‹ Examen des doctrines médicales et des systèmes de nosologie, précédé de propositions renfermant la substance de la médecine physiologiqueChapitre 51 sur 148 · CCLXXXIX · texte numérisé non relu

CCLXXXIX

Les vésicatoires exaspèrent le plus souvent les inflammations des différens tissus du poumon , soit aiguës , soit chroniques , lorsqu'on Les applique avant le traitement antiphlogistique; mais, après les saignées répétées , ils opèrent très efficacement la révulsion.

Ixvj PROPOSITIONS I>E MÉDECINE.

L'estomac est un organe qui a besoin d être stimulé , afin d'entretenir, par les sympathies qu'il réveille, le degré d'irritation nécessaire à l'exercice des fonctions; mais il doit l'être dans un degré et dans un mode qui conviennent à sa vitalité, car il est le siège du sens interne régulateur de l'économie.

Lorsque la sensibilité et l'irritabilité de l'estomac sont fort augmentées , tous les stimulans le blessent et précipitent le jeu des fonctions, au point de les anéantir. Tel est le cas des gastrites de la plus haute intensité, du choiera, des fièvres jaunes, etc.

L'excès d'irritabilité de l'estomac ne se manifestant pas toujours par la douleur , ni par le vomissement, mais plutôt par la violence de la fièvre, par le délire , par la stupeur , par les mouvemens convulsifs , ces sympathies doivent suffire au praticien pour le déterminer à renoncer aux stimulans.

ccxcm.

L'estomac tourmenté par les stimulans se débarrasse quelquefois de l'irritation en la versant sur les exhalans et les sécréteurs par le moyen des sympathies qu'il est naturellement destiné à mettre en jeu : c'est ce qui explique pourquoi

PROPOSITIONS DE MEDECINE. lxvij

toutes les gastro-entérites surirritées ne sont pas mortelles.

Lorsque l'estomac est affecté d'une inflammation chronique d'une certaine intensité et occupant toute l'étendue de sa membrane muqueuse , tous les stimulans lui répugnent , et il ne peut se débarrasser de l'irritation qu'ils lui font éprouver qu'en remontant à l'inflammation aiguë et réveillant des sympathies organiques au moyen desquelles il puisse exciter des crises avec évacuation ; car les sympathies de relation ne peuvent le soulager.

CCXGV.

L'estomac affecté de gastrite chronique , à laquelle on ajoute encore par les stimulans , est exposé au plus grand danger , si son inflammation est trop intense pour être révulsée ; car il court les chances de la désorganisation. De là la guérison ou l'exaspération des gastrites chroniques par l'usage des eaux thermales , etc. L'irritation qu'il lance sur le poumon , sur le cerveau et sur les extrémités se convertit souvent alors en phthisie, en manie, en apoplexie et en goutte.

Si la gastrite chronique est circonscrite dans un point plus ou moins rétréci de l'estomac , ce qu'indiquent toujours le siège de la douleur de ce viscère , celle des muscles qui lui correspondent , et l'époque de la digestion où tout cela est plus marqué , les stimulans lui déplaisent , augmentent

ixviij PROPOSITIONS DE MEDECINE.

ses douleurs et produisent du malaise et de la fièvre ; mais lorsque par l'emploi des adoucissant on a calmé l'irritation du point malade , le reste de l'organe qui se trouve trop relâché appète les stimulans ; ceux-ci procurent du bien-être , relèvent les forces et augmentent la nutrition, jusqu'à ce qu'ils aient ravivé l'inflammation partielle, qui n'était qu'assoupie. Aussitôt que ce dernier effet est produit, les accidens recommencent et les stimulans sont repoussés de nouveau.

CCXCYII.

Dans les phîogoses partielles de l'estomac, souvent plusieurs années s'écoulent dans des alternatives d'excitation et de sédation produites par la versatilité du traitement, jusqu'à ce que le point de phlegmasie ait désorganisé le viscère , soit en produisant un squirrhe, soit en ramollissant et perforant l'organe; enfin il arrive un terme où rien n'est plus supporté, et où la mort est inévitable.

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