INTRODUCTION ET PLAN
L'Instruction ministérielle du 4 août 1879, qui a fixé les conditions d'aptitude au service de la marine, appelant l'attention des conseils de réforme (1) sur l’importance de l'examen complet de l’appareil de la vision, s’exprime en ces termes : «L'’intégrité de la vision est encore plus néces- »saire dans la marine que dans l’armée. Pour les professions » nautiques, comme celles de timonier, de gabier, de canon- »nier, la vue doit être complètement normale, et on ne »saurait ad mettre aucune tolérance ; l’usage des verres peut vêtre admis dans l’armée, il est inacceptable dans la marine. »Il est donc indispensable d’adopter une ligne de conduite » différente pour les hommes du recrutement et pour ceux »de l’inseription maritime. Pour les premiers, il faut néces- »sairement se conformer aux mesures adoptées dans l’armée, »pour les inscrits il faut se montrer plus sévère. »
(1) Dans la marine, ce sont les conseils de réforme qui examinent les inscrils
‘ maritimes. Les hommes provenant du recrutement, seuls, sont visités par les conseils
de révision, lesquels dépendent de l’armée.
LA ATEEESS
Ce point essentiel rappelé, la nomenclature que renferme cette Instruction, des diverses anomalies de la vision, considérées au point de vue du service à la mer, limite nettement les exigences que le médecin est en droit de montrer pour l'admission d’un marin.
Mais la distinction y est toujours établie entre les inscrits maritimes et les hommes du recrutement, de sorte qu’il est possible qu’un homme, reconnu impropre au service à la mer, puisse servir dans l’armée de terre ou dans les corps auxiliaires de la marine, infanterie ou artillerie. Le médecin doit donc se poser cette double question : ;
L'homme y voit-il assez nettement: |
1° Pour être marin;
2° Pour être soldat.
Les deux points de cette question n’exigent point deux modes spéciaux d'examen ; ils obligent simplement à se conformer, pour la décision à prendre, aux règlements qui régissent la Marine et l'Armée.
Pour répondre à cette question, la meilleure marche à suivre, et qui constitue le plan de mon travail, est celle indiquée par un tableau dans le rapport publié par M. Barthélemy dans les Archives de médecine navale (juillet 1880).
Je reproduis ce tableau, légèrement modifié.
En examinant les divers points contenus dans ce tableau, j'indiquerai les procédés les plus pratiques pour établir la présence d’un vice fonctionnel de l’œil, en mesurer l’importance. Je n’étudierai point la simulation dans un chapitre spécial; pour chaque affection, j'aurai à parler de la simulation dont elle peut être l’objet et des moyens à employer pour la reconnaître.
EXPERTISE DE LA VISION AU POINT DE VUE DU SERVICE DANS L'ARMÉE ET LA MARINE