OU I»L SIEGE DE LA FOLIE
Il dit à propos des causes morales : Les u causes qui tendent à déranger l'organisation « du cerveau par l'exercice môme de ses fonc- « tions sont les plus fréquentes , on pourrait « presque dire les seules susceptibles de produire « l'aliénation mentale ' ... ? »
Il dit à propos du traitement moral : « Les « moyens moraux , toujours nécessaires, produisent des effets presque constants ; les
« moyens physiques n'agissent que secondairea ment, et se bornent à détruire les symptômes a sympathiques \ »
On voit quel est le caractère des travaux de Georget.
Avec Georget, commence Y étude physiologique de la folie.
II. Du siège précis de la folie. L'ouvrage de Georget est de 1820. La première question qu'il se pose est celle du siège de la folie ; le premier fait qu'il établit est celui du siège de la folie dans le cerveau ; mais ce que Georget entend ici par cerveau, c'est le cerveau tout entier, c'est le cerveau pris en masse.
Mes expériences, publiées en 1822, ont fait
150 GEOUGliT,
voir que le cerveau pris en masse, l'encéphale ', se compose de trois parties essentiellement distinctes : la moelle allongée, siège du principe de la vie; le cervelet, siège du principe qui coordonne les mouvements de locomotion ; et le cerveau proprement dit (lobes ou hémisphères cérébraux), siège, et siège exclusif, unique, de la pensée, de la raison, de l'intelligence.
Tout est relatif. Avant 1822, avant mes expériences, il y avait du mérite à dire que le cerveau pris tout entier, pris au sens vulgaire, était le siège de la folie. Dire cela aujourd'hui, ce serait dire une absurdité tout aussi complète que celle que Ton disait alors, quand on disait que le siège de la folie était dans Fépigastre ou le diaphragme.
On ne pense pas plus par le cervelet que par le diaphragme, par la moelle allongée que par Pépigastre : entre toutes les parties du cerveau, le cerveau proprement dit seul est siège de la pensée, et par conséquent seul il est siège de la folie.
l. Voyez ci- devant, |>. 118.