‹ Examen de la question du barrage de l'Escaut OrientalChapitre 4 sur 4 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

C'en est bien assez, ce sendile, poin* faire condamner par l'opinion publique tant à l'étrangei-, que dans la Belgique eUe-mÔme, la démarche inconcevable de M. rogieu, et de ses collaborateurs ou agents MM. van de weyeb et !soTuoMB, qui dès 1840, avec Vhabneté qui le distingue, parait avoir poussé à la roue à Berlin 3). A quels motifs imputer à ce Triumvirat une conduite presque hostile à la Hollande? Nous craignons que M. le baron

1) Ce point d'aiUeiin a été par&itement relevé par m. vam lans-

*VB, P« 17*

S) Jounud dès Mal», 18 Janvier 1807. Aitide de M. john lemoinnb. 8) M. XOTHOUB y est accrédité depuis le 5 Août 1845 , et dès 1846, le Cabinet de Berliu s'asMQÛit aux réclamations de la Belgique eontxe les projets de barrage.

SCHÎMMKLPKNNFNCK V. D. OYE Ti'aî! M/' qiie tTop dans le vrai, en soupr.uniiani qu'il n'y ail rncuie par-ci par-là, du levain de 1830 i); que M. hogier ii'ail pu Jusqu'ici faire abstraction de ses antécédents et des rancunes ou antipathies, que l'on se plaisait à considérer de part et d'autre, coninie assoupies sinon totalement éteintes. — Le Minisire belge s'est fort récrié à la supposition qu'une jalousie mesquine et mercantile fiit entrée dans l'opposition constante du Cabinet de Bruxelles au projet de barrage. »Qu*est-ce que la Hollande a reproché dés le principe au Gouvernement belge, a demandé M. rogibr dans la séant e de la C-liambre des Repi'ésenlants le 19 Décembre dernier, qu'est-ce que la Hollande a leproché au Gouvernement belge dans l'opposition qu'il a laite à rexécutlon de ces travaux? 3) On a dit au Gouvernement belge: l'Escaut n'est pour vous qu'un prétexte; votre but c'est d'empêcher l'exécution d'un chemin de fer de Flessingue vers l'Allemagne. Anrer.s craint la concurrence de Flessingue; c'est au diemiu de fer que vous fidtes opposition, ce n'est pas au barrage. Ëh bien, a répondu le Ministre, je dois protester contre cette assertion, qui se reproduit encore aujourd'hui 3). La Belgique n'a rien à redouter d'un cluimin de fer de Flessingue vers l'AUemagne. Kût-elle quelque chose à craindre, elle n'aurait pas le droit de réclamer contre Texécution de ce travail, s'il ne devait pas entramer des

1) Voir le discours de cet homme d'État anoi^ Mimsfcce de linléricur, à la séance de la Première Chambre dw ÉtatthGénâAlIX,

pronoïKx le 28 Décembre dernier.

2) Annales parlementaires p. 195.

3) M. KoGiKR ferait mieux de protcsli r contre Ie8 paroles de M. viCTOK JAcoits. qui u'a pas dissimulé sa crainte de voir /Inrer/: supplantée par FUmingue, D Escaut^ son passé, son prémU, son avenir

inconvcnienU directs pour sa navigation. Quo, la Hollande fasse des chemins de fer dans toutes les directions, ce n'est pas nous qui nous y opposerons. Je répète que nous n'avons pas le droit de le faire,"

Nous prenons acte de cette déclaration d'autant plus pré< ieuse, que nous nous flattons d'avoir mis à nu la futilité des arguments qui trop longtemps ont privé la Zélande des moyens de communication après lesquels elle languit depuis vingt ans. Elle a besoin de ce chemin de ter non pas seulement afm d'entretenir des relations avec l'Allemagne, mais en premier lieu, atin d'être en contact régulier avec les Provinces du Royaume dont elle foit partie, avec le Brabant-Septentrional et le Limbourg, avec la Gueldre, la Hollande et Utrecht, — atin de taire fructilier ses immenses capitaux et de donner un plus grand développement à son ronmierce et à son industrie agricole. Non sans doute, la Belgique n'a pas le droit de persévérer dans une opposition aussi inir que, — et déjà Thonorable M. coomans n'a pas hésité exprimer la presque certitude que ses compatriotes p,niront par se resigner.

Nous n'insisterons point sur d'autres conjectures que Ton a faites à propos de cette lutte obstinée contre le barrage. Mais nous ne saurions garder le silence au sujet de la singulière inconséquence que Ton remarque dans les paroles et dans les actes de M. hogier. Nous avons vu ce que c'est que retïkacité de la garantie, à laquelle la Belgique am^t droit, selon lui, en vertu des Traités de 1831 et de 1839. Mais si le Ministre a cru pouvoir invoquer la garantie des cinq Puissances, pour^ quoi donc s'adresser ù trois seulement et ne pas se soucier de la Russie cl de l'Autriche^ Ensuite M. iiOGiER a fait intervenir dans les débats parlementaires, à côté de cette garantie, l'intérêt de toutes les Puissances qui,

en i863, ont concouru au Traité de rachat du péage de l'Escaut. H va sans dire que cet intérêt ne saurait

être plus exactement et officiellement constate que par le Tableau de répartition^ qui a été formé dans ie temps, des parts contributives des pavillons. Que penser diaprés cette statistique, de l'appel Ml eidusivement à trois Cabinets Européens, tandis que le pavillon des États-Unis d'Amérique y esl nommé avant la Prusse et la Norwège avant la France? Pourquoi donc ne pas avoir prié aussi le Président johnson et le Gouvemement Norwégien de vouloir bien également désigner des Ingénieurs? Ou plu** tôt, puisque la Belgique se croyait moralement obligée à maintenir la navigabilité de TEscaul dans le meilleur état à cause des paiements effectués par toutes les Puissances contractantes, de quel droit et à. quel titre faire l'injure à ces États de ne pas tenir compte de leur intérêt, non moins évident? Pourquoi ce manque de courtoisie à l'égard du Danemark, du iMet klenbourg 1 ), de Hambourg, de la Suède, de l'Italie, de TEspagne, de Brème, de l'Oldenbourg, de Lubeck, du Portugal, de la Grèce, et enfin de la République Argentine, du Chili, — de l'État Romain, de la Turquie, du Pérou, du Brésil et de TÉquateur? La déclaration faite au nom du Roi des Pays-Bas le 15 Juillet 1868 aux Plénipotentiaires des Hautes Parties contractantes et portant que la suppression du péage de TËscaut consentie par Sa Majesté s'applique à tous les pavilhns, que ce péage ne pouira être rétabli sous une forme quelconque et que cette suppression ne portera aucune atteinte a\ix autres dispositions du Traite du 19 Avril 1839, cette déclaration n'a-t-elle

1) JX tat inatUe «le pukr da Huona annexé à la Prusse, et de rAtttriobe, ainsi que de la Russie, dont nons avons déjà fait reâsortir l'inexplioalde omission.

pas été considérée comme insérée au Tnulé généna de

M-ieurs anglais. fn.nçais et P--^»"»

pofnl serupule, sur rmviuUon du Gou~enl b^^^^^^ Lis au mApris de la S<m»eraiiielé des Païs-Bas. de p. o sur notre territoire fluvW. «^.'^^^'Z Les. queUe raison valable pourrart-<m Mé«^fy ^ ' K tîLe de M. KOO.BK adoptée ^^^^'^ «ni^er de l'aïquête les Comimssaires Br.Mheus, feru- »r L-d»«rdi.é de ces opérations po^- ;^tes ne saute-t-elle fK.int aux yeax el que JuU^ Luge pour démontrer rimpossib.l.té que les s«naU»^ rinis de 1831 et de 1839 aient ««^"^^ ^ WhK^n si grwe aux dmu et à la d-g^ ^ libres et indépendants, qu'ils aient ,am«s voulu .^poser à ,a Hollande une servitude si Î que le Roi cmLL.u-E fn^issant de home ^^^J^ JUiBes stipulations, ne les eût pas déclarées et jetées i te fiice des négodateursî Quels qu'aient été les nH,tife du recours de ^^^^^^ DE wEïER et »0TH0« à tToU dçs «uq iWno^ Jtedis sont intervenues dans la question hoU'f'^' rCnes d'État, à coup sûr, se trompent de d^U ^ Tfont illusion, en e«»,«.l de se serv.r aujourd hm

d,. movcns. dont dunmt te crise ^''^'^^^^J'^IZ début de la Monarchie, enfcnts «»Us de I^J*"^"^ s,o« et du ftince DE TALLEVHXNn, •»Bse ««t«ta^ ttoufés. A Dieu ne plaise que nous vendions linre un SI à ces Messieur.. dW imploré dans des temps diffldles, Vassistance immédiate de la France et de l Angleterre. Ne sachant où domier de la téte et conlramU

1) LAGEMAî^s. Recueil T. V. n". 437. V. aussi VHisl. politique ét VEêcaut, par M. brnbst va» BKU\8siiL Paris 1864 p. SW»

de se tirer à tout prix du faux pas où ils s'étaient engagés, ils ne furent pas même retenus par le respect pour la Constitution 1) qui prohibait l'introduction d'une troupe étrangère. Mais enfin c'étaient^là de ces remèdes héroïques dans un cas de nécessité extrême, et où il s'agissait de l'existence elle-même de l'État. Lliistoire de presque toutes les révolutions atteste que sans l'appui de Cabinets étrangers, les tentatives des insurgés auraient été tout aussi infructueuses que celles chaque fois comprimées de la magnanime Pologne. Pourtant il est juste de reconnaître que la Nation et l'armée belges ont en 1832, su très-mauvais gré au Cabinet dont M. rogier fesaii partie, d'avoir dû contempler Farme au bras et dans une attitude passive, le triomphe du Maréchal Gérard. Et au sein du Parlement, un honnête homme, fougueux orateur M. DimoRTiBR, ne put contenir son indignation 3). tll faut — s'écria t-il, que la Chambre se prononce, pour ne pas dev{ nir la complice du Ministère et de son crime/* Si il y a plus de trente ans et dans des circonstances urgentes, où la Monarchie était mise en péril et à deux doigts de sa perte, les trois hommes politiques qui durant une si longue période ont eu le rare bonheur de se maintenir au pouvoir ou dans une autre position élevée, y ont mis si peu de laçons, il a dû leur sembler assez naturel d'essayer de mettre encore une fois à profit la connivence ou même la coopération des Gouvernements étrangers , spécialement de ceux qui leur avaient témoigné le plus de bienveillance. Car nous savons que la Convention du 21 Mai 1833 fut enfin signée, giàce au zèle et aux instances du Cabinet de Berlin. Mais ce retour à l'humble origine de la liberté belge, aux expédients d'une

1) Art 191.

S) eOBI^T, Dix'huU mois de PoUtique T. IL é.

PohUque aux abois, se.a-l-il du goûld'm. peuple tobiU» à conduiie lui-même ses aflaires , et qui se souvient awc h m«me impaOence que la Hollande, du débordcn.eni des protocoles de la Conférence de Londres? La soumission soit aux avis ou bien à fartritrage des grandes Puissances, n-esl-elle pas contraire aux principes delà Sonveramelé. de rindépendance el de régalilé des Nations" Environnés de formidables voisins, tes petiu Étais doivent avant tout être soucieux de fortifier l'esprit public el de lemr haut et lermc le drapeau national. La HoDande et la Belgique ne sauraient se dissimuler les dangers qui les entowent. et que leur entente vraiment cordiale pourra seule dissiper. N'oublions point pour une vétUle, exagérée outre mesure, les avantages inestimables de VhannoBie qui a règne entre nous depuis 1839, et gardons la mémoire des sentiments de svmpathic et de gratitude qui tout récemmwt encore, en 1863. éclatènini à Anvers à l'occasion du Traité de rachat du péage de l'Escaut. .Belges et Hollandais - telles ftirent les chaleureuses expressions de l'auteur de Nlkioire ,wlilique de VEtemU — Belges et Hollandais , renouant la . haine de leurs traditions, lement épris de leur indépendance mutuelle, marcheront i l'avenir eéte à cite dans la vwe du progrès, après avoir condamné i Ponbli le souvenir de leurs anciennes dissensions. Chaque jour verra s'abwsser les d«mi«ws obstedw qui empêchent encore la lusion complète de leuw mtér«u commMciaux. et au heu de s'observer on nvaux, ik s'umiont désormais va frères, soii pour iravailloi au développement de la oviBsation générale, soU pour détendre leur bien commun, la liberté \)'

Peu de temps après, MM. ROGIsn et VAM BB» STtCHB- LBN vimenl. à La Haye el quillèrenl la réadence, en-

1) T. BMITSUI., Ukt falU. it CBêoam p. iii.

fliantés du gracieux accueil qu'ils y avaient reçu. De pareils souveniis , nous le comprenons , ne tiennent guère de place dans l'âme d'hommes politiques, mais les paroles éloquentes qui à la même époque, furent pronour cées â Bruxelles par un savant distingué et de plus excellent patriote, ont eu trop de retentissement pour qu'elles aient pu en étr.e complètement etiacées. — » Messieurs, a dit notre honorable collègue et ami M. alt- METER 1), cette année a vu heureusement disparaître le dernier sujet de discorde, la dernière trace de mésin^ lellUjence entre deux peuples qui tant de fois ont combattu l'un à côté de l'autre et versé leur sang sui' les mêmes champs de bataille et pour la même cause, la grande cause de Tindépendance et de la liberté. — Aujourd'hui Messieurs, qu*aux acclamations de la Hollande et de la Beljj^ique, la bonne entente entre Tune et l'autre a été aftermie sur des bases solides par la loi des Traités; aujourd'hui qu'une Diplomatie intelligente a fait dignement son devoir, c'est â la science à faire le sien en unitant ce grand exemple; c'est â elle â montrer que cette Iraternité qui doit animer les deux peuples , n'est pas un de ces mots vagues ni un de ces sentiments improvisés; qu'elle a, au contraire, sa racine dans leur caractère, leurs moeurs, leurs tendances, leurs souvenirs, leur situation respectifs, et qu'ils doivent se garder désormais de confondre avec leurs ennemis des alliés naturels et nécessaires 2). — Aujourd'hui en effet, nom compiom sur La Hollande comme elle peut compter stir nous. Indépendants et libres , nous ne sommes plus pour elle que des amis et des frères." — Encore une lois,

î) Discours prononcé le 12 Octobre 1S63, à la cérémonie de réouverture des cours de rtJniversité libre.

i) V. rinUtipeudaace beige 17/1 S Octobre ISOU.

en présence de cette conviction nationale si énergiquement exprimée par M. AUmeyer, en présence des propositions conciliatrices formulées par M. le baron Gerieke^ les gouvernants belges s*obstmeraient-ils à :>'échauirer pour la question du barrage?

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