‹ Examen des doctrines médicales et des systèmes de nosologie, précédé de propositions renfermant la substance de la médecine physiologiqueChapitre 111 sur 148 · RESTAURATION DU DOGMATISME. 1 4 I · texte numérisé non relu

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tendue des divers organes. Le pneuma est affecté dans certaines angines; dans d'autres, le mal réside plutôt dans les organes respirateurs , et alors ils sont gonflés , tandis que, dans l'autre espèce, ils sont plutôt dans un état de sécheresse et de constriction. Ces mêmes cas dépendent de ce que l'esprit ou le pneuma est devenu trop chaud et trop sec. Les maladies produites par les exhalaisons, les vapeurs malfaisantes, comme celles des fosses d'aisances, sont également attribuées au pneuma. L'auteur pense même qu'il peut se former dans le corps des vapeurs ou des esprits de propriétés fort nuisibles ; ce qui toujours résulte de l'affection primitive du pneuma. La cause de l'asthme est la froideur et l'humidité du pneuma ; l'iléus dépend d'un esprit froid et lent, qui ne peut se frayer passage, ni par les ouvertures supérieures , ni par les inférieures ; dans les cas de squirrhe de la rate, le ventre est plein d'un esprit ténébreux que Ton croirait humide , mais qui ne l'est pas ; la tympanite dépend de l'accumulation d'un esprit, mais , s'il se change en eau, l'hydropisie lui succède ; chez les malades attaqués de frénésie , l'esprit est trop sec, trop subtil, et c'est en le condensant que le pavot diminue les accidens ; la pneumonie est un effet de la concentration de la chaleur et de l'esprit dans le tissu des poumons qui en sont accablés, et, pour guérir cette maladie, il suffit de rappeler l'une et l'autre vers l'extérieur; chez les phthisiques , l'esprit est trop subtil , aussi bien que le sang , et c'est pour les épaissir que l'on prescrit le lait, l'amidon, ialica et antres substances que nous nommons aujourd'hui des fécules.

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Arétée admettait, à la manière des pneumatiques, le vice des éîémens, ou plutôt de leurs qualités, dans plusieurs autres genres de maladies. C'est ainsi que la céphalée lui paraissait venir de sécheresse et de froideur ; le vertige, de froideur et d'humidité ; l'épilepsie et la mélancolie, de sécheresse; l'hydropisie, d'une fluxion froide et épaisse qui humecte tout le corps et qui produit le même effet que les brouillards sur la terre. Le flux cœliaque ne pouvait, suivant Arétée, être attribué qu'à la froideur de l'estomac et à l'insuffisance de la chaleur qui doit opérer la coction des aîimens. C'était juger comme le vulgaire, c'est-à-dire, sur les apparences ; mais pendant combien de siècles les médecins n'ont-ils pas été vulgaire sous bien des rapports!

Cest d'après le même principe que notre auteur attribuait les fluenrs blanches à un refroidissement de la matrice qui blanchit le sang. La goutte était aussi le résultat d'une froideur ; mais la peau des lépreux qu'Arétée prenait plaisir à comparer avec celle de l'éléphant, ce qui a fait donner à la lèpre le nom à'èléphantiasis, lui paraissait l'exemple de l'extrême froideur.

Bien que le médecin de Cappadoce attribuât moins de maladies à la bile , à la pituite et aux humeurs en général, que les autres dogmatiques, et même que les empiriques , il admettait encore quelques affections humorales: par exemple, il disait, en réalisant ses perceptions et les faisant agir comme des objets matériels, il disait, le croira-t-on ! que le chaud, à force d'être fatigué, se changeait en acre, en igné, et que, de cette manière, les humeurs se cou-

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ver tissent en bile, et distinguait celle-ci en différentes espèces. 11 reconnaissait bien la présence et l'influence des humeurs dans les maladies ; mais il ne pouvait y voir que la matière , parcequ'il accordait à l'esprit ou au pneuma toute influence susceptible déjouer le rôle de cause. C'est ainsi que, d'après lui, l'asthme était occasioné par la froideur et l'humidité de l'esprit, agissant sur des humeurs crasses et gluantes, qui n'étaient que la matière de cette maladie. Ne reconnaît-on pas là le modèle des raisonnemens de quelques médecins modernes dont il sera parlé plus tard? Faute d'avoir assez de notions sur la matière, et prenant un bloc de marbre pour idée archétype de toute matière , ces médecins disaient gravement que la matière est inerte par elle-même, et qu'il lui faut un agent d'impulsion. Or, cet agent était le pneuma pour Arétée : mais, pour eux, ce dut être autre chose, comme nous le verrons ; car le pneuma avait été déclaré matériel par les subtils descendans de Platon,

Arétée s'est conformé à l'usage établi par les méthodiques, de diviser les maladies en aiguës et en chroniques. Il a composé quatre livres sur les premières.Tout le reste de ses œuvres roule sur les chroniques. Sa méthode est de commencer par la description de l'organe dont il veut faire connaître ies affections. Ensuite il rapporte successivement, et sans aucune confusion, les causes, les signes, et enfin le traitement de chaque maladie en particuli

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C'est dans la thérapeutique que notre auteur se montre le plus indépendant des différentes sectes. Il commence par régler tout ce qui est relatif à l'air,

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à l'appartement, au lit, aux couvertures du malade; mais, tout en imitant les méthodiques sur ce point important, il ne prend pas pour base de sa conduite des considérations tirées du strictum et du laxum. Il leur emprunte aussi des règles pour les exercices , et , comme eux , il fait un grand usage des remèdes extérieurs , tels que les fomentations , les onctions , les cataplasmes, les frictions , etc. Mais, d'autre part, il n'hésite pas à prescrire des moyens repoussés par Soranus et autres fameux sectateurs de la méthode : les purgatifs, les lavemens acres, irritans , le castoréum, les somnifères, lui paraissent, quoi qu'ils en disent, devoir souvent produire d'excellens effets, quand on les met en usage avec certaines précautions.

Arétée ne saignait pas à la manière des méthodiques : il tirait peu de sang à la fois , dans la majeure partie des cas , et recommençait à plusieurs reprises, en laissant la veine ouverte. Mais, dans les fièvres ardentes, il laissait couler le sang avec abondance. Il est bon de remarquer , en passant , qu'il attribuait cette maladie à un phlegmon de la grosse artère, idée que les modernes ont reproduite plusieurs fois et sous différentes formes, ainsi que nous aurons plus tard occasion d'en faire la remarque. Il s'imaginait aussi que la chaleur, qui prédomine dans cette maladie, devait consumer la matière grossière et crasse, épurer et subtiliser l'esprit, au point que l'intelligence acquît un degré supérieur d'activité. C'est ce qui lui faisait regarder les personnes ainsi affectées comme des inspirés. La néphrite était encore une des maladies dans lesquelles il saignait avec

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