RESTAURATION DU DOGMATISME, I$Q
DISCIPLES D ATHENEE.
Athénée eut beaucoup de disciples, ou de sectateurs élèves de ses propres disciples. Les plus célèbres furent Agathinus , Hérodote , Magnus et Archigène ; mais ils ne professèrent pas sans mélange la doctrine d'Athénée : ils furent tous plus ou moins éclectiques , à l'exemple de certains philosophes, qui s'efforçaient de concilier ces doctrines diverses. Agathinus, de Sparte, se rapprochait un peu des empiriques. Archigène , d'Apamée , son disciple , mais plus célèbre que lui, se perdit dans les subtilités de . la dialectique , à l'occasion du pouls , des fièvres, de la douleur, des sympathies, tandis que , dans sa pratique, il négligeait tout ce fatras, pour se conduire en véritable empirique , sorte de contradiction dont la médecine a fourni de nombreux exemples. Mais il serait superflu de nous arrêter à tous ces détails. Il suffira de consulter Arétée, le seul des pneumatiques qui ait laissé un ouvrage 'complet, afin- de bien connaître le système de médecine qui a conservé le nom de pneumatisme.
ARËTÉE.
Arétée, deCappadoce, était contemporain d'Archigène, et comme lui il fut élevé dans le pneumatisme. Il en garda toujours les principes fondamentaux ; mais il puisa dans toutes les sectes , et fut un véritable éclectique , et même un véritable épisynthétique, puisqu'il recueillait de toutes parts, à l'imitation des abeilles. Il pratiquait à Rome , où il acquit une grande expérience , qui lui servit presque tou-
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jours de guide dans la description des maladies. On le regarde comme l'un des meilleurs classiques de l'antiquité; on le préfère même à Hippocrate, pour la description des espèces de maladies, et pour les ressources du traitement.
On doit distinguer chez Arétée la partie théorique et la partie d'observation. Sa théorie était pneumatohumorale : le corps est , selon lui , composé de trois parties , les solides , les fluides et les esprits. Les solides et les fluides sont formés par les quatre élémens ; mais l'esprit, qui est le cinquième, est ce qui anime tout le corps. Cet esprit est fourni par la respiration , selon le dogme d'Aristote. Il faut, dans la recherche des causes, avoir moins d'égards aux élémens proprement dits , le feu , lair , la terre et Feau , qu'à leurs qualités , qui sont le chaud , le froid , le sec et l'humide ; car c'est toujours par le vice de ces qualités, et surtout par celui du pneuma , que les maladies sont produites. Quoique l'auteur pensât, avec ceux.de son école, que toute maladie suppose l'affection du pneuma, il ne laissait pas de distinguer dans le même genre celles qui dépendaient de l'esprit , et celles qui procédaient de l'altération des instrumens matériels de la fonction. On le voyait aussi reconnaître la chaleur, la sécheresse, l'humidité, la froideur, comme constituant tour-à-tour le caractère prédominant des maladies désignées, dans tous ces cas, par la même dénomination. La confusion , la contradiction , l'arbitraire et. l'absurdité ont constamment été les caractères des explications systématiques des médecins , tant qu'ils n'ont pas eu pour guide l'irritabilité bien en-