‹ Examen de la théorie de M. Longet relative à la transmission des impressions sensitivesChapitre 4 sur 7 · ABLATION DES CORPS RESTIFORMES · texte numérisé non relu

ABLATION DES CORPS RESTIFORMES

Exp. III. Sur un lapin adulte, nous disséquons les corps restiformes, nous les séparons du reste de la moelle allongée dans toute leur longueur, Puis nous les enlevons. Après quelque temps, l’animal, examiné avec soin, est trouvé hyperesthétique partout, excepté à la face, dont la sensibilité est presque complètement perdue.

Celte expérience, et les deux précédentes, ne peuvent laisser de doutes à 1 égard de la conclusion suivante : la transmission des impressions sensitives ne se fait pas exclusivement, comme l’a soutenu M. Longet, par les cordons postérieurs et les corps restiformes. Mais ces expériences laissent indécise la question de savoir s’il n’y aurait pas quelques fibres sensitives montant le long de ces cordons vers l’encéphale. Les faits suivants montrent qu’il n’v a pas de ces fibres dans les cordons postérieurs.

5° Section longitudinale de la moelle épinière passant par le plan médian antéro-posterieur de cet organe. — Après avoir fait une telle section dans toute l’étendue du renflement lombaire, la sensibilité est perdue dans les deux membres postérieurs. Après une semblable section dans toute l’étendue du renflement cervico-brachial , la sensibilité est perdue dans les membres antérieurs et conservée dans les postérieurs.

Dans ces expériences, les cordons postérieurs ne sont pas lésés, ils ne sont que séparés l’un de l’autre. D’après la théorie de M. Longet, la sensibilité devrait alors persister; au contraire, elle est perdue.

6° Section transversale de toute la moelle épinière , a l’exception des cordons postérieurs. — Si cette section est faite au niveau de l’une des dernières vertèbres dorsales, ou plus haut, on trouve que les

membres postérieurs perdent complètement leur sensibilité. Si la section est faite au niveau de la seconde vertèbre cervicale , la sensibilité se perd dans le tronc et dans les quatre membres. Il résulte clairement de ces faits qu’il n’y a pas de libre sensiti\e qui suive le tiajet que M. Longet attribue à toutes les fibres sensitives, à savoir de se rendre jusqu’à l’encéphale le long des cordons postérieurs.

En rapprochant ces derniers faits de ceux que nous avons d’abord mentionnés , nous trouvons que , lorsque les cordons postérieurs sont coupés, la transmission des impressions sensitives continue de se faire, tandis que lorsque, au contraire, certaines autres parties de la moelle sont lésées, les cordons postérieurs ne 1 étant pas, Insensibilité est perdue. En conséquence, non-seulement les cordons postérieurs ne sont pas les voies uniques de transmission des impressions sensitives , mais encore ces impressions passent toutes par une autre voie, bien qu’elles traversent les cordons postérieurs, ainsi que nous l’avons montré dans nos deux précédents mémoires.

7° Sensibilité de la surface de section inférieure après que l on a coupé les cordons postérieurs en travers. — 11 est évident que si la théorie de M. Longet était vraie, on devrait, en cherchant l’existence et le degré de sensibilité des deux surfaces, trouver que la supérieure, celle qui semble être seule en rapport avec l’eDcéphale, est très-sensible, tandis que l’inférieure, qui semble ne plus être en rapport direct de continuité avec l’encéphale, est tout à fait insensible. Eh bien ! tout au contraire , ainsi que nous l’avons trouvé , la sensibilité paraît être plus vive dans la portion des cordons postérieurs qui avoisine la surface inférieure de la section que dans la portion de ces cordons qui avoisine la surface supérieure. Il est clair que cette expérience suffirait à elle seule pour montrer l’inexactitude de la théorie de M. Longet.

8° Insensibilité de la surface de section supérieure après que l’on

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