INDICATION DES PRINCIPAUX ANATOMISTES DU SEIZIEME SIECLE
Les premiers anatomistes qui disséquèrent, en Europe, des cadavres humains, étaient tellement esclaves de Galien qu'ils n'osaient s'en fier au témoignage de leurs propres sens : l'un d'eux, Jacques Dubois ou Sylvius, professeur à Paris, et qui fut le maître de Vésale, porta cette idolâtrie jusqu'à croire que si les parties qu'il disséquait n'étaient pas exactement telles que Galien les avait représentées , cela ne pouvait dépendre que de la dégénération de l'espèce humaine.
Il n'en fut pas ainsi du grand Vésale : il osa critiquer le médecin de Pergame , et montrer combien les anatomistes avaient agi d'une manière inconséquente en adoptant la même marche que cet ancien. On lui doit aussi les premières planches anatomiques qui réunirent le mérite de la vérité à celui d'une exécution fidèle. Vésale naquit à Bruxelles, suivit les leçons de Sylvius à Paris, et professa l'anatomie à Padoue et en d'autres villes d'Italie.
L'ouvrage de cet anatomiste divisa les médecins en plusieurs parties : les uns s'opiniâtrèrent a soutenir l'infaillibilité de Galien ; les autres suivirent la route tracée par Vésale. Bartholomé Eustache, professeur à Rome, réunit les connaissances les plus profondes en anatomie avec l'attachement le plus outré aux principes de Galien. De pareils conciliateurs se sont toujours rencontrés à la suite des découvertes. Il eut le grand mérite d'allier l'anatomic