CXXXVIII
Les gastro-entérites aiguës qui s'exaspèrent , arrivent toutes à la stupeur, au fuligo, à la lividité, à la fétidité, à la prostration, et représentent ce qu'on appelle fièvre putride, adynamique , typhus: celles dans lesquelles l'irritation du cerveau devient considérable, qu'elle s'élève ou non au degré de la phlegmasie, produisent le délire, les convulsions, etc., et prennent le nom de fièvres malignes, nerveuses ou ataxiques.
Toutes les fièvres essentielles des auteurs se rapportent à la gastro-entérite simple ou compliquée. Ils l'ont tous méconnue lorsqu'elle est sans douleur locale, et même lorsqu'il s'y trouve des douleurs, les regardant toujours comme un accident.
GXL.
Les auteurs ont quelquefois dit que certaines fièvres dépendaient d une inflammation des organes digestifs ; mais ils n'ont jamais dit que les fièvres prétendues essentielles ne pussent avoir une autre cause, jamais qu'elles fussent produites par le même mécanisme que la fièvre des pneumonies, etc., jamais enfin qu'il n'y en eût point d'essentielles. Tout cela n'a été dit que depuis la doctrine physiologique.
Les auteurs, ignorant que la membrane interne
PROPOSITIONS DE MÉDECIJNE. XXxiij
des intestins grêles peut s'enflammer sans douleur locale, ont tous attribué à leurs entérites les symptômes de la péritonite , et souvent ceux de la colite;
CXLÏI.
C'est par une gastro- entérite aiguë, premier effet de l'agent contagieux, que débute la variole. La phlegmasie cutanée la remplace, et la termine lors-» que les pustules sont en petit nombre; mais elle la reproduit, si les pustules sont nombreuses, par l'érysipèle qui résulte de la confluence des aréoles. Telle est la fièvre secondaire de la variole, dite aussi fièvre de suppuration,
GXLIII.
C'est par la gastro-entérite et par un catarrhe oculaire, nasal, guttural ou bronchique, aigu, que débutent la rougeole et la scarlatine. Ce sont ces phlegmasies qui constituent tout le danger de ces maladies, en s'exaspérant, en envahissant le cerveau et la totalité des viscères. L'angine de la scarlatine* devient souvent funeste, et l'on doit faire attention au catarrhe bronchique de la rougeole, qui donnev dès le principe, une expectoration puriforme, et qui, lors même qu'il ne se convertit pas en pneumonie, peut produire la strangulation en interceptant le passage de l'air.
L'hypocondrie est l'effet d'une irritation permanente des principaux viscères des deux cavités inférieures ; mais elle ne devient complète que par le développement d'une gastro-entérite chronique, qui i. c
XXXiv PROPOSITIONS DE MÉDECINE.
agit avec énergie sur un cerveau fort irritable et organisé d'une certaine manière.
CXLY.
La plupart des dyspepsies, gastrodynies, gastralgies, pyrosis, cardialgies et toutes les boulimies sont l'effet d'une gastro-entérite chronique.
Des borborygmes sans douleur , ensuite des coliques, d'abord ombilicales, puis fixées à une région de l'abdomen , sans ténesme, sans selles consécutives , avec une tuméfaction rénitente, douloureuse à la pression, caractérisent l'entérite apyrétique du jéjunum et de l'iléum , tant que les symptômes de la péritonite chronique n'existent pas.