont pour rien, et si véritablement pour rien que souvent X hallucination a lieu, quoique les sens manquent. Un halluciné entend des voix qui le poursuivent, qui le menacent, et il est sourd1; un autre voit des objets qui l'effrayent ou qui le charment, et il est aveugle2.

V hallucination a beaucoup de rapport avec le rêve. Dans nos rêves, nous entendons, mais ce n'est point par nos oreilles 3 ; nous voyons, mais ce n'est point par nos yeux : c'est le cerveau seul qui entend, qui voit. « V halluciné, dit très bien « Esquirol, rêve tout éveillé4. » Voltaire avait déjà dit. d'une manière plus générale et très spirituelle : « Le rêve est une folie passagère5. »

Une analogie, bien saisie, est un trait de lumière. Sans l'état de rêve, l'état de folie nous serait plus inconnu encore. L'homme le plus sage est fou dans un rêve. Il y est du moins halluciné ; il entend des paroles qu'on ne profère point ; il voit des personnes absentes, des êtres qui ne sont pas; il voit, et il a les yeux fermés. Le rêve est

3. Quand nous entendons un bruit extérieur, un bruil réel, c'est que nous commençons à nous réveil lier.

ô. Dictionnaire philosophique, art. Folie,

donc xm état purement cérébral, comme Y hallucination, comme la folie.

Or, dans le rêve, le cerveau n'est ni tout à fait endormi, car il n'agirait point, ni tout à fait éveillé, car il agirait complètement : il esta demi endormi, à demi éveillé, à demi agissant; et c'est pourquoi tout nous y paraît mal démêlé, confus; c'est pourquoi nous y sommes le jouet de mille erreurs; c'est pourquoi, enfin, la raison nous manque, car l'exercice de la raison veut l'action pleine et entière du cerveau.

II. Analyse expérimentale de V intelligence humaine. L'analyse expérimentale de l'intelligence humaine peut être faite de trois manières : ou à la manière du philosophe qui cherche le caractère propre de chaque élément intellectuel pour le spécifier et le distinguer ; ou à la manière de Pinel et d'Esquirol, qui voient, dans les folies, chaque élément distinct se conserver, se perdre séparément, s'isoler, se dégager des autres. La troisième manière serait d'étudier l'enfant, et de marquer chaque élément nouveau à mesure qu'il paraît et se développe.

J'ai déjà indiqué quelques-uns des résultats des belles études de Pinel touchant la perte ou la conservation séparée de nos différentes facultés : l'attention, la mémoire, le jugement, la

volonté, etc. Esquirol a continué ces belles études. Il voit, par exemple, dans les diverses monomanies, le mal se borner tantôt aux seules facultés intellectuelles , tantôt aux seules facultés morales, tantôt aux seules facultés instinctives; et de là les trois espèces de monomanies qu'il appelle monomanies intellectuelles, monomanies affectives et monomanies instinctives1 .

Les observations d'Esquirol touchant Y attention ont une importance particulière. L'attention joue un rôle distinct dans chaque folie : le maniaque ne peut la fixer sur rien2; le monomaniaque ne peut la détourner de l'objet sur lequel elle est concentrée3 ; le fou par démence est trop faible pour avoir une attention soutenue4; chez Yimbécile, chez Yidiot, l'attention manque5. Ainsi, la manie se caractérise par la dispersion de l'attention ; la monomanie par sa concentration; la démence par son engourdissement, par sa débilité ; Y imbécillité, Y idiotie par son absence.

Et ces remarques deviennent le principe le plus fécond du traitement moral. Il faut réduire

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