‹ Examen des doctrines médicales et des systèmes de nosologie, précédé de propositions renfermant la substance de la médecine physiologiqueChapitre 124 sur 148 · HIPPOCRATIQUE. 2Ç · texte numérisé non relu

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de Galien , les réduisant tous à une seule espèce ; qu'il condamna une opinion de cet auteur, ressuscitée de nos jours, que les facultés de l'âme sont inhérentes à certaines parties isolées du cerveau; qu'il réfuta l'idée que les qualités élémentaires des corps sont lès causes des maladies. C'était porter une première atteinte aux théories humorales, dont cependant Argentier ne pouvait se dispenser d'être encore l'apôtre.

Cet auteur fut contredit par Jules-Alexandrin de Neustain, et défendu par Reynier Solenander et par plusieurs autres ; mais il trouva dans Laurent Joubert , natif de Valence en Dauphiné , et professeur à l'Ecole de Montpellier, un appui des plus puissans. Ce célèbre médecin attaqua avec une grande hardiesse, dans ses paradoxes , différens points importans du système de Galien. Il émit de nouvelles idées sur la force médicatrice , en la soustrayant à la volonté de l'âme et l'attribuant aux lois de la nature et aux suites de la réaction. Il osa le premier s'élever contre l'horreur du vide, et le bannir de la physiologie et de la physique. Il soutint que les médicamens agissent en produisant une impression désagréable sur l'estomac , qui réagit d'après une véritable antipathie. Au lieu d'attribuer les convulsions à la réplétion ou à la vacuité , il les considéra comme un résultat de l'irritation, et fut ainsi le premier qui donna quelque consistance à cette idée de l'irritation que quelques uns des auteurs précédens avaient émise. Joubert chercha à réduire le nombre prodigieux des forces de Galien. Le premier il avança que la putréfaction ne saurait exister dans le corps vivant. Il attribua la pu-

tridité dans les fièvres à une effervescence; il se renferma dans un scepticisme étonnant pour l'époque où il vivait, swr la nature de la fièvre putride; mais il substitua la bile à la putridité, en attribuant à cette humeur la production de presque toutes les maladies fébriles. Ce n'était pas féconder les idées qu'il avait émises sur la manière d'agir des médicamens que l'on dépose dans l'estomac ; mais les sciences ne peuvent marcher qu'avec lenteur, jusqu'à ce qu'elles soient parvenues à un certain point.

En refusant d'admettre que le pus fût un effet de la putréfaction , Joubert rendit encore un grand service à la science. Mais il ne put rien substituer, sur ce point, comme sur bien d'autres, aux théories galéniques. Il ne voulut pas non plus voir de putréfaction dans les excrémens. Cet auteur ne poussa pas l'observation assez loin, et ne fut pas assez physiologiste pour savoir que les débris des substances organiques ne sont préservés de la putréfaction que tant qu'ils sont soumis à l'action des parties solides , mais qu'aussitôt qu'ils se trouvent réunis en grande masse dans une cavité viscérale , qui ne tend pas à en opérer l'assimilation , ils sont exposés à la décomposition et peuvent jusqu'à un certain point participer de l'état putride. Ce sont les mêmes faits, que ses adversaires n'expliquèrent cependant pas mieux que lui , qui lui attirèrent de fortes objections , et qui rendirent si célèbre l'opposition qu'il déploya contre les théories putrides jusque là si généralement adoptées et consacrées par des noms qui les rendaient en quelque sorte sacramentales.

Leh opinions de Joubert trouvèrent beaucoup

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d'approbateurs vers la fin du seizième siècle, époque où les médecins, si long-temps comprimés par l'autorité des anciens, s'efforcèrent à Penvi de s'ouvrir des routes nouvelles. Mais Botal vint bientôt leur donner une autre impulsion.

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