‹ Examen des doctrines médicales et des systèmes de nosologie, précédé de propositions renfermant la substance de la médecine physiologiqueChapitre 135 sur 148 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

DÉCOUVERTE DE LA CIRCULATION , PAR GUILLAUME HARVET. TRAVAUX MICROSCOPIQUES. THEORIE MOLE- CULAIRE. THÉORIES CHIMIQUES. SYLVIUS DE LE ROÉ. WILLIS. LA MÉDECINE MOLÉCULAIRE ET MATHÉMA- TIQUE PREND LE DESSUS.

Jusqu'ici les systèmes de pathologie ne portent aucune empreinte d'anatomie : aux élémens des anciens on a substitué des principes chimiques; à leur énormon,h leurs forces occultes, Vanhelmont a fait succéder les idées morbifiques, lesarchées et les blas, afin de mettre en mouvement les principes chimiques de son prédécesseur Paracelse. L'influence des astres, empruntée à la théosophie orientale, n'est pas toutà-fait détruite ; mais elle a beaucoup perdu de son crédit , pour faire place à l'influence des mauvais démons. Tout cela vient manifestement de ce que Vanhelmont n'a aucune idée de la circulation et des djfférens ordres de vaisseaux que parcourent les

fluides , de ce qu'il ne connaît pas le mécanisme des sécrétions , de ce qu'il ne se figure point la véritable structure des viscères, celle des tissus qui entrent dans leur composition , la propriété que possèdent ces tissus de répondre à l'impression des stimulans.

A mesure que ces découvertes se feront, les explications changeront, et la science prendra des aspects différéns : la connaissance de la circulation tendra d'abord à fournir des explications mécaniques; mais la chimie ne renoncera pas facilement aux droits qu'on vient de lui donner sur le corps humain ; en attendant les notions sur l'irritabilité, lame prenant la place de l'archée, va diriger encore pendant quelque temps, à titre de cause première, le mécanisme vivant, car on est d'accord en ce point, que la matière ne peut avoir un principe d'action inhérent à elle-même ; enfin la découverte de l'irritabilité semblera devoir lever toutes les difficultés, imposer silence à toutes les controverses , en substituant le solidisme à l'animisme ; mais la manière dont cette nouvelle propriété sera envisagée par les différéns esprits deviendra une nouvelle cause de dissension.

Le dix-septième siècle débuta par la découverte qui devait exercer le plus d'influence sur les théories médicales anciennes. Guillaume Harvey, après avoir disséqué et expérimenté pendant plusieurs années, enseigna publiquement, à Londres, en 1619, la circulation du sang, et après avoir encore examiné sa

nouvelle doctrine pendant neuf ans , il la fit connaître aux savans par la voie de l'impression.

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