MESURE DU CHAMP VISUEL
Le champ visuel est constitué par l'étendue de l’espace embrassé par la vue lorsque les yeux regardent fixement un objet. Il comprend done l’ensemble des objets situés en dehors de l’axe optique et impressionnant la rétine. Binoculaire ou monoculaire suivant que les deux yeux sont ouverts ou qu’un d’eux est fermé, le champ monoculaire seul doit être mesuré dans le cas particulier où je me suis placé.
Pour les conseils de révision et de réforme, est déclaré impropre au service tout homme dont le champ visuel est diminué de la moitié environ dans son angle temporal.
La mesure du champ visuel est fort souvent négligée si le conserit a satisfait à l'examen de l’acuité et s'il n'appelle l'attention du médecin de ee côté. Cependant il peut se faire, dans les lésions au début, que la sensibilité, conservée dans la macula lutea, soit en partie abolie sur d’autres points de la rétine. En tout cas, la détermination du champ visuel ne doit présenter une grande précision que lorsqu'on soupconne et qu'on veut reconnaïtre avec soin certaines lésions qu'accompagne toujours une diminution du champ: opacités des milieux de l'œil, scotomes pathologiques, glaucome, amblyopie. Pour cette dernière affection, si elle est invoquée par l’examiné, il importe de s'assurer avec plus d’approximation de l'intégrité du champ de la vision.
Point n’est besoin, pour les conseils de révision ou de réforme, de posséder des campimètres, des périmètres. tous instruments un peu compliqués et encombrants. Les procédés les plus simples, et faciles à avoir sous la main, sont de beaucoup préférables.
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L’étendue du champ monoculaire n’est pas influencée, d’une façon sensible, par la distance de l’objet fixé, et il n’y a pasà s’en préoccuper, sauf au point de vue de la fatigue qu'entraînerait pour le sujet la fixation d’un point trop rapproché. Comme, d’un autre côté, on n'évalue que l’angle externe, les procédés vraiment pratiques abondent,
Ne m'oceupant que des procédés simples, je devrais décrire le moyen, sans instrument, employé dans l’armée, et qui consiste à comparer le champ visuel du sujet à ceux de l'observateur ; il est peu précis.
Le procédé de Barthélemy, dans lequel on mesure par sa tangente l'angle des rayons limitant le champ, nécessite un petit appareil facile du reste à construire. Mais un inconvénient, c’est que l’objet à découvrir, pour limiter le champ visuel, ne conserve pas toujours la même distance à l’œil.
C'e reproche est écarté dans le procédé suivant, qui n’a pas encore été décrit, à ma connaissance.
Une petite plaque ou une tige arrondie d’os, d'ivoire ou de bois, destinée à être tenue entre les dents, donne attache par une extrémité à deux fils (noirs, de façon à ne pas attirer l'attention du patient) d’égale longueur, 0"60 par exemple. À l’autre extrémité de chacun de ces fils est attachée par le milieu une petite tige de bois noirci, de 0"14 de
: long, supportant un point brillant. Un de ces points brillants
sera remplacé avec avantage par l'index de Barthélémy, de façon à pouvoir étudier la vision des couleurs dans le champ visuel. Cet index est un petit cube, dont 5 des faces sont colorées respectivément en blanc, rouge, vert, bleu, jaune. Remarquons que la petite plaque d'ivoire dont j'ai parlé n’est pas indispensable, et que les deux fils noués ensemble étant serrés entre les dents, l'épreuve perd peu de sa précision. À la rigueur, l’expériencé pourrait même se faire
LED TES seulement avec deux bougies allumées que le sujet tiendrait une dans chaque main.
On peutopérer sur soi-même: mais supposons qu'il s'agisse de l’examen d’un conscrit.
Le sujet en expérience, debout et la tête bien droite, saisit entre ses dents, du coté de l’œil à examiner qui seul est ouvert, la petite plaque d'ivoire de façon que l’émergence des deux fils se trouve juste au sortir de la bouche. D’une main, il saisit l’une des tiges au-dessous du point d’attache du fil, et, le bras étant allongé, il tend le fil bien horizontalement de facon que l’objet brillant à fixer soit à la hauteur de l’œil: condition facile à réaliser en tenant la tige de bois verticale, car la longueur 0"07 qui sépare le point brillant du fil représente la distance moyenne de la bouche à l’œil ; or, la bouche et l’œil sont sensiblement dans le même plan vertical, lorsque la tête est tenue bien droite, L'autre main, ou celle de l’opérateur, saisissant de la même façon la seconde tige de bois, la promène en tout sens, le fil étant tendu. Les points extrêmes où l’objet brillant déplacé est aperçu par l’œil en même temps qu'il fixe celui qui est immobile, délimitent le champ visuel.
L’écartement des deux fils forme divers angles qui sont calculés de deux façons :
1° Par un demi-cercle gradué, dont le centre est fixé au point d’émergence des deux fils, au niveau des lèvres. Pour pouvoir mesurer le champ de la vision dans toutes les directions, cet arc de cercle doit pouvoir tourner autour d’un axe, représenté par le fil horizontal fixe, ‘passant par son centre et le 0 de la graduation, c’est-à-dire le sommet de l’are, chaquekextrémité étant marquée 90°. Cet arc peut être construit assez facilement avec du papier un peu résistant, et fixéfdans une fente pratiquée dans la tige arrondie pouvant tourner à volonté entre les arcades dentaires. L’angle formé
LR Fo 2 par les deux fils est donné par la graduation du demicercle.
2° On peut encore mesurer l’angle par la corde qui soustend son are. Alors, comme dans le procédé de Barthélemy, un ruban métrique, partant du milieu de la tige mobile (crayon, porte-plume, etc.), va passer dans un anneau fixé àu même point de la tige immobile. Cette facon de procéder exige certains calculs si l’on ne possède pas de table construite d'avance. Mais, dans l'exemple que j'ai choisi où la longueur 0"60 des fils permet aux bras allongés de les tendre facilement, en nous plaçant toujours au point de vue des conseils de révision et de réforme, la longueur donnée par le mètre, dans la mesure de l'angle temporal ou externe, ne devra pas être inférieure à 0"45; à l’état normal elle est de 0"84. D'une façon générale, cette distance ne devra pas être inférieure, pour le service militaire et maritime, à la longueur du fil employé, multipliée par 0,76 (1). ;
Ce petit appareil représente un périmètre très simple, dont la géométrie confirme l'exactitude : l’angle formé par l’axe optique allant de l’œil au point fixe, et par le rayon allant de l’œil au point mobile est égal à celui formé par l’écartement des deux fils et peut être représenté par-ce dernier. En effet, ces deux angles -ont leurs côtés parallèles ; car la tête et les deux tiges de bois étant verticales, la distance de l'œil au point d’émergence des deux fils, et les supports verticaux de bois, entre le point brillant et l’insertion des fils, forment des lignes égales et parallèles; par suite, le quadrilatère formé par ces deux lignes, le fil et le rayon
(1) Pour imposer la réforme, l’angle externe doit être réduit à 45°. La corde qui sous-tend cet arc est le côlé de l’octogone régulier inscrit dans le cercle ayant pour rayon la longueur du fil employé. Or, le côté de l'octogone régulier est, en fonction du rayon, donné par la formule a" V2— Vo — (,76 à 1/1000 près.
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émané du point brillant vers l'œil, est un para , Les choses se passent done comme si les deux es au point nodal de l'œil. ÉRR mp es Par des mesures ue au voisinage ane éclairée, on trouve, pour les limites du champ se 55° en D 55° en dedans, 65° en ne 90° e Vo .
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Recherche des causes produisant ane diminution dans l'acuité ou le champ de la vision.
En demeurant dans l’esprit du règlement, la constatation d’un défaut suffisant pour la réforme dans le champ visuel ou dans l’acuité, terminerait l'examen du conscrit. Tous les vices de la vision sont en effet rapportés à ces deux notions par l’Instruction de 1879. Mais la détermination exacte'de l’acuité visuelle, tout en restant le point capital de l'examen, étant subordonnée aux réponses plus ou moins franches d’un homme qui n’est pas toujours de bonne foi, il est nécessaire de diriger dans un autre sens l’examen de la vision, si le premier n’a pas été satisfaisant. Avant de réformer un homme auquel on à fait subir la série d'épreuves qui précèdent, ce serait commettre une faute grave de ne pas chercher à connaître les causes quiont rendu sa vue défectueuse, et den’en pas apprécier la valeur. :
Il reste en réalité à poser un diagnostic, et à savoir si le trouble constaté est dû soit à une opacité des milieux de l’œil à l’amétropie ou à l’amaurose et ses variétés.